L’élection du président de la République au suffrage universel direct nous semble aujourd’hui un acte familier. C’est oublier qu’elle est le résultat d’une révision constitutionnelle adoptée par référendum le 28 octobre 1962, voulue par le général de Gaulle.

Un peu d'histoire

La constitution de 1958 prévoit une élection présidentielle, pour une durée de sept ans, par un collège électoral comprenant les membres du Parlement, des conseils généraux et des assemblées des territoires d’outre-mer, ainsi que les représentants élus des conseils municipaux.

Ce mode électoral est modifié en 1962 après un référendum proposé par le général de Gaulle, alors président de la République depuis 1958. L’élection de 1965 est la première élection au suffrage universel direct à la majorité absolue des suffrages exprimés.

En 2000, la durée du mandat est réduite à cinq ans. Désormais, ce mandat ne peut être renouvelé qu’une fois consécutivement.

En 2011, l’âge minimum des candidats est abaissé de 23 à 18 ans pour les élections législatives et l’élection présidentielle.

Dix élections ont eu lieu depuis 1958, dont neuf au suffrage universel, et sept présidents ont été élus.
Retour sur les présidentielles dans la région des Pays de la Loire.

Le 19 décembre 1965, Charles de Gaulle mis en ballottage, s'apprête à voter à Colombey-les-Deux-églises © Pierre Guillaud /AFP

C'est la première fois que la France vote pour élire un président de la République au suffrage universel. A cette époque, moins de 40% des habitants du pays possèdent un téléviseur noir et blanc...

En Pays de la Loire, sur une population de 2,5 millions d'habitants, 1 494 974 personnes sont appelées à voter. L'élection enregistre un taux de participation historique de plus de 80%. Il est vrai que le vote au suffrage universel direct est appliqué pour la première fois.

En 1965, voilà vingt ans que la France est libérée, trois ans que la guerre d'Algérie s'est achevée. La France se reconstruit, les Pays de la Loire aussi. C'est une région rurale et maritime qui amorce son industrialisation. Le 3 avril, Nantes inaugure sa foire exposition. Un moment important car c'est la première vitrine du développement.

Pendant que la France chante chez Laurette, Nantes, comme le reste du pays, s'apprête à élire pour la première fois au suffrage universel direct un nouveau président de la République. Le président au pouvoir, Charles de Gaulle, effectue, depuis son arrivée au pouvoir en 1958, un tour de France qui l'amène dans la région.

Il est déjà en campagne sans l'avoir annoncé et quand il le fait, le 4 novembre 1965, c'est pour se présenter comme le défenseur des institutions de la 5ème République.

Quasiment sûr d'être réélu dès le premier tour, il refuse d'utiliser son temps de parole, mais des sondages annoncent des intentions de votes en baisse. C'est sans compter sur Jean Lecanuet, MRP centre droit, celui qui se présente comme le Kennedy Français.

Sur les cinq départements des Pays de la Loire, avec des scores allant de 18 à 28 %, il met en ballottage l'homme de l'appel du 18 juin 1940. De Gaulle se retrouve donc face à François Mitterrand au second tour.

Avec une participation électorale de 85% en Pays de la  Loire, le général de Gaulle obtient 63,64 % des suffrages. François Mitterrand (SFIO) obtient lui 36,36 %, partout de Gaulle fait carton plein. La carte politique de la région, ancrée à droite, se dessine pour quelques décennies.

 

Les supporters de Georges Pompidou descendent l'Avenue des Champs-Elysées après les résultats du vote du deuxième tour des élections présidentielles, le 15 juin 1969 à Paris. Georges Pompidou sort vainqueur face au candidat centriste Alain Poher avec un peu plus de 58 % des suffrages exprimés. © AFP

De 1965 à 1969, la France sociale est mise à mal. Dans une société en pleine mutation, le monde du travail et de l'université ne cessent de dénoncer les manquements de l'état mené par le général de Gaulle.

L'icône de la libération semble ne pas comprendre ce qui se passe en France. Le peuple lui envoie un message fort : la révolte de 1968. Il quitte la scène politique. En 1969, des élections anticipées ont lieu. Les Pays de la Loire écrivent l'Histoire...

Le 14 mai 1968, l'usine sud aviation de Bouguenais est occupée par 2600 ouvriers. Depuis le début de l'année ils refusent, la décision de la direction de réduire le temps de travail et donc les salaires. Ils refusent également la mise à la retraite d'office, de ceux d'entre eux âgés de 60 ans. Le ton monte. C'est la grève générale. Des milliers d'étudiants les rejoignent, les paysans aussi. Le mouvement s'étend à travers la France. C'est le début de Mai 68.

Des paysans, ouvriers et étudiants manifestent le 25 mai 1968 sur la place de la Duchesse Anne à Nantes devant une barricade en feu lors des bagarres qui ont opposé la population à la police dans la nuit du 25 au 26 mai 1968. © AFP


Un mouvement que le général de Gaulle ne comprendra pas. Un an plus tard, il propose un référendum obscur sur la régionalisation et la réforme des pouvoirs du sénat. Si l'ouest vote oui, La France vote non à 53 %.
Suicide politique ou nécessité stratégique... L'homme du 18 juin 1940 veut quitter l'Histoire par la grande porte.

Le 1er juin 1969, la France vote de nouveau et, pour la première fois, deux candidats de droite se retrouvent au second tour. Georges Pompidou, ancien premier ministre, et Alain Poher, président du Sénat. Face à eux, une opposition inexistante.

George Pompidou l'emporte. En Pays de la Loire, il obtient 52, 21 % des suffrages contre 47,79 pour Alain Poher. Durant sa campagne, en déplacement à Nantes aux salons Mauduit, Pompidou avait défendu son bilan dans cette région...

Pompidou promettra encore des réformes territoriales et l'aménagement du territoire. C'est Olivier Guichard député de Loire- Atlantique et plus tard Ministre du Plan, qui depuis 1967, s'occupe de ce secteur...Son but ? Désenclaver les régions et leur donner les moyens  de leur expansion économique. Sur le littoral, de la Loire Atlantique à la Vendée, arrive un tourisme de masse qui va modeler le paysage.

 

Le 24 juin 1973, Valéry Giscard d'Estaing, ministre des Finances et candidat à l'élection présidentielle, joue de l'accordéon lors du deuxième Festival mondial de Montmorency © DANIEL JANIN / AFP

Le décès de Georges Pompidou interrompt son septennat. La France vote pour le centre en élisant Valéry Giscard d’Estaing, après une campagne à l’américaine.

Ce mardi  2 avril 1974, la seconde chaîne de télévision diffuse le film de John frankenheimer,  "L'Homme de kiev". Soudain un bandeau déroulant apparaît pour annoncer la mort de Georges Pompidou. A 22h15 le film est interrompu pour une édition spéciale.

Commence alors une campagne électorale où le rôle de la télévision est capital. Cette année là, 77% des foyers des Pays de la Loire possèdent un téléviseur noir et blanc, 4,7 %  un téléviseur couleur. Peu importe, l'image passe, le message aussi, les idées et candidatures se diversifient.

Ce qui compte c'est le style du candidat à la télévision 

dira Giscard d'Estaing. Il va donc donner le "La".

Nantes, 400 000 habitants, a vu sa population augmenter de 36 % en une génération. Elle change vite. C'est une capitale régionale incontournable pour les candidats. Le 1er mai 1974, avant le premier tour, Valéry Giscard d'Estaing vient y défendre sa politique sociale.

François Mitterand, deux jours avant le second tour, vient lui y parler d'un peuple de gauche et de l'avenir.

L'élection de 1974 marque un tournant dans la politique française. Elle est menée à l'américaine par Giscard d'Estaing qui l'emporte le 19 mai d'une courte avance. En Pays de la Loire, il obtient 50,81 % des voix contre 49,19% à François Mitterrand.

La gauche commence à progresser dans la région surtout dans les zones urbaines. Jean-Marie le Pen obtient 0,73 % sur le plan national.... l'histoire du Front National est en marche.





 

La présidentielle de 1981

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle François Mitterrand, harangue du haut de la tribune, le 12 avril 1981 à Dijon, ses supporters au cours du premier meeting de la campagne électorale © JEAN-CLAUDE DELMAS / AFP

1981, année du changement. L'emploi est le grand échec du septennat Giscard d'Estaing. Dans notre région, le chômage représente 7,3 % de la population active. La France bascule à gauche, comme en Pays de la Loire.

Lors des législatives de 1978 dans la région, il n'y a pas de véritable percée de la gauche, contrairement au reste de la France. Même si, en 1977 la gauche a gagné les mairies de La Roche-sur-Yon, Angers et Nantes. Nantes, où l'on commence à imaginer le retour du tramway qui sera mis en service en 1985.

En 1981, la France ne rêve plus, c'est pourquoi le marketing politique tente de rallumer les étoiles. Pour François Mitterrand ce sera la "force tranquille" L'image emblématique de  cette élection.

A l'issue du premier tour, Giscard d’Estaing arrive en première position.
Jacques Chirac est en troisième position. Mais il n'appelle pas à voter pour le président sortant. Dans la région on reste légaliste et on donne des consignes de vote. 

Le 8 mai, François Mitterrand vient à Nantes pour un dernier meeting avant le second tour. Il est porté par le souffle de la victoire. 
Il obtient en Pays de la Loire 51,76% des suffrages, Giscard d'Estaing 48,24%.

Cette élection met fin à 23 années de pouvoir de droite, la plus longue période de continuité politique en France depuis l'Ancien Régime. La France descend dans la rue pour fêter cette victoire historique. Dans la région des bals s'improvisent, partout c'est l'euphorie.








 

Le président de la République François Mitterrand s'entretient avec le maire de Nantes Jean-Marc Ayrault, le 25 janvier 1994, lors de la visite de Nantes en tramway © FRANK PERRY / AFP

1988, une élection pour le moins surprenante. Après avoir laissé planer le doute sur sa candidature à cause de sa maladie, des affaires, François Mitterrand annonce qu'il se présentera. Il se retrouve face à son premier ministre Jacques Chirac.

Sept ans après son arrivée au pouvoir, le bilan de la gauche est mitigé. Il y a bien eu des réalisations sociales importantes, le vote de l'abolition de la peine de mort mais aussi "le tournant de la rigueur".

La fin de l'état de grâce fait, qu'en 1986, la droite remporte les législatives. Dans la région, sur les 30 circonscriptions, 19 députés de droite sont élus.

Beaucoup de nouveaux députés font leur apparition : Elisabeth Hubert, qui devient la benjamine de l'assemblée nationale, et Jean-Marc Ayrault, maire de Saint-Herblain. C'est la première cohabitation de la 5ème République. Elle ne jouera pas en faveur de Jacques Chirac.

En Pays de la Loire, à la Présidentielle, François Mitterrand obtient 54,02 % des voix, Jacques Chirac 45,98 %. Un vote assez diffus entre la droite, la gauche, le centrisme, le PC, et l'extrême droite...

La gauche gagne, c'est de nouveau l'euphorie, mais la grande surprise de ce scrutin c'est le FN qui fait une percée, partout. Il arrive en 4ème position avec 14,68% des voix derrière Raymond Barre, On est bien loin des 0,75 % de 1974...
Il confirme la progression observée lors des régionales de 1986. En meeting à Nantes, Le Pen joue les oracles. Pour ce parti, la conquête du pouvoir a commencé.



Le candidat RPR à l'élection présidentielle de 1995, Jacques Chirac achète une pomme sur le marché à Gap, le 11 mars 1995, lors de sa campagne électorale © GEORGES BENDRIHEM / AFP

1995, c'est la fin de 14 ans de mitterrandisme. Contre toute attente, Jacques Chirac remporte cette présidentielle. Une gauche et une droite désunies vont s'affronter. Tandis que l'extrême droite progresse partout.

Lors de la  primaire socialiste, le 3 février 1995, c'est à Lionel Jospin qu'incombe de porter l'espérance de la gauche. Il se lance en campagne. Mais la gauche est déçue et déchirée. C’est à Rennes qu'il effectue son unique meeting dans l'ouest. A ses côtés, Jean-Marc Ayrault devenu maire de Nantes en 1989. 

A droite, ce n'est guère mieux, la guerre est ouverte entre les balladuriens et les chiraquiens, qui ont chacun leur candidat. A la Beaujoire à Nantes, Chirac viendra défendre son programme sur l'emploi.

Et dans la région, Philippe de Villiers, et son Mouvement pour la France, décide de se lancer lui aussi. Il n'obtient que 4,74 % des suffrages. Il  n'aura pas droit au remboursement de ses frais de campagne et devra solliciter des contributions financières auprès de ses sympathisants.

A l'issue du premier tour, où la région a plutôt voté Jospin et Balladur, contredisant les sondages, c'est Jacques Chirac qui est désigné pour affronter le candidat socialiste au second tour. Il l'emporte, dans la région ce sera avec 54,64 % des voix contre 47,36 à Lionel Jospin.

Les Français ont voté l'alternance. Quant au  Front National, il poursuit sa route avec 15% au premier tour, plus encore qu'en 1988...




Le président du Front National, Jean-Marie Le Pen, fait un discours, à Nantes © FRANK PERRY / AFP

2002 est un véritable séisme dans la vie politique française. Après cinq années de cohabition, Jacques Chirac et Lionel Jospin sont tous deux candidats à la présidentielle. Le second tour voit un affrontement Chirac-Le Pen. En France, et surtout dans la région, explose une immense colère.

Ce 21 avril 2002 restera comme un jour historique. Le Front National se retrouve au second tour. Dès le lendemain, la France se réveille groggy et descend dans la rue. A Nantes ils sont plus de 15 000, à Saint-Nazaire à Angers partout la mobilisation ne faiblit pas.

En Pays de La Loire, le Pen est arrivé troisième, derrière Jospin, et c'est dans la Sarthe qu'il obtient son meilleur score avec plus de 15%. Le taux d'abstention dans la région est de 17,96 %. Mais dans l'Hexagone il a dépassé les 28%. Les sondages n'ont rien vu venir. Cinq années de cohabitation droite/gauche et 16 candidats ont mis en péril la démocratie.

Du jamais vu, dans les jours qui suivent, un commissariat nantais enregistre une centaine de demandes de procurations par jour. Les Français ne veulent pas rater le second tour. Pourtant ils sont encore plus de 20% à ne pas aller voter. Le 5 mai, sans surprise,  Jacques Chirac l'emporte avec 82,21 %, mieux que Louis Napoléon en 1848. C'est le premier mandat quinquennal de la 5ème République. 

Les électeurs de gauche attendent des signes qui ne viendront pas. Lors des législatives de juin, l'UMP obtient une écrasante majorité à l'Assemblée Nationale. Sur les 29 députés des Pays de la Loire seuls quatre socialistes de Loire -Atlantique sauvent leur fauteuil.

La France s'est fait peur, le danger s'est éloigné, elle peut continuer à apprendre à compter en euros, cette monnaie mise en place le 1er janvier et qui est encore pour certains un véritable casse-tête.
 

 

Le candidat Nicolas Sarkozy lors d'un meeting en 2007 © DOMINIQUE FAGET / AFP


2007, pour la première fois une femme brigue le mandat de présidente de la République. Face à elle, Nicolas Sarkozy. Peopolisation, petites phrases au quotidien ce quinquennat est une grande nouveauté... Les temps changent, rajeunissement des électeurs, renouvellement des idées, les élections se suivent et ne se ressemblent pas.

Meeting de fin de campagne à Nantes pour Ségolène Royal avant le scrutin du 22 avril 2007. Elle vient trouver du soutien, dans cette ville chère aux candidats à la présidentielle. Sa campagne n'a pas été facile. C'est la première fois qu'une femme brigue le mandat de présidente de la République. Et elle affirme sa singularité et son désir d'avenir.

C'est au Zénith que Nicolas Sarkozy vient défendre l'identité nationale et les valeurs du travail. Sa stratégie ? Couper la route à  François Bayrou, Philipe de Villiers et Jean-Marie Le Pen, dont la percée de 2002 est toujours dans les mémoires.

L'information numérique, les réseaux sociaux, le vote électronique, plus de trois millions de nouveaux électeurs votent cette année-là. Les méthodes ont bien changé depuis 1965. Lors du premier tour, Nicolas Sarkozy passe en tête partout en Pays de la Loire, sauf en Loire-Atlantique. Troisième, François Bayrou, fera son meilleur score : 21,18 %, mieux qu'au niveau national.

Et pour le débat d'entre deux tours, animé, qui est diffusé en direct sur internet, Ségolène Royal offre cette incroyable vision d'une femme qui monte au créneau, tentant d'imposer sa vision de la politique.

Le 6 mai, Nicolas Sarkozy passe en Pays de Loire avec 53,06 % des voix, Ségolène Royal avec 46,94 %. Le taux de participation est record.

Le soir même, de violents heurts éclatent à Nantes. Commence un quinquennat charnière car plus rien ne sera comme avant. A force de banalisation du discours et de peoplisation, la fonction s'est effritée.

Aux législatives, faute d'accord, il n'y aura pas de vague bleue. La gauche remonte et les écologistes deviennent une force politique.

 

François Hollande, au soir de sa victoire le juin 2012 © FRANCK FIFE / AFP

31 ans après l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand, François Hollande désigné par une primaire citoyenne, est élu président de la République. Favori des sondages, il réussit à arriver en tête dès le premier tour face à un président sortant. Une première.

Jean-Marc Ayrault, le maire de Nantes est nommé Premier ministre. C'est la surprise et la récompense. Celle d'un engagement politique et d'un soutien inébranlable au candidat François Hollande. Après 17 ans de droite, la France vote encore pour l'alternance.

Mais cette fois, le duel gauche/droite est arbitré par l'extrême droite. Le Front National a tissé au fil des années sa toile de manière décomplexée. Ce 25 mai, aucune salle n'accepte d'accueillir le meeting de Marine le Pen. C'est sous un chapiteau à Bouguenais qu'elle se produit. Quelques jours plus tôt, Mohamed Merah a assassiné sept personnes à Toulouse. Le discours de Marine Le Pen sera sécuritaire.

Françoise Hollande tente de renouer avec la confiance alors que le climat ne s'y prête pas.

Entre la crise économique de 2008, le chômage, les attentats, les affaires, Notre-Dame-des-Landes, les révolutions au Maghreb, le rôle des médias de plus en plus numériques, l'Histoire s'emballe et la société a changé.

François Hollande l'emporte. En Pays de la Loire, il recueillera 51,13 % des voix, en troisième position Le Pen près de 18% . Aucune région n'est épargnée. François Hollande est le deuxième président socialiste de la 5ème République. Une lourde responsabilité.

Pour les jeunes, qui ont voté en majorité pour la gauche, ce 6 mai 2012 c'est un peu leur 10 mai 1981. Reste à présent, comme à chaque fois, l'épreuve du pouvoir.









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