Enseignement : crise de recrutement à l'académie d'Amiens

© Lartigue Stephane / PHOTOPQR/SUD OUEST/MAXPPP
© Lartigue Stephane / PHOTOPQR/SUD OUEST/MAXPPP

Le premier syndicat dans le primaire, le Snuipp-FSU, a tiré mercredi la sonnette d'alarme face à "une crise de recrutement qui perdure". L'académie d'Amiens est particulièrement touchée, dans le primaire mais aussi le secondaire.

Par Célia Mascre

Au lycée Mendes-France de Péronne, les terminales STI2D n’ont pas eu cours d’Energies et Environnement depuis la rentrée. C’est pourtant leur matière principale et coefficient 12 au baccalauréat. Résultat : il leur manquent neuf heures de cours par semaine et un emploi du temps plutôt... vide ! Si aucun professeur n’est trouvé d’ici la rentrée, il faudra que les élèves rattrapent 63h de cours … Même problème au collège Béranger qui manque d’un prof de physique chimie.

Et ces deux établissements sont loin d'être des cas isolés. À la veille de la clôture des inscriptions aux concours 2018, le Snuipp-FSU dresse un tableau pessimiste de la rentrée, avec près de 2.000 postes non pourvus. "On est dans une crise de recrutement nationale, même si elle est exacerbée dans certaines régions", souligne Charlotte Bourgougnon, en charge du secteur débuts de carrière au syndicat.

La précarité s'installe dans nos écoles


Même lorsque les enseignants sont remplacés, cette crise du recrutement conduit à un "recours massif" à des "contractuels sans formation dans les écoles", selon le syndicat. Pour répondre aux besoins, "pour la première fois de manière massive", les rectorats ont fait appel à des contractuels, "embauchés pour quelques mois, sans perspective de formation et titularisation", déplore Francette Popineau, secrétaire générale du syndicat. "La précarité s'installe dans nos écoles", a-t-elle alerté.

En 2005, pour environ 11.700 postes, 94.000 candidats s'étaient inscrits aux concours et 55.700 s'y étaient présentés. En 2017, pour quasiment le même nombre de postes, il y a eu 71.200 inscrits et seulement 29.000 candidats effectivement présents.

Selon le syndicat, plusieurs raisons expliquent cette désaffection: la baisse du nombre de places pendant le quinquennat Sarkozy, l'augmentation du niveau universitaire requis pour le recrutement, ainsi que des conditions d'accès et d'exercice du métier dégradées.

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