Cinq questions à propos du premier syndicat de directeurs d'écoles de France, créé par un couple du Var

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Écrit par Sidonie Canetto
Ce jeudi, le premier syndicat de directeurs d'écoles fait grève.
Ce jeudi, le premier syndicat de directeurs d'écoles fait grève. © #s2de

En ce jeudi de la colère dans l'Education Nationale, voici le témoignage d'un couple de directeurs d'écoles du Var. Ils ont créé le syndicat de directeurs d'écoles, une première en France. La pandémie qui dure depuis deux ans a été le point de départ de cette initiative.

Le Syndicat des directeurs et directrices d'école, le #S2DÉ, a vu le jour le 10 juillet dernier à Puget Ville. C'est le premier en France. Un couple de directeurs du Var est à l'origine de ce syndicat Florence Comte et Thierry Pajot.

  • Pourquoi ce Syndicat?

Le mal-être des directrices et directeurs d'école est méconnu. Il a été médiatisé lorsque en 2019, Christine Renom est retrouvée morte dans une école maternelle de Pantin en Seine-Saint-Denis. Elle avait laissé une lettre expliquant son geste et dénonçant ses conditions de travail. Elle n'est pas la seule, en mai 2020, c'est Bruno Delbecq qui passe à l'acte à Saint-Laurent du Var (Alpes-Maritimes).

"Le mal être est présent depuis des années, il est temps que la parole se libère, on n’osait pas dire que ce métier est difficile", explique Thierry Pajot, directeur d’une école à Nice (Alpes-Maritimes) et secrétaire général du syndicat des directrices et directeurs d’école (S2DÉ).

En 2020, il lance un groupe Facebook pour les directeurs et directrices d'écoles.

Devant le succès de ce groupe, le syndicat est créé.

Ce projet est né pour "l'amélioration des conditions de travail et de la situation des directrices, directeurs et chargé(e)s d'école pour assurer à chacun une réelle revalorisation, une juste reconnaissance des responsabilités exercées au quotidien et un statut en adéquation avec les missions de la direction d’école", précise Florence Comte, secrétaire du syndicat et directrice d'école.

Certains enseignants et directeurs y voient cependant une manœuvre en sous-marin de la République en Marche car Thierry Pajot, directeur d'école dans l'académie de Nice est aussi militant LREM. 

Pourtant le #SéDE appelle à la grève ce jeudi 13 janvier.

  • Pourquoi appelez-vous à la grève?

Le syndicat a d'ailleurs écrit au ministère pour demander des comptes au sujet de la crise sanitaire dans les écoles, et a fait remonter le mécontentement et le désarroi des enseignants actuels.

"Les 48 protocoles successifs en 20 mois, notamment les 3 derniers sortis en moins d’une semaine, ont totalement désorganisé la vie des établissements ; les écoles sont ingérables depuis une semaine, les relations avec les familles sont parfois tendues malgré le professionnalisme des collègues", explique Thierry PAJOT, Secrétaire Général du Syndicat des Directrices et Directeurs d’École au nom du Bureau National.

  • Que pensez vous de ce nouveau protocole?

"Notre travail va être allégé par rapport au protocole annoncé lundi soir, mais il n'empêche qu'on ne se sent pas en sécurité. On a l'impression que nos élèves ne vont pas être en sécurité, ni leur famille, ni les enseignants. On laisse libre court à la circulation du virus. Les autotests vont-ils être fait par les parents? peut-être... pour certains. Est-ce qu'ils vont être fiables?", s'interroge Florence Comte.

"La Haute Autorité de Santé dit que les autotests ne sont pas très fiables, d'autant que la plupart de nos élèves sont asymptomatiques, on pense que beaucoup d'élèves vont rester dans les classes et qu'on va continuer à créer des clusters, au sein de nos écoles", pense la directrice.

  • C'est mission impossible pour les enseignants ?

"C'est mission impossible car on nous demande de tester, de fournir des attestations pour aller chercher des tests en pharmacie. Ces attestations n'existent pas encore. Les protocoles sont toujours annoncés dans les médias en premier, les parents sont au courant en même temps que nous. Nous n'avons pas forcément de confirmations officielles du ministère ni dans les heures et les jours qui suivent".

"Par exemple, pour le protocole annoncé ce lundi on n'a toujours rien dans la Foire aux questions", insiste la directrice d'école Florence Comte, secrétaire du syndicat.

  • Quelles seraient vos solutions?

"Soit on part du principe qu'on laisse circuler le virus et auquel cas, on ne fait plus de tests massifs comme on le fait en ce moment. Soit on retourne à l'ancien protocole, qui est : un cas positif égal une fermeture de classe pendant sept jours. Au moins au bout de sept jours, les élèves reviennent sans qu'aucun n'ait été positif. On souhaite travailler, on souhaite que les écoles restent ouvertes. On ne souhaite pas de fermeture des écoles mais on souhaite le faire dans de bonnes conditions et on souhaite ne pas faire de garderie. On souhaite faire notre métier, tout simplement, ce qu'on faisait depuis longtemps et que l'on fait moins depuis quelques mois", indique Florence Comte.

Tous les syndicats d'enseignants ont appelé à la grève ce jeudi 13 janvier. Le mouvement touchera les écoles primaires et maternelles, les collèges et les lycées. Les enseignants dénoncent le protocole mis en place par le gouvernement.

L'inspection académique d'Aix-Marseille et l'académie de Nice ne communiquent pas sur les prévisions de grévistes. Elles feront un état des lieux jeudi en milieu de journée.

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