Portrait. Debora Waldman, première femme à la tête d’un orchestre national

Debora Waldman est cheffe permanente de l’Orchestre National Avignon-Provence. Elle est la première femme en France à occuper un tel poste. En ce 8 mars, le ministère de l’Egalite Femme-Homme l’a distinguée comme la personnalité inspirante de la région Paca.

Debora Waldman dirige l'orchestre national d'Avignon-Provence depuis septembre 2020.
Debora Waldman dirige l'orchestre national d'Avignon-Provence depuis septembre 2020. © Laure NERON DEVOUREIX/MaxPPP

Debora Waldman est tombée dans la musique quand elle était toute petite. Sa mère était cheffe d'orchestre. 

"C'est ma mère qui m'a vraiment mise sur cette voie", raconte-t-elle.

"Je l'ai toujours vu diriger. C'est pour ça que je ne me suis jamais dit que je n'y arriverais pas, parce que je suis une femme. C'était naturel".

Debora Waldman est née au Brésil il y a 43 ans, elle a grandi en Israël puis en Argentine. Mais depuis 20 ans, son pays de cœur, c’est la France. Et la France le lui rend bien.

Depuis septembre 2020, elle est la tête de la direction musicale de l’Orchestre National Avignon-Provence. Cela fait d’elle la première femme en France à diriger une formation labellisée nationale.

Un exemple pour les autres femmes

C'est une consécration, la récompense de dures années de travail. "Je peux vivre concrètement de mon métier alors qu'avant, j'étais toujours cheffe invitée, et ce n'est pas la même chose". 

Debora Waldman a ouvert la voie. "Depuis ma nomination, il y en a eu deux autres (NDLR : Johanna Malangré en Picardie et Marta Gardolińska à Nancy) et pour une fois dans ma vie, je me suis dit que c'était bien de servir de modèle", confie-t-elle.

"Moi, quand j'étais jeune j'en ai cherché. Quand j'ai commencé à diriger, je me suis demandé qui sont les modèles au top niveau dont je pourrais m'inspirer, et je n'en avais pas." 

En ce 8 mars, la cheffe d'orchestre veut réaffirmer ce message : "les jeunes filles ne doivent penser qu'au talent, le genre n'est plus une barrière". 

Personne ne lui a jamais fait directement sentir que ce rêve était pour elle hors de portée mais elle reconnaît qu'à son époque, "il fallait que les femmes en fassent plus que les hommes". Et puis, "on ne me confiait pas les concerts dont je rêvais, on me confiait les concerts pédagogiques ou participatifs", se souvient-elle encore. 

Debora Waldman a conscience que si elle avait été un homme, les choses seraient arrivées plus vite. Selon elle, la France a bien dix ans de retard sur l'Allemagne.

Les compositrices, l'autre combat de Debora Waldman

Aujourd'hui, la cheffe veut surtout se battre pour faire reconnaître la place des compositrices comme Marie Jaëll, Mélanie Bonis ou encore Charlotte Sohy, dont les pièces magnifiques ne sont jamais programmées. C'est l'une des missions qu'elle s'est donnée à la tête de l'orchestre Avignon-Provence. 

"La saison prochaine, chaque concert symphonique a une pièce d'une compositrice de l'histoire. Et pendant le confinement on a fait des web séries originales autour des compositrices". Elles seront présentées à partir d'avril sur le site de l'orchestre et les réseaux sociaux.  

L'autre ambition de Debora Waldman à la tête de l'Orchestre National Avignon-Provence, c'est d'ouvrir les concerts symphoniques "à des publics qui ne viennent pas spécialement à la musique classique". Des publics inititiés ou non que ses musiciens, tout comme elle, sont impatients de retrouver, ils l'espèrent, dès ce printemps.

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