Sècheresse : la Corse-du-Sud applique les restrictions d’eau

Un arrêté préfectoral publié début juin met en place des restrictions pour certains usages de l’eau. Certaines activités sont interdites, d’autres sont soumises à des plages horaires.

Par A.P.

Ce matin les gendarmes ont mené une opération de sensibilisation à l'utilisation de l'eau dans le port de Porto-Vecchio. L’une des mesures prises par l’arrêté préfectoral publié début juin est l’interdiction de laver son bateau. Les contrevenants encourent un rappel à la loi, et, en cas de récidive, une contravention pouvant aller jusqu’à 3000 euros.

En plus de l’interdiction de laver son bateau, le port ne donne accès à l’eau que 2h30 le matin et 2h45 le soir. Mais ces mesures ne sont pas forcément comprises : « Les plaisanciers payent leur place. Ils pensent que c’est compris dans le prix, donc qu’ils peuvent utiliser l’eau malgré les restrictions. », explique Baptiste Valli, le capitaine du port.

Dans les hôtels aussi, l’information des vacanciers est primordiale. Jean-Marc Santini, propriétaire d’un hôtel rappelle à ses clients les lignes de l’arrêté : « interdiction formelle de laver les voitures et les bateaux, et nous avisons tous les clients qui arrivent des problèmes d’eau que nous avons en Corse ».
 

Sècheresse en Corse-du-Sud : des restrictions d’eau pas forcément comprises
Intervenants : Louis-David Lachkar, adjudant / Baptiste Valli, capitaine du Port de Porto-Vecchio / Jean-Marc Santini, propriétaire d'un l'hôtel / Pierre Alessandrini, directeur du cabinet du maire de Porto Vecchio. Reportage : Yael Benamou, Lionel Luciani

 

Manque d’infrastructures


Pour la mairie de Porto-Vecchio, l’arrêté préfectoral doit être respecté mais il faut surtout pallier le manque d’infrastructures pour l’eau.
« Qu’on cesse de parler de surconsommation et qu’on s’attaque au vrai problème, qui est qu’on a un sous-équipement qui risque de pénaliser et les locaux, et l’activité économique », demande Pierre Alessandrini, direteur du cabinet du maire. La principale solution envisagée est la construction de barrages, un chantier qui se compte en dizaines d’années.

De son côté, le président de l’Office de l’équipement hydraulique de la Corse (OEHC), Saveriu Luciani, dénonce l’absence de mobilisation des mairies pour faire respecter les arrêtés préfectoraux et municipaux concernant les restrictions d’eau : « J’étais en réunion vendredi avec les élus de l’Extrême-Sud pour faire un point sur la situation des réserves en eau potable, mais je ne constate aucune mobilisation. Il faut que les élus réagissent et fassent respecter les arrêtés municipaux ainsi que les mesures de restriction d’utilisation de l’eau », enjoint-il dans un article de Corse Matin du 9 août.
 

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