Marseille : dès 2022 il va falloir réserver pour accéder à la calanque de Sugiton

Pour lutter contre la surfréquentation, le parc national des Calanques va expérimenter une jauge dans la calanque de Sugiton, considérée comme la plus fragilisée. Dès le printemps 2022, il ne sera plus possible de venir sur un coup de tête, il faudra réserver sa place.
Proche de Marseille, la calanque de Sugiton accueille jusqu'à 2.500 personnes certains jours d'été.
Proche de Marseille, la calanque de Sugiton accueille jusqu'à 2.500 personnes certains jours d'été. © France 3 Emilie Méchenin

Des falaises blanches et une nature sauvage, la calanque du Sugiton est une véritable carte postale. Facilement accessible depuis Marseille, malgré 45 minutes de marche nécessaires pour rejoindre ses eaux bleues le lieu attire en masse les vacanciers et les Marseillais. Plus de 2.000 personnes sur place certains jours d'été.

Victime de son succès, l'espace naturel est dégradé par cette surfréquentation. Le parc national des Calanques a donc décidé d'expérimenter une mesure forte. Dès février ou mars 2022, il faudra réserver son entrée quatre semaines en avance pour pouvoir se baigner dans la Calanque. 

"En été il y a jusqu'à 2.500 personnes à Sugiton, alerte Didier Réault président du parc national des calanques. On va expérimenter pour la saison 2022 une jauge entre 500 et 600 personnes par jour." 

Il ne sera donc plus possible de venir sur un coup de tête, les locaux comme les touristes devront présenter un pass. 

Un espace naturel menacé

Pour le conseil d'administration du parc, limiter la surfréquention est indispensable pour protéger l'espace naturel. Le piétinement favorise l'érosion du sol très fin des calanques, provoquant entre autre le déracinement des pins, pourtant habitués à vivre avec peu de terre.

La faune et la flore endémiques de la calanque sont menacées par la surfréquentation.
La faune et la flore endémiques de la calanque sont menacées par la surfréquentation. © France 3 Emilie Méchenin

À la recherche d'une place au calme pour poser leurs serviettes, les visiteurs débordent souvent sur les espaces naturels, dérangeant la flore et la faune discrète qui vit dans le calcaire des falaises. Parmi les espèces menacées, il y a le lézard ocellé : plus grand lézard d'Europe, reconnaissable à sa robe verte brillante et à ses taches bleues. 

Concillier préservation de la nature et accès aux Calanques

Chaque visiteur devra donc présenter un pass réservé en ligne, la réservation sera ouverte quatre semaines avant. Cependant, seul le fond de calanque sera soumis au contrôle du pass, les promenades sur les chemins en hauteur seront toujours libres.

Il ne s'agit pas de priver les Marseillais de leur calanque. Au contraire, si nous la préservons ils vont pouvoir en profiter longtemps.

Didier Reault, président du parc national des calanques

Avec trois millions de visiteurs en 2020, le parc national des Calanques a enclenché une stratégie de "démarketting". La page officielle du parc n'hésite pas à publier des photos de plages bondées ou de bouchons sur les routes des calanques. Un changement radical de communication par rapport aux années précédentes, comme ici en 2016. 

"Il faut abandonner vos comportements urbains"

"La nature doit être accessible, mais ça ne doit pas être à n'importe quelle condition", rappelle Didier Reault qui veut concilier protection de la nature et accueil de qualité pour les visiteurs. 

Pour favoriser cette qualité, le président du parc demande aussi à chacun d'adaper son comportement au lieu. "Vous venez dans les calanques pour rechercher de la nature, alors il faut abandonner vos comportements urbains: pas d'enceinte connectée, pas de cigarette, pas de bivouac."

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