Nouvelles lignes à l'aéroport Toulon-Hyères : "Je ne peux pas me réjouir de soins palliatifs" déplore le maire

L'aéroport Toulon-Hyères est confronté à une chute drastique de fréquentation. Malgré l'ouverture récente de nouvelles liaisons vers Lille et Alger, le maire d'Hyères dans le Var dénonce une situation "invraisemblable" marquée par la disparition de nombreux vols vers Paris. Il appelle l'État à intervenir.

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Situé à mi-chemin entre les hubs majeurs de Nice et de Marseille, l'aéroport Toulon-Hyères reste toujours un équipement stratégique pour le département du Var. Face aux deux géants niçois et marseillais, la question de sa place dans l'écosystème du transport aérien local peut se poser.

Alors que de nouvelles liaisons viennent d’être annoncées, Jean-Pierre Giran, maire (LR) d’Hyères et président de la métropole Toulon Provence Méditerranée, exprime auprès de France 3 Côte d’Azur son inquiétude face à une situation qu'il juge "invraisemblable".

Des passagers de moins en moins nombreux

"La priorité dans un aéroport, c’est de desservir le territoire où il se situe", explique Jean-Pierre Giran, qui ne cache pas son pessimisme malgré l’ouverture de nouvelles liaisons avec Lille et Alger. Depuis la fermeture en 2021 par Air France des lignes vers Paris Charles de Gaulle, le maire ne décolère pas. Selon lui, la disparition progressive des liaisons avec la capitale est "catastrophique" pour l'économie locale.

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En 10 ans, le trafic de l’aéroport a chuté de 550 000 passagers annuels à seulement 300 000 aujourd’hui. Si ça continue comme ça, on aura moitié moins de voyageurs dans 10 ans.

Jean-Pierre Giran, maire LR de Hyères et président de la métropole Toulon Provence Méditerranée

Pour comparaison, l’aéroport de Nice Côte d'Azur compte 12 millions de passagers annuels et celui de Marseille Provence en compte près de 11 millions, des chiffres plus de 30 fois supérieurs à ceux de l'aéroport de Toulon-Hyères.

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"Si seuls les critères de rentabilités entrent en ligne de compte, ces aéroports subiront le même sort" prévient Jean-Pierre Giran. Il pointe notamment du doigt la stratégie de Transavia, filiale d’Air France, qui a réduit drastiquement l’offre de vols vers Paris.

"À partir du moment où Transavia, qui dépend d’Air France qui a des capitaux de l’État, délaisse notre aéroport, l’État doit réagir. Sinon quoi, on sera bientôt obligés de subventionner les vols ?" Le maire ne cache pas son exaspération face à ce qu’il perçoit comme une absence de volonté politique.

"Comment ce genre de demandes - des liaisons avec Paris - peuvent-elles mourir dans l’indifférence générale, et notamment celle de l’État ? La politique d’aménagement du territoire devrait justement viser à desservir un territoire comme le nôtre."

Une question de service public ?

La question de l’avenir de l’aéroport de Toulon-Hyères est symptomatique d’un débat plus large sur les services publics selon celui qui est aussi président de la métropole Toulon Provence Méditerranée. "À quel moment la rentabilité privée doit-elle l’emporter sur les services publics ? Cela touche au cœur de la politique d’aménagement du territoire."

Alors que le Var est une destination touristique majeure, Jean-Pierre Giran souligne l’importance stratégique de liaisons directes avec Paris, nœud économique du pays : seul un vol par jour dessert la capitale depuis cet aéroport. "Paris reste le cœur économique et administratif de la France. Que le Var ne soit pas relié à la capitale est tout simplement incompréhensible." 

Malgré l’ouverture récente de nouvelles lignes vers Lille et Alger, Jean-Pierre Giran reste sceptique et n'estime pas que cela suffira à redonner du dynamisme à l'aéroport. "Je ne peux pas me réjouir de soins palliatifs. Ces nouvelles lignes comblent un vide, mais elles ne répondent pas à la priorité qui est de desservir le territoire."

Face à cet état des lieux pour le moins pessimiste, Jean-Pierre Giran appelle l’État et les acteurs économiques locaux à se mobiliser. "L’aéroport Toulon-Hyères ne peut pas devenir un aéroport de seconde zone." Pour le maire, délaisser cet aéroport serait une erreur historique du point de vue du territoire.

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