Affaire du petit Brayan : l'oncle condamné à la réclusion criminelle à perpétuité

Les trois adultes accusés de la mort de Brayan, 10 ans, ont été condamnés par le tribunal de Draguignan ce vendredi 15 décembre. L'autorité parentale a été retirée aux deux autres adultes, qui écopent d'une peine de prison. L'oncle a lui été condamné à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans.

Le verdict du procès concernant la mort du petit Brayan, 10 ans, est tombé. La cour d'assises de Draguignan (Var) a condamné ce vendredi 15 décembre les trois adultes mis en cause. L'oncle de l'enfant, Arnold, écope de la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans.

Les deux femmes, Sonia, la mère de Brayan, et la tante Émilie ont eu un retrait de l'autorité parentale sur leurs enfants, ainsi qu'une peine de sept ans d'emprisonnement pour la première et dix ans pour la seconde.

Depuis le début de la semaine, les trois adultes sont jugés pour la mort de Brayan, accompagné d'actes de torture ou de barbarie.

Ce jeudi, l'avocat général avait requis 30 ans de réclusion criminellen assortie d'une période de sûreté de 20 ans contre Arnold. Et aussi une interdiction définitive de toute profession en lien avec les mineurs.

Quant aux deux femmes, s'il avait demandé leur acquittement pour le meurtre de l'enfant, il avait requis leur condamnation, comme pour Arnold, pour actes de tortures et barbarie sur les trois enfants : 15 ans pour Emilie, 10 ans pour Sonia.

Un huis clos familial malsain et violent

Malgré les déclarations confuses des accusés, les débats ont fait ressortir un huis clos malsain qui s'était installé dans le petit appartement de Sonia, à Toulon, pendant le confinement du printemps 2020. Et ce, jusqu'à dégénérer en une violence "d'une sauvagerie quasi animale", selon les termes de l'avocat général Thibault Appert.

À cette période, la quadragénaire accepte d'héberger quelques jours sa belle-sœur Émilie et le compagnon de cette dernière, Arnold, tous deux trentenaires. Cette solution, qui devait cependant être temporaire, s'éternise, puisque quelques jours plus tard, le confinement débute.

Rapidement, Arnold a pris de l'emprise sur les deux femmes et les enfants : Brayan, 10 ans, sa soeur de 13 ans et son cousin, fils d'Émilie, âgé de 12 ans.

L'organisation d'un "camp militaire"

Après des semaines de télé et de jeux vidéos, les enfants ne retournent pas à l'école au moment du déconfinement progressif. Arnold leur propose plutôt "un camp militaire". Les enfants avaient des noms de code, devaient se lever à 4h du matin pour une série de "cours de motivation" et d'exercices physiques (tractions, pompes au-dessus d'une bassine d'eau...).

Des interrogatoires sont aussi organisés. Les enfants sont alors ligotés à une chaise et doivent se libérer. Au début, les liens ne sont pas serrés, les enfants portent un casque et Arnold des gants de boxe.

Les exercices dégénèrent et sont de plus en plus violents. Organisateur des sévices, il les avait aussi délégués : les deux femmes et les enfants se sont retrouvés tour à tour victimes et bourreaux.

Un enfant déjà mort lorsqu'il arrive aux urgences

Sous la direction d'Arnold, "l'ensemble des repères et des codes sociaux et familiaux ont été savamment gommés. La violence s'est déployée progressivement, de manière insidieuse, sous prétexte d'endurcissement et de dépassement de soi", précise l'avocat général Thibault Appert.

Mais la situation empire davantage encore lorsque Brayan demande à abandonner le "camp". Cela engendre de l'animosité à son encontre jusqu'à ce qu'il soit tué. Le drame a lieu dans la nuit du 4 au 5 juin. Quand Sonia emmène le corps de Brayan aux urgences, il n'est déjà plus en vie.

Dans la journée, Brayan a subi de nombreux coups et sévices, auxquels tous les autres occupants de l'appartement ont participé d'une manière ou d'une autre même si les récits des uns et des autres fluctuent.

L'enfant est mort d'un œdème cérébral. Sur son corps, il y a aussi des hématomes, des scarifications, des brûlures et du vomi dans ses poumons. Son agonie aurait duré au moins une heure.

Des accusés qui se rejettent la faute pendant le procès

Pendant l'enquête comme à l'audience, les accusés sont restés confus, se rejetant mutuellement les fautes. Selon les résultats de l'enquête, l'enfant a succombé après un coup violent à la tête, probablement porté avec une table basse. À la manœuvre tout au long de cette journée macabre, Arnold a nié, pendant toute la procédure, avoir porté le coup fatal. De son côté, il accuse plutôt Émilie.

C'est la sœur de Brayan, 13 ans à l'époque des faits, qui a finalement confié à huis clos le récit des dernières heures de Brayan. Dans son réquisitoire, l'avocat général rapporte : "un petit garçon qui a du mal à tenir debout, qui s'agrippe à la chaise où sa tante est assise. Dans un geste ignoble, elle le repousse et le renvoie vers son bourreau. Arnold s'empare de la table basse et frappe le crâne de l'enfant" jusqu'à ce que la table casse.