Cavaillon : les urgences ferment la nuit faute de personnel

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Écrit par Annie Vergnenègre, Frédérique Poret, Dalila Iberrakene

Après la fermeture la nuit des urgences de Sisteron, Manosque ou encore Draguignan, c'est au tour de l'hôpital de Cavaillon dans le Vaucluse d'être touché par manque de personnel. Une situation que dénoncent les soignants.

La CGT a appelé à un rassemblement ce mardi 17 mai devant les urgences de Cavaillon (Vaucluse) qui enregistrent chaque année 25.000 entrées, avec des pics à 110 passages par jour en période estivale.

Désormais, le service tourne "en mode dégradé". "On essaie d'accueillir les urgences vitales en fonction du nombre de médecins et de praticiens présents, ce n'est pas toujours possible et il faut faire des choix entre les patients", note le docteur Marc Berthoud, médecin urgentiste.

Baisse de rémunération et vague de départs

En cause : une révision de la rémunération des médecins contractuels et intérimaires qui a suscité une "fuite massive" des urgentistes.

"Quand on leur a annoncé qu'ils perdaient 40 ou 45 % de rémunération, ils sont allés travailler ailleurs, la dégradation a été immédiate", explique le médecin titulaire. 

La direction de l'hôpital a fait machine arrière mais le mal était fait. Il reste six titulaires  en poste, contre une vingtaine encore le mois dernier.

Les dysfonctionnements des urgences se répercutent sur les autres services et sur le personnel infirmier dont les plannings sont modifiés souvent à la dernière minute.

"On risque d'avoir une fuite du personnel infirmier et aides-soignants parce que dans des situations pareilles ils n'ont pas envie de rester pour travailler dans ces conditions-là",  s'inquiète Christophe Bares, le représentant de la CGT.

Conséquence pour les patients dépendent des urgences d' Avignon, à plus de 30 minutes de là. 

"C'est inquiétant parce que s'il nous arrive quelque chose et qu'il faut attendre le SMUR d'Avignon, forcément on se dit que ça peut être un peu plus risqué," réagit une habitante.

Le personnel soignant a lancé une pétition en ligne. En quelques semaines, elle a recueilli plus de 2.300 signatures de soutien.