Une taxe sur les bureaux (et l'écotaxe poids-lourds) pour financer la LGV vers Toulouse ?

C'est le TGV L'Océane qui effectue actuellement la liaison Toulouse-Paris via Bordeaux. / © F. Charmeux / MaxPPP
C'est le TGV L'Océane qui effectue actuellement la liaison Toulouse-Paris via Bordeaux. / © F. Charmeux / MaxPPP

Carole Delga, Jean-Luc Moudenc, Alain Juppé et Alain Rousset ont proposé mardi soir à la ministre des Transports un financement de la Ligne à Grande Vitesse Bordeaux-Toulouse sur le modèle du Grand Paris Express. Explications. 

Par Fabrice Valery

Comment trouver 8 ou 9 millards d'euros pour financer la construction de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) entre Bordeaux et Toulouse quand le ministre Nicolas Hulot annonce que l'Etat et la SNCF n'ont "plus les moyens" ?

Depuis des mois, les "grands" élus de la région promettent de présenter l'idée d'un "financement innovant". Mais les mois ont passé et les annonces gouvernementales semblant enterrer la future LGV se sont multipliées sans que les institutions locales et régionales ne précisent leur "innovation" en matière de financement.


Un dîner consensuel, des solutions proposées

Finalement, c'est lors d'un dîner mardi 5 septembre avec Elisabeth Borne, la ministre des Transports, que les 4 représentants des Conseils régionaux et Métropoles concernés ont fait leur proposition. Carole Delga (Occitanie), Alain Rousset (Nouvelle Aquitaine), Alain Juppé (Bordeaux) et Jean-Luc Moudenc (Toulouse) ont proposé de faire financer la nouvelle ligne sur le modèle du Grand Paris Express, cet énorme projet qui doit révolutionner les transports autour de la capitale. 

Selon Jean-Luc Moudenc, la ministre a écouté attentivement leurs explications et a été "sensible à notre état d'esprit : construire, trouver et proposer des solutions, dépasser les problèmes".

Le financement du Grand Paris, comment ça marche ?

Le Grand Paris Express est un projet à 25 ou 30 milliards d'euros. A côté, la LGV Bordeaux-Toulouse, c'est presque de la roupie de sansonnet. Presque.

Pour le Grand Paris, un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) a été créé pour collecter les financements qui sont de trois types : taxes, redevance et prêt.


Taxe sur les bureaux et éco-taxe poids-lourds

Parmi les taxes régionales ou locales désormais affectées au Grand Paris en Ile-de-France, il y a notamment une part de la taxe régionale sur les surfaces de bureaux et locaux commerciaux. Cette taxe existe déjà en Occitanie et Nouvelle Aquitaine. Elle pourrait donc être affectée tout ou partie sur le projet LGV.

D'après nos informations, les participants aux dîner chez la ministre des Transports ont aussi proposé l'affectation à la LGV de la future (et probable) éco-taxe sur les poids-lourds en transit européen.


Un groupe de travail créé

Tout cela ne suffisant sans doute pas, il faudrait aussi faire appel à l'emprunt et pourquoi pas, comme pour le Grand Paris, à une redevance sur l'usage de la ligne : la SNCF paierait pour faire passer ses trains (et répercuterait sans doute cette redevance sur le prix du billet du voyageur). 

Pour l'instant, ces propositions n'ont pas été validées. Il a toutefois été décidé de créer un groupe de travail sur le financement. De quoi, pour ces élus et les pro-LGV, croire encore que tout n'est pas perdu et que la ligne sera vraiment construite.

Pendant ce temps, on s'agite,y compris dans la majorité de gauche du conseil régional d'Occitanie, pour relancer l'idée d'abandonner la LGV au profit par exemple de la rénovation, moins coûteuse, de la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT). 

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