Feu au camp de Canjuers : un point sur la biodiversité et les conséquences de l'incendie

Un vaste incendie vient de ravager plus de 1800 hectares des broussailles et d'herbe sur le camp militaire du Var. La zone de Canjuers est composée de nombreux milieux naturels (pelouses steppiques, forêts anciennes, zones humides…) qui abritent une faune et une flore rares et parfois menacées.

Depuis ce mercredi 22 juin, le feu du Camp de Canjuers dans le Var est dit "maîtrisé".

Il est encore trop tôt pour connaître précisément la surface impactée et le contour précis du feu, mais au moins 1 800 hectares ont vraisemblablement été brûlés. C'est le dernier bilan dressé par les services des sapeurs-pompiers du Var en milieu de semaine.

Avec ses 35 000 hectares répartis sur les hauts plateaux du nord varois, le complexe militaire dracenois est le plus grand d'Europe occidentale, situé à des dizaines de kilomètres des habitations. 

Alors si la parti ravagée reste modeste à l'échelle du site, il est permis de s'inquiéter quant aux conséquences sur la nature alors que le feu était en limite des Gorges du Verdon, sur la commune d’Aiguines et dans le Parc naturel régional du Verdon.

Le président du parc naturel du Verdon, s’est d'ailleurs rendu ce mardi 21 juin sur l'incendie, sur invitation du commandant du camp militaire, pour faire le point sur la situation.

Avec cet incendie de grande ampleur, c’est une partie de ce patrimoine et pas des moindres, notamment sur le Grand Plan de Canjuers, qui risque d’avoir été fortement impacté. Le camp militaire de Canjuers est aussi une zone stratégique pour le pastoralisme du département du Var avec plus de 10 000 ovins présents. Une partie a dû être évacuée en catastrophe, menacée par l’avancée du feu.

Le président du parc du Verdon, Bernard Clap.

Quelles conséquences pour la faune et la flore varoises ? 

Le président du parc naturel du Verdon, s’est rendu mardi au camp de Canjuers, sur invitation du commandant du camp militaire, pour faire le point sur la situation après l'incendie.

Le président du parc a relayé dans un communiqué le ressenti des habitants du Verdon : « Chacun ici s’interroge sur les modalités de démarrage de l’incendie et sur ses conséquences pour la nature, pour les paysages, sur l’eau, pour le pastoralisme et pour l’économie locale très dépendante du tourisme. En observant le panache de fumée qui s’étendait sur une bonne partie du Plateau de Valensole, dans les Gorges du Verdon et des cendres qui retombaient à plusieurs dizaines de kilomètres des foyers d’incendie, c’est le cœur serré que les habitants du Verdon ont assisté à ce triste spectacle, impuissants ».

On le sait, le site est un des plus grands réservoirs de biodiversité du Var. La zone de Canjuers est composée de nombreux milieux naturels (pelouses steppiques, forêts anciennes, zones humides…) qui abritent une faune et une flore rares et menacées telle que le Criquet hérisson, l’Outarde canepetière, la Pie-grièche, la Vipère d’Orsini pour n’en citer que quelques-unes parmi tant d’autres.

Depuis 2010, une zone y est classée Natura 2000. Sur ses 280 hectares, on y trouve notamment une espèce protégée et très menacée, la vipère d'Orsini. C'est le seul site dans ce département où elle est présente.

Revoyez ce reportage de mai dernier :

Elle est aussi observée vers Gréolières dans les Alpes-Maritimes. 

Une convention pastorale permet aussi à une trentaines d'éleveurs de déployer leurs bêtes sur la zone. Samedi, lors du départ de feu, 2 500 moutons présents ont été mis en sécurité par les pompiers.

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