DIAPORAMA : Un cimetière du Moyen-âge sous le Monoprix de Réaumur-Sébastopol

Des travaux entrepris par le Monoprix de Réaumur-Sébastopol, à Paris, dans le 2ème arrondissement, qui se situe sur l'emplacement de l'ancien hôpital médiéval de la Trinité, ont permis de découvrir de nombreuses fosses et ossements humains liés au cimetière de l'hôpital.

  • Par Christian Meyze
  • Publié le , mis à jour le
© Denis Gliksman - Inrap

© Denis Gliksman - Inrap

Lorsqu'en 2006, le Monoprix de Réaumur-Sébastopol, dans le 2ème arrondissement de Paris, entreprend, sous l'immeuble où il est installé, des travaux d'abaissement du niveau du sol pour agrandir ses locaux de stockage, apparaissent très vite au jour de très nombreux ossements humains. Des ossements humains très bien conservés, des squelettes qui pour beaucoup sont parfaitement rangés, disposés les uns à côté des autres, certains tête-bêche. Il apparaît immédiatement qu'il s'agit là de fosses communes d'un très ancien cimetière.

Le Monoprix Réaumur-Sébastopol, ancien immeuble Félix-Potin, est construit sur l'emplacement de l'ancien hôpital de la Trinité, fondé au 12ème siècle et détruit à la fin du 18ème siècle. Plus précisément, il apparaît que l'immeuble du Monoprix se situe à l'emplacement de l'ancien cimetière de l'hôpital. Il n'est donc pas étonnant de trouver là quantité d'ossements humains. Mais dans ce cas précis, la bonne conservation des squelettes et leur nombre, leur variété, le nombre de fosses découvertes aussi rendent ces fouilles très intéressantes. Leur exploitation est déjà très prometteuse en terme de mise à jour de nos connaissances de la vie à Paris à cette époque. 

De nombreux aléas depuis 2006 (divers changements de propriétaires etc...) ont énormément retardé le chantier. Si bien que depuis janvier 2015, une équipe de l'Inrap (l'Institut national de recherches archéologiques préventives) fouille et fouillera jusqu'en mars 2015 sur prescription de l'Etat, une centaine de mètres carrés sous le Monoprix.
Ces recherches permettent d'étudier, pour la première fois à Paris, un contexte hospitalier au sein de la ville qui abritait plusieurs établissement du même type.

A ce jour, huit fosses communes ont été découvertes. Sept d'entre elles ont accueilli entre cinq et vingt-cinq individus.  La huitième, beaucoup plus importante compte, en l'état actuel des fouilles, cent cinquante défunts qui semblent être décédés à la même date et témoigner d'une crise de mortalité dont il s'agira de trouver la cause : épidémie, maladie particulière etc...

>> Un reportage de Norbert Cohen et Emmanuelle Hunziger


 

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