Une entreprise de Fréjus fait don de 500 000 masques pour les personnes exposées au coronavirus

Agents hospitaliers, infirmiers, aides à domicile, commerçants... Une vingtaine de communes de l'Est varois vont pouvoir leur distribuer les masques offerts par le groupe HDI, qui a réussi à s'en procurer en Chine.

Une dizaine de communes varoises se sont vu offrir ces centaines de milliers de masques par le groupe HDI. Elles les redistribueront aux personnes exposées au coronavirus.
Une dizaine de communes varoises se sont vu offrir ces centaines de milliers de masques par le groupe HDI. Elles les redistribueront aux personnes exposées au coronavirus. © Ville de Fréjus
"On en a passées, des mauvaises nuits, avec des maux de ventre !" Jean-Marc Astolfi dit cela avec le sourire aux lèvres. Il n'en revient toujours pas d'avoir réussi le pari fou que s'est lancé le groupe HDI, dont il est directeur financier.

Hier matin, sur le parking du siège de l'entreprise à Fréjus, sont arrivés par camion des dizaines de cartons en provenance de Chine. A l'intérieur, pas moins de 500 000 masques. Des modèles chirurgicaux, certifiés, ceux qui manquent tant depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus, en particulier aux personnels soignants.

"Tout le monde disait que c'était impossible de s'en procurer", se souvient Alexandre Barbero, co-gérant du groupe avec son père Alex. Aujourd'hui, il pose volontiers devant son stock de masques.
 
Alexandre Barbero, co-gérant du groupe HDI à Fréjus, devant le stock de 500 000 masques chirurgicaux arrivés de Chine.
Alexandre Barbero, co-gérant du groupe HDI à Fréjus, devant le stock de 500 000 masques chirurgicaux arrivés de Chine. © HDI

"Avec mon père, qui est confiné, on trouvait ce manque de masques tellement aberrant. Et nous, on est des entrepreneurs dans l'âme."  Alors ils se sont lancé ce défi. Et peu importe si l'activité du groupe, BTP, restauration, n'a rien à voir avec l'import de matériel médical. "Si les masques avaient été fabriqués au Mexique, j'aurais trouvé un ami mexicain...", continue Alexandre Barbero. Pour la Chine, il a mis à contribution son ami Thomas Troin, pharmacien à Fréjus, dont le frère, installé en Asie, a fait le relais pour trouver un fournisseur.

C'était fin mars. Le monde entier surrenchérissait pour se procurer des masques. L'usine une fois trouvée en Chine, "il a fallu acheter la production d'une journée entière...". Qu'à cela ne tienne, le groupe HDI a dont conclu le marché pour... 500 000 masques.

Il restait alors à les acheminer jusqu'à Fréjus. Et c'est là qu'en réalité a commencé le parcours du combattant. Compagnie aérienne éthiopienne, pour rapatrier dans un premier temps les masques en Europe, à l'aéroport de Liège précisemment. "Il n'a fallu que 3 jours pour que le stock arrive en Belgique, mais il en a fallu 8 autres pour qu'ils arrivent jusqu'à nous" déplore Jean-Marc Astolfi. Crainte des vols, des confiscations officielles, passage des Douanes à Paris, formalités diverses, "beaucoup d'interlocuteurs, et beaucoup d'incertitudes". Finalement, la cargaison est arrivée sur le parking de HDI ce vendredi 10 avril, au petit matin.

Les communes chargées de la distribution

"Le plus dur, c'est de voir toutes les demandes affluer..." estime Jean-Marc Astolfi. Car, dans l'Est du Var comme ailleurs, les personnes les plus exposées au coronavirus, et en particulier les soignants, continuent de manquer de masques. "Nous avons décidé de confier la distribution aux communes. Ce sont elles qui sont le plus à même de connaitre les besoins sur leur territoire", poursuit le patron, Alexandre Barbero.

En moins de 24 heures, les communes alentours ont donc pu venir récupérer les précieux masques. Plus d'une vingtaine de communes : Draguignan, Puget sur Argens, Le Muy, Roquebrune sur Argens, les membres de la Communauté de Communes du Golfe de Saint-Tropez, Lorgues, Les Adrets, Bagnols en Forêt, Saint-Raphaël, et bien sûr Fréjus, où est implanté le siège du groupe HDI.
 
Ce sont donc les communes qui vont décider des modalités de distribution et des bénéficiaires de ces... 455 000 masques donnés.

Car les 45000 restants sont conservés par HDI pour la sécurité de son propre personnel. Le groupe emploie en temps normal quelque 300 personnes, dont beaucoup sur des chantiers de BTP. Pour ceux qui continuent à travailler, "nous leur avons fourni du gel, des gants, mais pour les masques, nous étions comme tout le monde, nous courrions après..." se souvient Jean-Marc Astolfi.

Avec ce stock, l'entreprise peut fournir ses salariés sur les quelques chantiers qui fonctionnent encore, répondant ainsi à la demande de leurs représentants syndicaux. La direction voit aussi le moyen d'accompagner dans les meilleures conditions le déconfinement, qui ne manquera pas d'arriver... accompagné d'un grand sentiment de fierté au sein du groupe HDI qui aura réalisé un magnifique geste de générosité.
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