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Le feu à Bormes-les-Mimosas a détruit ruches, abeilles et nourriture : le SOS d'un apiculteur

Depuis1987, la famille Boulet est apiculteur recoltant à Bormes les Mimosas dans le Var. Une grande partie de son rucher a été détruite par les flammes. Mais la perte va au-delà car la végétation est complètement calcinée, il ne reste plus rien à manger pour les survivantes.

La famille Boulet, des apiculteurs récoltant depuis 1987. Photo avant et après le feu des jours derniers.
La famille Boulet, des apiculteurs récoltant depuis 1987. Photo avant et après le feu des jours derniers. © Laura Boulet
Depuis quelques années, les ruches de la famille Boulet surplombent la mer, entre Bormes et le Lavandou dans le Var. Elles y profitaient d’une exposition exceptionnelle et d’une variété florale typique de Méditerranée. Elles y étaient bien, jusqu'à l'incendie du 26 juillet dernier. 

Dans plusieurs sites de l'exploitant, les ruches en bois ont littéralement disparu. Pour cette famille d'apiculteurs, c'est une catastrophe car non seulement les habitats ont été détruit, mais surtout les colonies vivantes sont mortes et la nourriture pour l'hiver qui va manquer.

Plus aucune trace des ruchettes en polystyrène et des palettes de support.
Plus aucune trace des ruchettes en polystyrène et des palettes de support. © R. Boulet

► Pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre activité ? Depuis quand avez-vous les ruches et combien d’abeilles y vivent ? 

Rémi Boulet : Apiculteur de père en fils, j’ai construis mon cheptel en cinq années et mène aujourd’hui 400 ruches. Je suis installé à Bormes les Mimosas car mon histoire familiale s’y déroule, mais aussi parce que c’est un site naturel et un climat particulièrement privilégié pour les abeilles. Je transhume mes ruches en Provence pour récolter différentes variété de miels tels que le maquis de Bormes, la lavande, le thym… que je commercialise ensuite avec l’aide de ma compagne, Laura, sur les marchés locaux.

Les ruches en bois ont littéralement disparu, il ne reste que les toits et les poignées métalliques.
Les ruches en bois ont littéralement disparu, il ne reste que les toits et les poignées métalliques. © R. Boulet

► Comment se sont passés les incendies ?

Dès que j’ai su qu’il y avait des flammes vers le Trapan, je me suis rendu sur place pour voir s’il était possible de sauver les abeilles de mon rucher au bord du lac. C’était déjà trop tard pour y accéder, le feu avait déjà pris trop d’importance, les pompiers étaient en intervention. J’ai alors suivi des yeux l’avancée du feu dans la nuit, repérant le passage des flammes sur les emplacements de mes différents ruchers.

► Quel comportement ont les abeilles dans cette situation ?

Le feu est passé sur les ruches en pleine nuit. Les abeilles ne voient pas et ne volent pas habituellement dans le noir, j’ai donc peu d’espoir pour qu’elles se soient échappées… Il me reste quelques ruches étonnamment épargnées par les flammes, encore pleines d’abeilles, ainsi que toutes les ruches qui étaient partie en transhumance. Mais maintenant le problème est que la végétation du bord de mer est complètement calcinée, il ne reste plus rien à manger.
Pour prendre soin des colonies restantes, le problème aujourd’hui est de trouver d’autres ruchers pour les accueillir pendant l’hivernage et pendant les prochaines récoltes de miel de printemps.

Des ruchers entièrement calcinés vers le bords de mer.
Des ruchers entièrement calcinés vers le bords de mer. © R. Boulet

►Qu’avez-vous perdu et quelles sont les aides possibles si elles existent ?

Dans l’incendie, les ruches en bois ont littéralement disparu, il ne reste que les toits et les poignées métalliques. Plus aucune trace des ruches en polystyrène et des palettes de support. Nous avons perdu des ruches et des colonies vivantes dans l'incendie, mais c'est aussi la végétation, la nourriture des abeilles pour l'hiver qui va manquer. Si notre assurance va participer à l’indemnisation des ruches, nous espérons un geste des institutions publiques pour les pertes de récolte que nous subirons en attendant que la nature se régénère.
Il nous reste des ruches, des abeilles et beaucoup de volonté pour continuer notre installation, mais tout ce vivant et ce travail envolés en fumée en quelques instants restent difficile à supporter.

►Comment pouvez-vous être aidé ?

Nous comptons sur notre travail pour remonter le cheptel et continuer sur notre lancée. En vendant notre miel, le fruit de notre travail et celui de nos abeilles, nous aurons déjà l’énergie et les ressources suffisantes pour pérenniser et développer notre exploitation.

► Que pensez-vous faire à court terme ?

Dès l’automne, il nous faudra trouver de nouveaux ruchers pour que nos abeilles aient de quoi se nourrir pendant l’hiver, et au printemps nous redoublerons nos efforts pour élever davantage de colonies et repeupler notre cheptel. Nous sommes jeunes et avons plein de projets, il nous faut rapidement remonter la pente pour poursuivre nos objectifs. Nous venons d’acheter un terrain, et avons pour projet de construire un bâtiment apicole qui nous permettra de développer notre exploitation apicole familiale.

 

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