"Y'a bon Banania, y'a pas bon Taubira": l'abbé Beauvais condamné en appel

L'abbé Beauvais, qui officie actuellement à la paroisse Saint-Pie X de Marseille, est l'ancien curé de la paroisse intégriste de Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris . Il a été condamné en appel à 2.000 euros d'amende avec sursis pour injure raciale.

L'Abbé Xavier Beauvais au palais de justice
L'Abbé Xavier Beauvais au palais de justice
L'abbé Xavier Beauvais, ancien curé de la paroisse intégriste de Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, a été condamné ce mercredi 17 février, en appel à 2.000 euros d'amende avec sursis pour injure raciale, pour avoir lancé "Y'a bon Banania, y'a pas bon Taubira" lors d'une manifestation. 

L'abbé Beauvais, qui officie actuellement à la paroisse Saint-Pie X de Marseille, avait crié ce slogan le 20 octobre 2013 lors d'une manifestation contre la"christianophobie" à l'appel du mouvement Civitas.

En lançant cette phrase, l'abbé a expliqué qu'il n'avait pas conscience de son caractère raciste 

Face aux juges, l'ecclésiastique en soutane avait soutenu que, n'ayant ni ordinateur ni téléphone portable, ne lisant pas les journaux, ne regardant pas la télévision, il ignorait la connotation raciste de l'ancien slogan de la marque de chocolat en poudre

Selon son récit, il entendait opposer une référence au petit déjeuner familial à l'élément de destruction de la famille que représente à ses yeux la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, portée par l'ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira.

Relaxé en première instance, le parquet fait appel


En première instance, le tribunal correctionnel de Paris l'avait relaxé le 19 mai dernier, estimant notamment que l'abbé n'était pas "nécessairement informé" de la connotation raciste du slogan. Le parquet avait fait appel. Les seconds juges ont eu une appréciation tout autre que les premiers. Ils ont déclaré :

Il ne fait aucun doute pour la cour d'appel que la formule fait nécessairement référence à la couleur de peau de Mme Taubira et à une époque colonialiste du début du XXe siècle, présentant le tirailleur sénégalais comme une sorte d'être primaire, naïf, un peu niais, dont le langage souligne une culture limitée et un maniement de la langue restreint


L'avocat de l'abbé Beauvais, Me Jérôme Triomphe, a indiqué qu'il formait un pourvoi en cassation "à titre conservatoire".
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