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Incitation à la haine raciale : du sursis pour Boris Le Lay

Boris Le Lay est poursuivi par la justice  pour propos racistes et diffamants. / © Breiz Atao
Boris Le Lay est poursuivi par la justice pour propos racistes et diffamants. / © Breiz Atao

La cour d'appel de Rennes a condamné lundi à 16 mois de prison avec sursis Boris Le Lay, blogueur ultranationaliste breton, pour incitation à la haine raciale, après des propos visant un militant du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) et une candidate PS noire.

Par Krystell Veillard

Le parquet avait requis un total de 16 mois de prison ferme et de 20.000 euros d'amende contre le prévenu lors de l'audience en février. En mars 2011, Boris Le Lay, administrateur de Breizh Atao, site internet nationaliste breton hébergé aux Etats-Unis, s'était réjoui sur l'un de ses blogs de la mort du président de la section du Mrap de Saintes (Charente-Maritime), Serge Goldberg, happé par un train, réclamant du "champagne" et la "croix de fer" pour le conducteur du train. Il avait été condamné en juin à 12 mois de prison avec sursis.

Jamais présent aux audiences

Le prévenu, âgé de 32 ans, plusieurs fois condamné depuis pour des faits similaires, avait fait appel mais n'était ni présent ni représenté à l'audience. Pour Me Gérard Taïeb, avocat des parties civiles, la nature antisémite du délit ne fait aucun doute: "Ce n'était pas M. Goldberg qui était visé, mais un juif, un juif du Mrap", avait-il indiqué à l'audience.
Dans cette affaire, l'avocat général avait requis huit mois de prison ferme et 10.000 euros d'amende, estimant venu le temps "d'en finir avec les peines d'avertissement, sans quoi il est à craindre que Boris Le Lay ne continue longtemps ses méfaits".
Mais la cour a choisi de confirmer le jugement de première instance, l'assortissant simplement d'une condamnation à payer 1.000 euros à plusieurs associations comme le Mrap et la Ligue des droits de l'homme.

Un récidiviste déjà condamné en septembre

Dans une seconde affaire, pour laquelle il avait également fait appel, le blogueur avait été condamné en septembre à quatre mois avec sursis et 10.000 euros d'amende pour s'en être pris, toujours en mars 2011, à une candidate socialiste d'origine africaine aux cantonales, dénonçant les "souilleurs de notre peuple". Là encore, faisant valoir "le contexte, la gravité des faits et le comportement" du prévenu, le ministère public avait requis huit mois ferme et 10.000 euros d'amende, mais la cour d'appel a confirmé le premier jugement, avec une condamnation à verser 700 euros à la victime.
Le blogueur, qui dit partager son temps entre la Bretagne et le Japon, ne s'est jamais présenté à une audience de justice. Ses sites, hébergés aux Etats-Unis, restent actifs.

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