Coronavirus : solidarité dans le Vaucluse pour aider un cirque et ses animaux

A l'arrêt depuis cinq mois, notamment en raison du confinement, un petit cirque familial du Vaucluse est en grande difficulté. Son propriétaire a lancé un appel aux dons de nourriture sur les réseaux sociaux. Les habitants, agriculteurs et associations ont rapidement répondu présents.

Un bébé lama, né il y a une vingtaine de jours et sa mère, sont nourris notamment grâce à la solidarité des agriculteurs du Vaucluse.
Un bébé lama, né il y a une vingtaine de jours et sa mère, sont nourris notamment grâce à la solidarité des agriculteurs du Vaucluse. © Jean Poustis / FTV
William Deforges et son cirque vivent actuellement une situation extrêmement compliquée. Bloquée, comme figée dans le temps à Gordes depuis cinq mois, sa société est complètement à l'arrêt.

Sans rentrées d'argent, le cirque vit sur ses réserves. Avec 30 animaux (lama, âne, chameau...) à nourrir, les stocks de pailles, pommes, carottes fondent rapidement et sont pratiquement à sec.

Face au danger de ne plus pouvoir subvenir aux besoins de ses protégés à quatre pattes, le directeur du Zoo Circus a dû se résoudre à demander de l'aide.

"C'est très gênant, nous n'avions jamais demandé de l'aide. Mais après cinq mois ici sans pouvoir bouger, on ne sait pas si on va s'en sortir. Nous, on préfère être sur la route", indique le directeur et clown du cirque.

Son appel aux dons de nourriture a été relayé par des particuliers et des associations sur les réseaux sociaux.

La solidarité des habitants

Très rapidement, la mairie de Gordes a été sollicitée pour venir en aide à ce cirque "présent depuis plusieurs années sur la commune".

"On a notamment fait le tour des agriculteurs, car nous sommes sensibles au bien-être animal. Et ça a pris très vite", affirme Patricia Weber, adjointe au maire.

Des particuliers et des agriculteurs du Vaucluse se sont rapidement mobilisés pour leur venir en aide. Un terrain leur a même été prêté par un voisin.

Carottes, pommes, foins, les dons alimentaires ont afflué, permettant à cette famille du cirque de "respirer temporairement".

La semaine dernière, des kilos de tomates et des courgettes ont notamment été livrées, grâce à la générosité des vauclusiens. L'occasion pour la famille Deforges, propriétaire du cirque depuis 5 générations, de faire plaisir au dernier né du cirque, un bébé lama, né il y a seulement 20 jours.

"Avec ceux que mangent les animaux, ça ne devait pas tenir longtemps, mais là avec les premières aides, ça va un peu mieux. On les remercie infiniment, explique Méryl Deforges, membre du cirque, même si ça risque d'être très compliqué dans les semaines à venir, car on ne sait pas combien de temps ça va durer".
A Gordes (Vaucluse), l'un des propriétaires du cirque et leurs animaux vivent une situation très difficile en confinement.
A Gordes (Vaucluse), l'un des propriétaires du cirque et leurs animaux vivent une situation très difficile en confinement. © Jean Poustis / FTV

Une association mobilisée

Outre les particuliers, l'ADMR (Aide à domicile en milieu rural) a décidé d'apporter son soutien au cirque.

Habituée à notamment livrer des plateaux repas aux personnes vulnérables, l'association va préparer et livrer gratuitement des repas aux 16 adultes et enfants vivant sur le site à partir de lundi.

"Nous sommes là pour donner à ceux qui en ont le plus besoin. Là, ils sont clairement en difficulté", admet un responsable de l'ADMR de Gordes.

Aucune aide de l'Etat

Actuellement en train de gérer l'urgence, le cirque ne dispose d'aucune aide. Pourtant, 19 millions d'euros ont été débloqués par l'Etat pour l'alimentation et les soins des animaux des refuges, cirques et zoo.

Mais la petite structure vauclusienne n'est pas éligible à cette aide. "On ne peut compter que sur nos réserves financières et elles ne sont pas très importantes. Et on est encore loin de reprendre les spectacles", s'inquiète Méryl Deforges.

En raison du du confinement, d'autres cirques en France sont aussi bloqués au sein de communes, à l'endroit même de leurs dernières représentations.
Le chapiteau est tout de même dressé pour permettre aux acrobates de s'entraîner.
Le chapiteau est tout de même dressé pour permettre aux acrobates de s'entraîner. © Jean Poustis / FTV

La longue attente du déconfinement

Chaque semaine, la famille Deforges attend les informations des syndicats de forains et du gouvernement. Impatients de repartir sur les routes, les membres du cirque ne savent pas quand ils pourront reprendre le travail.

"La situation est très grave, j'ai peur pour mes enfants et mes petits-enfants. On n'a aucune idée sur une date de reprise de l'activité", souligne William Deforges.

Malgré tout, le chapiteau est dressé à Gordes. Les acrobates s'y entraînent. Chaque jour au son de la musique, ils répètent leur numéro, pour être prêts, le moment donné, à repartir animer les communes et villages de France.
 
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