Grenoble : un professeur de violon suspecté de pédophilie devant les Assises

Un professeur de violon grenoblois avait été condamné en 2008 à 12 mois de prison avec sursis pour attouchements sexuels sur de jeunes élèves. Depuis, d'autres victimes se sont manifestées. Il comparait désormais devant la Cour d'assises de l'Isère pour viols et agressions sexuelles aggravées.

Palais de justice de Grenoble.
Palais de justice de Grenoble. © AFP



Le professeur de violon avait été condamné en appel correctionnel en 2008 à 12 mois de prison avec sursis pour attouchements sexuels sur de jeunes élèves. Depuis, d'autres victimes se sont manifestées. Mais cette fois il est jugé pour viol.


La Cour de Cassation avait confirmé le 24 juin 2014 son renvoi devant la Cour d'Assises. Elle justifie notamment sa décision par une accusation constante, précise et circonstanciée. 

Le témoin principal, Fabrice, 33 ans, 14 à l'époque des tout premiers faits "a décrit précisément comment son professeur de violon, homme respecté pour ses compétences professionnelles tant par ses parents que par l'ensemble du milieu de la musique, qu'il connaissait depuis ses douze ans, avait peu à peu étendu son influence sur lui, procédé aux premiers attouchements en les justifiant par une méthodologie d'apprentissage, jusqu'à exercer sur lui une emprise psychique si complète qu'il n'avait pu se soustraire ni aux agressions sexuelles pendant sa minorité, ni aux viols commis après sa majorité". 

Le professeur de violon "nie tout abus de nature sexuelle (...), il évoque des relations sexuelles parfaitement consenties qu'ils auraient eues alors que ce dernier était majeur, et ce alors même qu'il n'aurait jamais auparavant éprouvé d'attirance envers le jeune homme".

Mais, pour la Cour, "les accusations (...) apparaissent particulièrement crédibles au vu de l'ensemble de ces éléments, face aux dénégations du mis en examen, qui ne parviennent pas à convaincre".

Elle ajoute que le professeur "possédait, en sa qualité de professeur, une autorité naturelle envers M. Y, qu'il a eu très jeune comme élève, autorité approuvée par les parents du jeune homme ; que cette autorité était d'autant plus forte que l'élève, passionné de violon, était fasciné par les qualités de musicien, de concertiste et les connaissances prestigieuses dans le milieu musical de son maître ; que le phénomène d'emprise mentale, progressive, se manifestait notamment par des comportements tantôt amicaux et permissifs, tantôt autoritaires et exigeants ; qu'il s'agissait là d'un véritable travail d'anéantissement de la capacité d'opposition d'un jeune adolescent, non encore à même d'appréhender les limites d'une telle relation ; que la progressivité des attouchements, effectués d'abord par-dessus les vêtements pour devenir par la suite dénués d'ambiguïté, et le lien établi en permanence entre ces gestes et l'enseignement de la musique, ont été de nature à l'y accoutumer et les lui imposer malgré son défaut manifeste de consentement".


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