Var : une conserverie itinérante pour lutter contre le gaspillage alimentaire

L’association "L’économe" créée en 2017 vient de s’équiper d’une conserverie mobile. Elle sillonne les routes du Var pour récupérer et transformer les surplus de production des agriculteurs en confitures et tartinades afin de lutter contre le gaspillage alimentaire.
La conserverie itinérante de Julie et Faustine installée dans une exploitation de La Garde dans le Var;
La conserverie itinérante de Julie et Faustine installée dans une exploitation de La Garde dans le Var; © FRANK FARRUGIA

On connaît la vente directe, il y a désormais la transformation directe. Depuis 1 mois, Julie et Faustine ont pris le volant de leur van aménagé en laboratoire pour se rendre chez les producteurs varois de fruits et légumes. En quête de surplus de production ou d’invendus, elles s’installent sur les exploitations agricoles.

Charlottes et blouses obligatoires pour respecter les normes d’hygiène, elles commencent ainsi à transformer ces produits pour en faire des confitures, des tartinades que le producteur pourra ensuite vendre à ses clients aux quatre coins du Var :

Contre le gaspillage alimentaire : le pari de la mobilité

Pour les deux jeunes femmes, l’aventure a commencé en 2017 avec la création d’une association "L’Econome". Au départ l’objectif était de récupérer les surplus de production et les invendus auprès des exploitants agricoles ou en fin de marché pour les redistribuer aux associations caritatives.

Mais depuis 1 mois, l’arrivée de leur conserverie mobile a donné un coup de fouet à leur activité.

"Nous avons financé cet achat en partie grâce à une cagnotte en ligne et des subventions de la Région, de la Métropole Toulon Provence Méditerranée..." 

Et Julie n’est pas peu fière de nous montrer cet équipement flambant neuf : marmite industrielle, machine pour le traitement thermique des conserves et four à vapeur pour cuire les légumes avant la préparation et la mise en bocal.

Julie Hermet et Faustine Bochu en pleine préparation.
Julie Hermet et Faustine Bochu en pleine préparation. © FRANK FARRUGIA FTV

Cette mobilité était nécessaire pour les deux jeunes femmes.

En cas de surplus ou d’invendus, les agriculteurs n’avaient ni les quantités suffisantes, ni le temps de se déplacer dans une conserverie fixe. Résultat, tous ces produits finissaient en compost. Alors nous avons décidé de nous installer directement chez eux" !

Une façon vertueuse d’optimiser la production

Aux côtés de Faustine, Adrien écoute et acquiesce. Il est maraîcher et travaille, comme il dit "avec les filles".

"Pour moi c’est l’occasion de revaloriser des produits qui seraient en effet compostés. Ca me permet d’optimiser ma production en évitant au maximum les pertes. C’est aussi une façon d’allonger ma période commerciale. Je peux proposer des coulis, des tartinades toute l’année avec des produits qui auront conservé leurs saveurs gustatives de saison".

Confitures, tartinades… vive l’originalité !

Pour Julie et Faustine, transformation rime aussi avec création.

"C’est vrai que nous nous faisons aussi plaisir ! Nous aimons être originales au niveau des goûts" !

Les bocaux de "L'Econome" : des couleurs et des goûts originaux
Les bocaux de "L'Econome" : des couleurs et des goûts originaux © FRANK FARRUGIA FTV

Pêche-verveine, courgette-ail-citron, poire-carotte qui paraît-il est une merveille avec un fromage…Et lorsque le producteur ne souhaite pas adhérer à la démarche, L’Econome rachète à prix bas les surplus. Une partie sera redistribuée aux associations caritatives.

 

L’autre partie sera valorisée et vendue en bocaux pour financer l’association.

Lutter contre le gaspillage alimentaire

Depuis 2017, l’Econome a ainsi sauvé du rebut plus de 13 tonnes de fruits et légumes.

"Pour nous c’est une activité très valorisante et qui a du sens. Chaque année 10 millions de tonnes de produits alimentaires sont gaspillés en France dont un tiers sont des fruits et légumes qui ne répondent pas aux critères visuels du consommateur ! Nous pensons que ce que nous faisons est important pour tous… pour nous, pour notre vie, pour notre quotidien et bien évidemment pour les générations futures".

Pour Julie et Faustine, de plus en plus d’agriculteurs adhèrent au projet. Mais il faut enfoncer le clou et le développer sur tout le territoire. Alors, dès cet été, elles prendront le volant de leur conserverie pour sillonner les routes du Var à la conquête de nouveaux producteurs partenaires.

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