publicité

A Toulouse, des réfugiés syriens retrouvent leur logement détruit par des bulldozers

Des réfugiés syriens installés à Toulouse ont-ils été volontairement éloignés de leur logement pour en permettre la démolition ? La question peut en effet se poser après la destruction d'un immeuble. La préfecture affirme pourtant avoir agi en toute légalité et sans aucune précipitation. 

  • Par Juliette Meurin
  • Publié le , mis à jour le
Ali, l'un des réfugiés syriens devant la maison qui lui servait d'abri depuis 6 mois © Nadia Ouiter-L'Habib

© Nadia Ouiter-L'Habib Ali, l'un des réfugiés syriens devant la maison qui lui servait d'abri depuis 6 mois

Si c'est une coïncidence elle est surprenante et sans aucun doute malheureuse.

Jeudi 14 Janvier, des syriens qui avaient trouvé refuge dans des maisons abandonnées dans le quartier des Izards se rendent à une convocation de l'OFII (l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration). Pendant leur absence, des bulldozers détruisent les logements avec toutes leurs affaires à l'intérieur.

C'est en tous les cas la version de l'association DAL Toulouse 31 (Droit au logement). L'association s'indigne de ces méthodes et dénonce une violence symbolique envers ces familles qui avaient trouvé refuge depuis 6 mois dans les maisons de la Cité Blanche aux Izards qui font l'objet d'un plan de rénovation urbaine mené par le bailleur social Nouveau Logis Méridional.

Ce lundi après midi la préfecture tient à donner sa version des faits. "L'évacuation de ces familles ne s'est pas faite en quelques minutes" nous explique Frédéric Rose le directeur de cabinet de la préfecture de Midi-Pyrénées. "C'est une opération qui fait suite à une décision de justice du 6 Mars 2015".

Selon la préfecture, l'opération s'est déroulée en présence d'un interprète, d'un huissier, d'un représentant du bailleur social et des services sociaux. Une proposition de relogement a été faite aux familles, soit 13 personnes. Celles qui ont accepté ont donc été relogées à l'hôtel en attendant de trouver une solution ; elles sont parties en prenant le temps de récupérer leurs affaires à l'exception des objets non transportables. 

La préfecture reconnaît que les hommes étaient absents et que seules les femmes et les enfants étaient présents mais elle dément toute convocation à l'OFII.

A LIRE ET A VOIR : "A Toulouse, on rase gratis", le grand format du photographe Patrick Batard.

les + lus
les + partagés