Jeu du foulard, la tomate rouge, le domino : prévenir les jeux dangereux à l'école

L'APEAS regroupe des parents qui ont vécu le drame de du jeu du foulard. Ils se mobilisent pour informer et prévenir les jeunes, les familles, les professionnels de l'éducation, de la santé et de la justice.  Une intervention sur les jeux dangereux a eu lieu à l'école primaire de Chappes (63). 

  • France 3 Auvergne
  • Publié le , mis à jour le
© PATRICK HERTZOG / AFP

© PATRICK HERTZOG / AFP

L’association des parents d'Enfants Accidentés par Strangulation, l' APEAS est née en juin 2002, suite à la mobilisation de parents d’enfants victimes d’un jeu d’évanouissement. Depuis,  ils travaillent activement à informer et alerter sur ces pratiques dangereuses et mortelles, soutenus par les ministères de l'Education nationale et Jeunesse et Sports.

Les modes d'intervention sont divers : il peut s'agir d'un jeu, les rassurer et les responsabiliser, grâce à des supports et des activités pédagogiques, adaptés à chaque âge et différenciés selon les usages. La connaissance de ces pratiques dangereuses permet de les repérer, de les comprendre et de les gérer. C'est dans ce cadre que Corinne Acheriaux, bénévole, infirmière en bloc chirurgical, est intervenue le 22 janvier à l"école primaire de Chappes (63), où l'équipe pédagogique est convaincue des vertus de la prévention.  Au terme de cette intervention, les élèves de l'école ont obtenu le diplôme de super héros de la respiration, avec la double mission d'en parler autour d'eux et d'alerter un adulte s'ils sont confrontés à ce type d'accident.

Le "jeu du foulard" est un étranglement volontaire, réalisé seul ou à plusieurs, dont l'objectif est de vivre une expérience, de connaître des sensations nouvelles. Selon l'APEAS, il  touche principalement un public d'enfants et d'adolescents de 4 à 20 ans, garçons et filles de tout niveau social. "L'initiation" débute souvent en primaire, parfois en maternelle.
Sous diverses appellations, il est généralement proposé par un ou des copains et se déroule selon un principe est simple : après une hyperventilation forcée obtenue par quelques flexions rapides des jambes et de grandes inspirations, on bloque la respiration, en même temps qu'on pratique une pression sur les carotides,et une forte compression du sternum. Un évanouissement se produit, précédé de sensations de type hallucinatoire.

Cette expérience, d'apparence anodine, peut avoir des conséquences très graves, pouvant aller de séquelles irréversibles à la mort. Depuis 2000, une moyenne de 10 décès est recensée chaque année en France par l'APEAS. Plusieurs jeunes garderont définitivement des séquelles, plus ou moins importantes, du coma dans lequel ils ont été plongés (crises épileptiques, paralysies et état végétatif irréversible).
Ce sont ces conséquences vitales que met en avant  l’APEAS en intervenant auprès des enfants et des adolescents pour leur faire mesurer la gravité de ces pratiques dangereuses et des jeux violents dont ils témoignent parfois eux-mêmes, sans en mesurer les limites.


L'APEAS aide donc parents, éducateurs, enseignants, à comprendre ces pratiques mais aussi à rechercher les signaux d'alerte auprès des jeunes : traces suspectes sur le cou (parfois camouflées), lien, corde, ceinture, traînant sans raison auprès du jeune, maux de tête parfois violents, récidivants, douleurs auriculaires, diminution de concentration, rougeurs suspectes au visage, bruits sourds dans la chambre ou contre le mur (chute dans le cas d'une pratique solitaire). 

Prévenir les jeux dangereux à l'école

Chaque année plusieurs dizaines d'enfants décédent en France de strangulation volontaire. Le jeu du foulard, le rêve indien ou l'évanouissement peuvent conduire à la paralysie ou à la mort. L'association des parents d'enfants accidentés par strangulation va au devant des jeunes, pour en parler sans tabou. Exemple à Chappes dans le Puy de Dôme. Intervenants : Corinne Acheriaux, Déléguée régionale Association des Parents d'Enfants Accidentés par Strangulation; Patrick Tissandier, Directeur de l'école de Chappes; Pierre-Louis Himbert, Inspecteur de l'Education Nationale, circonscription de Riom-Limagne.  -   -  Cyrille Genet, Eric Taxil, Alain Bertrand.




L'actu de votre région en vidéo

Chappes (63) perd sa caserne de pompiers

A Chappes, dans le Puy-de-Dôme, le nombre de pompiers volontaires sur la commune est trop faible pour maintenir l'activité de la caserne. Intervenants : Lieutenant Alain Blanc Chef du Centre de Première Intervention de Chappes et Claude Boilon Premier vice-pdt du SDIS 63

Reportage de Sandrine Montero et Laurent Pastural Montage Sébastien Bonnetot

© France 3 Auvergne

les + lus
les + partagés