La région Provence-Alpes-Côte d'Azur épinglée sur l'emploi de collaborateurs de cabinets

La chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur épingle la gestion du personnel du Conseil régional entre 2015 et 2018, dénonçant un nombre de collaborateurs de cabinets supérieur à celui prévu par la loi.

La cour des comptes a aussi relevé le caractère "exorbitant" des salaires de certains collaborateurs du président.
La cour des comptes a aussi relevé le caractère "exorbitant" des salaires de certains collaborateurs du président. © GEORGES ROBERT/MaxPPP
Dans ce document, la chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur pointe le recrutement de "chargés de mission" auprès de vice-présidents ou d'élus délégués dont les fonctions "présentent des similitudes avec celles d'un collaborateur de cabinet".

Or la loi limite à 14 les emplois de cabinet du président du Conseil régional de PACA.

Officiellement, le cabinet de M. Muselier compte 13 membres. Mais au 31 décembre 2018, selon les magistrats, "au moins neuf chargés de mission, placés auprès de vice-présidents ou d'élus délégués, comme le confirme l'objet de leur contrat (...) occupent de facto des fonctions qui présentent une certaine porosité avec celles d'un collaborateur de cabinet".

"Il y a eu un problème dans le fait que les vice-présidents avaient un collaborateur", a admis M. Muselier jeudi lors d'une conférence de presse. "On a réalisé que ce n'était pas possible, et on a arrêté le 1er janvier 2020".

Des salaires exhorbitants

Dans sa réponse à la cour, Renaud Muselier, qui a succédé à Christian Estrosi (LR) en mai 2017, a fait valoir que "le changement de président après un an et demi de mandature est cependant une situation exceptionnelle qui a eu des conséquences importantes au niveau du cabinet du président".

La cour des comptes a aussi relevé le caractère "exorbitant" des salaires de certains collaborateurs du président, dont un directeur de cabinet à près de 11.200 eurosbrut par mois.

"Ce sont des gens corvéables à merci, pas de week-ends, pas de vacances, avec un statut précaire", a justifié M. Muselier.

La CRC a aussi dénoncé "un prolongement fictif (du) contrat" de deux collaborateurs de cabinet. 

Joint par l'AFP, le groupe Rassemblement national au conseil de région a annoncé qu'il allait "faire un signalement au procureur dès lundi".
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