EN IMAGES. "On commence des journées à perte" : des agriculteurs en colère s'invitent à la préfecture à Toulon

La colère des agriculteurs ne faiblit pas ce jeudi. Les syndicats agricoles mènent de nombreuses actions partout en France. C'est pour la première fois cette semaine dans le Var que le mouvement s'est propagé.

Le Premier ministre fera des annonces vendredi, selon le ministère de l'Agriculture. En attendant, la colère ne faiblit pas.

Ce jeudi 25 janvier, c'est dans le Var que la colère des agriculteurs à fait la une de l'actualité locale.

Vers midi, le convoi composé d'une centaine de manifestants est entré dans la Préfecture :

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Des cortèges de manifestants ont convergé ce matin vers Toulon.. Dans l'après-midi, un cortège est également attendu dans le centre-ville de Draguignan. ©FTV

À l'appel de la Confédération paysanne, entre "50 et 100 personnes étaient attendues" précise le porte-parole Sylvain Apostolo, lui-même agriculteur. 

La Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles a mené une opération escargot avec trois cortèges, au départ de Cuers, La Crau et La Cadière, en début de matinée. Ces cortèges de manifestants ont convergé vers Toulon.

Chaque année, on fait des économies, on essaye de réduire nos coûts. Mais chaque année, on nous ajoute de charges et des normes qui font que nos exploitations ne peuvent pas toujours ternir... Un tracteur, c'est 200 à 300 litres par jour, on commence des journées à perte, c'est insupportable...

Arnaud Ferraro Agriculteur à Grimaud (Var)

Dans l'après-midi, un cortège est également attendu dans le centre-ville de Draguignan.

Les agriculteurs français ont commencé à rejoindre la grogne lancée par leurs confrères allemands contre la fin des subventions du diesel agricole, dès la mi-décembre. Rapidement rejoints par des agriculteurs de pays limitrophes d'Europe centrale, le mouvement s'amplifie en France. 

Dans l'Hexagone, pour la journée de ce mardi 23 janvier, c'est le deuil qui a frappé ce mouvement naissant. Une agricultrice de 36 ans et sa fille de 12 ans ont été tuées par une voiture, en Ariège, sur un barrage routier.

En Côte d'Azur, les contestations du milieu paysan n'ont pas pour le moment percé sur les axes routiers.

Pas de blocage, mais un troupeau de brebis

Se mobiliser dans la rapidité est une chose difficile pour les agriculteurs. Si le mouvement prend de l'ampleur, il est compliqué pour ces professionnels de la terre et du vivant de quitter leur exploitation, ne serait-ce le temps d'une journée.

À Draguignan, l'ambiance s'annonce bon enfant pour ce premier temps de la mobilisation azuréenne. Sylvain Apostolo confie, ce mercredi après-midi, qu'un "troupeau de 600 brebis est prévu, quelques tracteurs, et entre 50 et 100 personnes".

Vidéo du troupeau de brebis varois publié sur les réseaux sociaux du syndicat :

Pas de blocage prévu sur l'autoroute, nous affirme la Confédération paysanne, même si le troupeau ovin ne "passera pas inaperçu" et risque d'occasionner quelques ralentissements.

Le cortège s'est donné rendez-vous à 14h au rond-point Pulapis, situé à proximité de l'ancienne prison de Draguignan. Il rejoindra la sous-préfecture et empruntera l'avenue principale avant de revenir à son point d'origine.

La Confédération paysanne du Var entend prendre le pouls de ses troupes ce 25 janvier. "Pour beaucoup, c’est important que l’on se fasse entendre, c'est le moment où il faut que l’on puisse faire part de nos revendications" explique Sylvain Apostolo, spécialisé dans les brebis laitières à Sillans-la-Cascade, dans le nord du département.

Quelles revendications

Revenu paysan, lutte contre le réchauffement climatique, accords de libre-échange... Les doléances sont nombreuses. Par communiqué de presse, la Confédération paysanne demande des "mesures concrètes et immédiates" au président Macron et à son gouvernement :

"L'arrêt définitif des négociations de l'accord de libre-échange UE-Mercosur, un moratoire sur tous les autres accords commerciaux en négociation et un réexamen de tous les accords en vigueur, concernant la concurrence déloyale engendrée par cette politique de libre-échange, y compris au sein de l'Union Européenne. Il est nécessaire de mettre en place des prix minimum d’entrée afin que les importations ne cassent pas le marché français" précise le texte écrit ce 23 janvier.

C'est une concurrence déloyale que dénonce la Confédération paysanne au travers de nouvelles ententes liées au commerce international.

On ne peut pas se mettre en concurrence avec des modèles avec lesquelles on ne peut pas lutter.

Sylvain Apostolo, porte-parole de la Confédération paysanne dans le Var

La Confédération paysanne, qui a fait de l'agriculture responsable un incontournable de ses priorités, souhaite également réclamer "une loi interdisant enfin l'achat de nos produits agricoles en dessous de leur prix de revient. La loi espagnole sur les chaînes alimentaires est ainsi un exemple possible d'instauration de prix planchers".

Cette première journée de mobilisation permettra de jauger l'étendue de l'ampleur de la mobilisation des adhérents et sympathisants de la Confédération paysanne dans le Var, mais aussi celle des syndiqués de la FDSEA.