Les salariés de l'Ehpad Korian à Fréjus en grève contre le risque de "maltraitance" des pensionnaires

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Écrit par Aline Métais .

Les salariés de Korian Rives d’Estérel se mobilisent depuis vendredi pour dénoncer leurs conditions de travail. Ils ont alerté la direction sur le manque de personnel qui pénalise une prise en charge "digne" pour les résidents.

Elles affichent des slogans explicites : "je travaille, tu travailles, nous travaillons, ils profitent" ou encore "Moins de gains, plus de soins, plus de temps pour nos patients"

Le bras de fer entre les blouses blanches et la direction de Korian continue ce lundi matin à Fréjus (Var).

Le personnel soignant est rassemblé devant l'établissement depuis 7 heures du matin, ce lundi 7 novembre. 

C'est le 4ème jour de grève dans l'Ehpad Rives d'Estérel de Korian. 

Les négociations ont commencé vendredi 4 novembre un accord semblait être trouvé mais elles n'ont pas abouti, donc le mouvement se poursuit. 

D'après la direction, d'autres revendications sont apparues. 

Les revendications ne concernent pas les hausses de salaire mais des recrutements pour assurer correctement les soins des résidents, âgés en moyenne de 90 ans. 

Les salariés, soutenus par la CGT, dénoncent "une maltraitance institutionnelle"

Ils demandent le recrutement de 8 personnes : des aides-soignants, un infirmier et un agent de soins hospitalier. 

Ils arrivent à la limite d'un palier 

De son côté, la direction des ressources humaines de Korian ne veut s'engager que sur un poste d'aide-soignante par équipe si l'établissement atteint les 85 personnes.

Actuellement, d'après la direction, il y a un ratio de 7 salariés pour 10 résidents, ce qui est au-dessus des standards du secteur. 

En clair, le recrutement dépend du taux d'occupation de l'Ehpad. Or, il n'y a que 80 résidents actuellement. 

Dysfonctionnements et maltraitance

Le personnel avait déjà alerté la direction au moment de la réorganisation du travail le 7 octobre. Une réorganisation qui a engendré des dysfonctionnements. En vain. Selon la CGT aucune mesure n’a été prise, à part annuler la réunion du 14 octobre prévue pour échanger sur le sujet.

Nathalie Blasko s'inquiète de la situation : 

Quand il manque une aide-soignante, c'est l'hécatombe. Déjà, elles se sentent submergées, elles doivent faire 10 toilettes le matin. Si il manque quelqu'un, c'est 2 toilettes de plus, et les résidents sont de plus en plus dégradés psychologiquement et physiquement. 

Nathalie Blasko, déléguée CGT

Même problème pour le soir : "Elles sont huit, et le soir elles se retrouvent à cinq à 19h30, donc faire 10 couchers dans la foulée en une heure de temps, ça fait 10 minutes par personne."

Un temps insuffisant pour répondre aux besoins des résidents et s'adapter à leur grand âge.

Nathalie Blasko remarque : "parfois il y a de l'opposition aux soins, il faut un travail et du temps et nouer une vraie relation en amont. Les résidents qui ont leur tête ont remarqué qu'on a moins de temps à leur accorder."

Grève à contre-coeur

Pour la CGT, la direction des Rives d'Estérel se targue d’avoir suivi l’organisation cible et le ratio personnel/résident imaginé par Korian :

  • 1/10 pour les aides soignants
  • 1/35 pour les infirmiers
  • 1/20 pour les agents de service hospitalier

Actuellement, parmi les grévistes, la plupart n'a jamais fait grève de sa vie. 

"J'ai des salariés qui ont 25 à 30 ans d'ancienneté, elles le font contre-coeur", précise Nathalie Blasko.

Une cagnotte en ligne a été créée pour aider le personnel. 

Le directeur régional de Korian Antoine Ruplinger était présent ce matin dans l'établissement pour dialoguer avec les salariés. 

Mais face à une grève qui dure, Korian a fait venir 3 salariés de la Seyne-sur-Mer et un salarié de Fréjus pour maintenir les soins des résidents.

Au risque de désorganiser les soins dans d'autres structures qui accueillent les personnes âgées.

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