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Salon de l’agriculture 2016 : la FNSEA s’attaque aux industriels et présente ses excuses à François Hollande

Deuxième matinée mouvementée au Salon de l’Agriculture de Paris. Après avoir chahuté le président de la République hier, samedi 27 février, ce dimanche matin, les éleveurs de la FNSEA  ont mené une opération spectaculaire ce matin contre la marque Charal.

  • M.B avec AFP
  • Publié le 28/02/2016 | 12:35, mis à jour le 28/02/2016 | 16:03
Au salon de l'agriculture de Paris, les éleveurs de la FNSEA s'en sont pris au groupe Charal

Au salon de l'agriculture de Paris, les éleveurs de la FNSEA s'en sont pris au groupe Charal

L'action des éleveurs de la FNSEA contre la marque Charal


Les éleveurs se sont attaqués, ce dimanche matin, à coup d'extincteur, au stand de la marque Charal. Les éleveurs protestent contre les marges pratiquées par les industriels et qui privent les éleveurs de revenus rémunérateurs (voir encadré plus bas). Jean-Pierre Fleury, président de la fédération nationale bovine, explique pourquoi, au micro de Pauline Ringenbach.

Pourquoi les éleveurs s'attaquent aux groupes industriels?

Jean-Pierre Fleury, président de la fédération nationale bovine, explique les griefs des éleveurs contre la marque Charal, symbole de l'industrialisation de la filière, au micro de Pauline Ringenbach.



Le président de la FNSEA présente des excuses à François Hollande

Quant à Xavier Beulin, le président de la FNSEA, il a présenté dimanche des "excuses" après les insultes prononcées à l'encontre du président François Hollande, lors de l'inauguration du Salon de l'Agriculture samedi à Paris. "Je présente des excuses pour les noms qui ont été prononcés à l'égard du président", a déclaré M. Beulin sur Europe 1. M. Hollande a été accueilli au salon par des sifflets accompagnés d'appels à la démission et d'insultes - "connard", "fumier", "bon à rien", entre autres – lancés par des éleveurs en colère. "Ça n'est pas respectable, ni pour la fonction, ni pour la personne", a affirmé le patron du premier syndicat agricole français, ajoutant toutefois que "les mouvements qui ont eu lieu tout au long du parcours du président, c'était tout  simplement l'expression d'une colère, d'un désespoir".
Par ailleurs, M. Beulin a indiqué ne pas avoir été averti de l'intention de certains membres de la FNSEA d'Ile-de-France qui ont démonté le stand de l'Agriculture samedi matin, poussant les CRS à intervenir. Plusieurs manifestants ont alors été blessés. "J'ai été prévenu au moment où c'est arrivé", a-t-il assuré, estimant qu'il n'est pour autant "pas débordé" par sa base syndicale. "Les forces de l'ordre ont cru bon de charger un peu intempestivement et du coup ça a créé l'incident qu'on a vu", a-t-il expliqué.

Xavier Beulin demande aux industriels d'être responsables

Prédisant "des mouvements spontanés" durant le salon, M. Beulin a lancé un "appel au calme" à la veille de la visite lundi du Premier ministre, Manuel Valls. Il s'en est en revanche pris aux dirigeants de la grande distribution, les accusant de tenir un double discours à la veille de la fin des négociations tarifaires annuelles avec leurs fournisseurs. "J'entends depuis plusieurs jours des patrons d'enseigne la main sur le cœur qui viennent gentiment nous expliquer que tout va bien, qu'eux-mêmes vont prendre leurs responsabilités", alors que leurs groupes demandent en même temps "entre -4% et -8% sur tous les produits alimentaires", a-t-il dénoncé. "Est-ce qu'on peut avoir une attitude aussi détestable?", a-t-il insisté, plaidant pour une évolution de la loi de modernisation de l'économie (LME), que M. Hollande a promis de réviser. Ce texte adopté en 2008 instaure la liberté de négociation des prix entre les centrales d'achat des grandes surfaces et leurs fournisseurs. Il est accusé de ne pas prendre en compte les intérêts des producteurs.
Salon de l'Agriculture: le stand Charal pris pour cible par des éleveurs (AFP)

Des éleveurs bovins ont aspergé avec un extincteur et de la farine le stand de Charal, marque du groupe Bigard numéro un de l'abattage en France, pour dénoncer sa politique de prix, dimanche au Salon de l'Agriculture. "Quand Bigard prend 100 euros il y a en 8 pour le producteur" ont expliqué au public les éleveurs en tee-shirt rouge marqués "Notre métier a un prix", tout en distribuant de faux billets de 100 euros. "Quand vous payez la viande entre 17 et 20 euros le kilos, sachez qu'on nous la paye à nous 2,50 à 3 euros", commentait également au mégaphone Pierre Vaugarny, secrétaire général de la Fédération nationale bovine (FNB), qui appelait à la manifestation avec le soutien de la FNSEA - représentée par son secrétaire général Dominique Barrau. Pendant ce temps, un groupe d'éleveurs aspergeait derrière lui le stand de Charal avec un extincteur et dispersait une trentaine de kilos de farine. 

La consigne était d'éviter toute violence après l'accueil houleux réservé la veille au président François Hollande et le démontage du stand du ministère de l'Agriculture. Pour Pierre Vaugarny, l'objectif de cette brève manifestation était d'attirer l'attention du public sur la toute-puissance du groupe Bigard, qui totalise la moitié des capacités d'abattage en France et refuse tout dialogue avec la profession. "Même quand le ministre le convoque, M. Bigard refuse de venir s'expliquer", a-t-il déploré.
L'été dernier le groupe avait refusé de participer à la fixation d'un prix minimum d'achat aux producteurs de viande, lors des tables rondes organisées au ministère. Le responsable syndical explique aussi aux visiteurs du Salon le concept de "minerai", ce composé de résidus de viande mêlés de graisse et de collagène utilisé notamment pour les plats préparés, qui ravale la viande et derrière elle, l'animal, à une notion purement industrielle et commerciale de matière première. "Parler de minerai est symbolique de la dérive industrielle qui est derrière", insiste-t-il. "Quelle viande achète le consommateur au juste? Moi je rêve que vous veniez chercher du charolais, ou de la blonde d'Aquitaine".

Depuis l'été dernier les éleveurs bovins confrontés à uns stagnation des cours réclament une revalorisation de leurs produits pour équilibrer leurs coûts de production et désigne les transformateurs et la grande distribution comme les principaux responsables de leur marasme.

Le groupe Charal réagit et se dit "acteur responsable". "Charal regrette les actes de vandalisme subis sur son stand au salon de l'agriculture", a réagi l'entreprise, dans un communiqué, affirmant  "comprend(re) les difficultés des éleveurs bovins qui relèvent des causes structurelles et conjoncturelles pour lesquelles les réponses ne peuvent être que concertées et collectives". "Acteur important de la filière bovine française, Charal s'approvisionne depuis toujours au coeur des bassins d'élevage français. En tant qu''acteur responsable, Charal a apporté et continuera à apporter toute sa contribution pour défendre la filière bovine française", a fait valoir le groupe, rappelant que 100% de ses hachés, pièces de viande et burgers sont français. Le groupe Bigard revendique un chiffre d'affaires annuel de 4,3 milliards d'euros et emploie 14.000 salariés.

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