Covid : des pharmacologues de Nice et de Marseille alertent pour un vaccin adapté aux patients atteints de cancer

La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié ses recommandations pour la vaccination contre le Covid-19. Les personnes âgées et celles atteintes de maladies chroniques seront prioritaires. Mais le Centre Antoine Lacassagne de lutte contre le cancer, à Nice, alerte pour « un choix éclairé du vaccin ». 
Fondé en 1961, le Centre Antoine Lacassagne à Nice est un des 18 Centres de Lutte Contre le Cancer français du réseau Unicancer.
Fondé en 1961, le Centre Antoine Lacassagne à Nice est un des 18 Centres de Lutte Contre le Cancer français du réseau Unicancer. © Franck Fernandes Maxppp
La Haute autorité de santé (HAS) a livré ce lundi 30 novembre ses recommandations pour le vaccin anti-Covid. Les résidents en Ehpad et les salariés seront prioritaires dès la réception des premières doses.

Les personnes âgées et les patients atteints de maladies chroniques, comme le cancer, feront partie des premières phases de vaccination. 
 

Le bon choix du vaccin

Mais dans un article publié par la revue scientifique British Journal of Cancer, le Centre Antoine Lacassagne, centre de lutte contre le cancer de Nice, invite à la précaution et à un « choix éclairé du vaccin à administrer aux patients atteints de cancer ».

Les auteurs sont une équipe de pharmacologues du cancer : Dr Gérard Milano du Centre Antoine Lacassagne, auteur référent, le Dr Raphaëlle Fanciullino et le Pr Joseph Ciccolini en sont les co-auteurs, il sont de la Faculté de Pharmacie de Marseille.

Selon eux, le risque d'inefficacité du vaccin pour ces malades là est réel « en particulier vis-à-vis des vaccins comprenant le ARN formulé en liposomes. »

« Que ce soit le vaccin développé par Moderna ou celui développé par Pfizer, c'est la même technique de "l'ARN messager" protégé par un liposome pour survivre dans notre organisme » explique le cancérologue Gérard Milano, membre de l'équipe. 

> ARN pour Acide ribonucléique messager.

Sauf que, dans le cadre d'un patient atteint du cancer, il y a un vrai risque que les liposomes soient tout simplement interceptés par la tumeur. 

« Il est fortement probable que les malades du cancer vaccinés contre le Covid-19 ne le soient pas réellement »

Gérard Milano, cancérologue.

« Course au vaccin : ne pas trébucher »

Les spécialistes et auteurs de l'article scientifique soulignent que dans « cette course au vaccin, il faut faire attention à ne pas trébucher ». Surtout pour les patients souffrant de cancer chez qui la mortalité du coronavirus est trois fois supérieure à celle du reste de la population. 

Les différents vaccins en cours de développement ont tous le même but : entraîner le système immunitaire à reconnaître le Covid-19, faire monter ses défenses en prévention afin de neutraliser le vrai virus s'il venait à nous infecter.

Pfizer, qui a annoncé lundi 9 novembre que son vaccin était efficace à 90%, utilise pour cela cette nouvelle technologie de "l'ARN messager" qui n'avait encore jamais prouvé son efficacité. 

"L'ARN messager" est un ensemble de brins génétiques envoyés dans l'organisme et qui indique à nos cellules ce qu'il faut fabriquer. Il est transporté par des liposomes qui servent également à emmagasiner les chimiothérapies : « les tumeurs adorent les liposomes » affirme le docteur Milano. 

D'où le risque que les tumeurs interceptent également "l'ARN messager" qui permettrait à un organisme cancéreux de s'armer contre le coronavirus. 

Beaucoup d’inquiétudes circulent autour du nouveau vaccin à ARN contre le coronavirus :
Malgré la nouveauté de ce vaccin, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, publié dimanche 29 novembre et réalisé sur un échantillon de 1013 personnes, 41% des Français ont l’intention de se faire vacciner contre le Covid-19.

 
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