La CNIM placée en sauvegarde judiciaire avant cession de ses activités : le point à La Seyne-sur-Mer

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Écrit par Anne Le Hars

Le groupe industriel Constructions navales et industrielles de Méditerranée CNIM qui est basé à la Seyne-sur-Mer dans le Var, a été placé en procédure de sauvegarde judiciaire et va être vendu par activité.

Le groupe industriel CNIM (Constructions navales et industrielles de Méditerranée)
basé à la Seyne-sur-Mer dans le Var a été placé en procédure de sauvegarde judiciaire et va être vendu par activité, et ce, malgré l'aide reçue de l'État en 2021.

La division Environnement et Energie EPC de CNIM "a vu ses difficultés de trésorerie brutalement accrues au cours du dernier trimestre 2021" expliquait le groupe dans un communiqué diffusé jeudi dernier, "ce qui rend nécessaire la mise de CNIM Groupe sous protection du tribunal de commerce".

Un processus de cession est enclenché sur l'ensemble des activités du groupe. L'Etat, ayant pris acte de l'échec de la stratégie menée, à la suite d'erreurs managériales, ne s'entête pas et prend ses responsabilités pour que les activités soient pérennisées,

a indiqué une source à Bercy ce lundi soir.

Le site du Var sauvé ? 

Lors de son déplacement le 26 mars 2021 à La Seyne-sur-Mer sur le site de CNIM, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, l’avait confirmé : « Je suis venu annoncer que la CNIM est définitivement sauvée. Ce fleuron industrie va bénéficier d’un soutien important de l’État, avec un prêt direct de 40M€ ».
Aujourd'hui, Bercy précise que les ennuis du groupe durent depuis au moins début 2020, et le groupe a reçu à plusieurs reprises des aides de l'Etat, dont "40 millions d'euros au printemps 2021 et 85 millions d'euros à l'automne" suite à la crise du Covid.

"L'Etat et les banques ont tout fait pour essayer de préserver CNIM au sein d'un
groupe intégré. L'espoir du plan initial était de redonner confiance aux clients,
mais les contrats prennent du retard et les plans ne fonctionnent pas", a ajouté
la même source.

On sait que dans ce genre de procédure, c’est très difficile de sauver tout le monde. On veut donc impérativement éviter l’impact social, l’impact sur le bassin d’emploi qui est déjà sinistré ici quand même. Et puis surtout, que ce soit durable, si c’est pour se retrouver dans la même situation dans six mois ou dans un an ou deux, cela n’a pas d’intérêt !

Caroline Castets Déléguée syndicale FO sur le site du Var

La maire de la ville, Nathalie Bicais (LR) compte aussi se battre pour sauver les emplois locaux : "notre objectif, c’est qu’à travers l'Appel à manifestation d'intérêt AMI qui a été lancé par le groupe, c’est de trouver des repreneurs qui prennent la majorité des agents et des employés du site.

On a espoir quand même de voir une société qui soit responsable, qui soit crédible et qui ait envie de faire quelque chose sur notre territoire. Donc moi, je suis plus aujourd’hui rassurée qu'il y a un an et demi,

la maire de La Seyne-sur-Mer ce 25 janvier.

Le groupe CNIM, emploie environ 2.700 personnes et développe et réalise des ensembles industriels clé en main à fort contenu technologique dans les domaines de l'environnement, de l'énergie, de la défense et de l'industrie. 

A terme, l'ensemble des activités auront de nouveaux actionnaires.

Selon Bercy, cinq marques d'intérêt ont été enregistrées pour une reprise d'une
partie des activités de la filiale EPC spécialisée dans l'environnement (centres
de traitement et de valorisation des déchets) qui emploie 350 personnes à la Seyne-sur-Mer.

Avec AFP