Ils ont frôlé la catastrophe en montagne mais leur mésaventure évitera peut-être d'autres accidents encore plus graves. Sur le site collaboratif "camp to camp", les randonneurs et les alpinistes sont invités à raconter ces sorties qui ont frôlé la catastrophe. C’est ce qu’on appelle des "presqu’accidents",ou "quasi-accidents".

Des chercheurs du "laboratoire sur les vulnérabilités et l’innovation dans le sport", installé à Villeurbanne dans le Rhône, les étudient ensuite pour en tirer des enseignements en matière de prévention.

Un premier rapport vient d’être publié mais les travaux continuent avec le soutien de la Fondation Petzl. L'une de nos équipes s'est intéressée à quatre situations avec David, Martin, Franck et Jonathan.

 

Pris dans une avalanche dans la "Combe des Vans" en Isère, Martin a frôlé la catastrophe

© Dominique Semet

C'était l'une des premières sorties de la saison. Les stations de sport d'hiver sont encore fermées mais Martin et ses deux compagnons décident de faire une randonnée jusqu'à la Croix de Chamrousse en Isère puis de continuer à monter dans la "Combe des Vans". Quelques skieurs ont déjà fait la trace mais Martin est attiré par un couloir où la neige est encore vierge.

Une avalanche se déclenche alors mais heureusement, Martin n'est enseveli que jusqu'à la taille. Il comprend qu'il vient d'échapper au pire.

Cette mésaventure, Martin décide de la partager en postant son récit sur le site "camp to camp". Plus de 200 témoignages de ce type sont déjà postés et étudiés par des chercheurs du "laboratoire sur les vulnérabilités et l'innovation dans le sport".

Martin reconnait ce jour-là ne "pas avoir été très responsable" et avoue que cette mésaventure "a changé sa façon d'appréhender la montagne".

Martin, pris dans une avalanche dans le secteur de Chamrousse

 

Franck s'en sort miraculeusement après une glissade sur un névé dans le massif de Belledonne

© Dominique Semet

La journée était idéale en ce début d'automne pour que Franck et deux de ses amis décident de faire une course de rochers dans le massif de Belledonne, au dessus du Col du Glandon.

La montée se passe bien mais la descente s'avère plus difficile que prévue. Pour éviter un passage "scabreux", les amis décident de rejoindre un névé même s'ils ne sont pas équipés de matériel de glacier. Au bout de quelques mètres, Franck part alors en glissade. Il dévale la pente glacée sur plusieurs mètres et aboutit dans un pierrier. Il s’en tire miraculeusement avec quelques hématomes et un pantalon déchiré.

© Dominique Semet

Ce « presqu’accident » , Franck a voulu le partager sur le site « camp to camp ». Son récit, parmi 200 autres, permet aux chercheurs d’essayer de comprendre le mécanisme qui conduit parfois au pire. A chaque fois on trouve une accumulation  de mauvaises décisions qui vont rendre l’accident inévitable.
Franck a glissé sur un névé

 

Jonathan se perd sur un sentier en Haute-Savoie et reste coincé sur une falaise

© Dominique Semet

Jonathan n’oubliera jamais cette randonnée entreprise par une belle journée de décembre. La neige était tombée en abondance mais le soleil était au rendez-vous ce jour-là.

Accompagné de sa chienne Gaïa,  Jonathan entreprend de faire le tour des « Cornettes de Bises » en Haute-Savoie. La randonnée se passe bien mais le sentier du retour est caché par la neige. Le randonneur se perd et se retrouve sur un névé. Tout à coup, c’est la glissade et une succession de rebonds sur la neige dure. Jonathan s’arrête juste au bord de la falaise et restera coincé jusqu’à l’arrivée des secours.

En analysant son récit, les chercheurs se rendent compte qu’un des principaux facteurs d’accident est le « relâchement ». Les accidents se produisent souvent après le dépassement d’une difficulté, lors de la descente par exemple, quand le randonneur relâche son attention.
Jonathan est resté coincé sur une falaise

 

David frôle la mort en chutant d'une falaise sans casque

© Dominique Semet

C'est un autre exemple d'accident en montagne qui aurait pu conduire au pire et que les chercheurs du "laboratoire sur les vulnérabilités et l'innovation dans le sport" installé à Villeurbanne, dans le Rhône, ont analysé.

David est grimpeur et ce jour-là, contrairement à d'habitude, il n'avait pas son casque. En plein soleil, juste après avoir mangé, et alors qu'il s'est élancé sur une voie plutôt facile, il perd connaissance. Il ne reviendra à lui que quelques secondes plus tard, quatre mètres plus bas, lorsque sa tête heurte la paroi. 

Il s'en sortira avec une plaie à la tête, une grosse frayeur mais heureusement sans traumatisme cranien.
David frôle la mort en chutant d'une falaise sans casque