Souffrance au travail : les entreprises ont-elles changé après “l'affaire des suicides” à France Télécom

L'ancien PDG de France Télécom Didier Lombard au tribunal de Paris, le 6 mai 2019 (France Télévisions)
L'ancien PDG de France Télécom Didier Lombard au tribunal de Paris, le 6 mai 2019 (France Télévisions)

Le procès de France Télécom s'est ouvert lundi 6 mai devant le tribunal correctionnel de Paris, dix ans aprés une vague de suicides.
La gestion des « ressources humaines » est au cœur des débats.
En dix ans, les méthodes de management ont-elles évolué ?
 

Par Malika Catala

C'est la première fois qu'un groupe côté en bourse est jugé pour harcèlement moral. De 2007 à 2010, le mode de management de l’opérateur aurait poussé dix-neuf personnes au suicide. Douze autres ont tenté de mettre fin à leurs jours.
Des drames qui ont conduit le gouvernement à se pencher sérieusement sur la question des risques psychosociaux liés au travail.
En février 2010, l'Etat a demandé aux entreprises de se doter d'un règlement qui liste les risques psychosociaux. Toutes les entreprises sont désormais obligées de mettre en place cette réglementation. Les sociétés se sont adaptées pour que les salariés puissent se ressourcer.

Des outils de prévention 

  • Des micro-siestes réparatrices 
Certaines sociétés ont aménagé leurs locaux, mis en place des dispositifs pour recréer du lien.
Des salles de sieste sont même apparues dans certaines entreprises.
Un choix qu'a fait Renault. Depuis 2015, les 1.200 salariés du site du Plessis-Robinson dans les Hauts-de-Seine ont accès à des cabines avec lit.
Attention, la durée de la sieste est limitée à 20 minutes. Une pratique qui, depuis 4 ans, a montré son efficacité.
 
  • Du sport pour l'esprit d'équipe 
D'autres entreprises ont fait le choix d'investir dans une salle de sport pour détendre leurs employés. L'occasion également de recréer du lien entre salariés.
Bien-être, cohésion sociale mais aussi rendement. Selon une étude d'un cabinet de conseil, une heure de jogging par semaine augmenterait la productivité d'un salarié de 5,7%. Pour certains salariés, c'est également un excellent moyen de se rapprocher de sa hiérarchie.
 
  •  "Chief happiness officer"ou chargé du bonheur en entreprise
Depuis plusieurs années, certaines sociétés françaises engagent des "responsables du bien-être". Leur mission : rendre les employés plus productifs tout en étant épanouis sur leur lieu de travail. Et pour avoir des salariés bien dans leurs baskets, des actions sont organisées dans l'entreprise : séances de sophrologie, tournoi de baby-foot à l'heure de la pause, petit-déjeuner d'accueil pour les nouveaux salariés.






 

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