Les apiculteurs professionnels face aux menaces qui pèsent sur les abeilles (MàJ)

Disparition de colonies d'abeilles, surcroît de travail et baisse de la production de miel. C'est dans ce contexte que des professionnels de l'apiculture se réunissent durant deux jours, à Saint-Ours-les-Roches, dans le Puy-de-Dôme. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
Disparition de colonies d'abeilles, surcroît de travail et baisse de la production de miel. C'est dans ce contexte que des professionnels de l'apiculture se réunissent durant deux jours, à Saint-Ours-les-Roches, dans le Puy-de-Dôme. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

Disparition de colonies d'abeilles, surcroît de travail et baisse de la production de miel... C'est dans ce contexte que des professionnels de l'apiculture se réunissent durant deux jours, à Saint-Ours-les-Roches, dans le Puy-de-Dôme.

Par Sandrine Montéro

La Fédération Française des Apiculteurs Professionnels parle de "circonstances alarmantes" pour l'apiculture dans l'Hexagone. Selon le syndicat, dans les campagnes, "on assiste chaque année à la disparition de la moitié des colonies d'abeilles", les apiculteurs professionnels devenant des "multiplicateurs de cheptel afin de remplacer les pertes".

C'est dans ce contexte que le syndicat, créé en janvier 2009, tient son assemblée générale, les 8 et 9 novembre, à Saint-Ours-les-Roches, dans le Puy-de-Dôme. La structure qui regroupe exclusivement des professionnels de l'apiculture (plus de 150 ruches) oeuvre pour la reconnaissance de l'apiculture comme métier. 

Selon FranceAgriMer, la France comptait 1 150 000 ruches et 70 000 apiculteurs en 2010, les apiculteurs professionnels représentant environ 2 % des effectifs, et exploitant la moitié du cheptel.

Une filière apicole qui doit composer avec diverses menaces, caprices climatiques, pesticides, pollution, perte de biodiversité, attaques du varroa (un acarien) et de nombreux prédateurs comme le frelon asiatique. Selon un rapport des Nations-Unies, en 2011, la mortalité des abeilles a atteint 10 à 30% du cheptel ces dernières années en Europe, 30 % aux Etats-Unis et plus de 85 % au Moyen-Orient.

Face à tous ces aléas, beaucoup de petits apiculteurs "familiaux" finiraient par se décourager, le nombre de ruches est d'ailleurs en net recul en France. Tout comme la production de miel. Selon un audit diffusé en septembre dernier par l'établissement national de l'agriculture et de la mer, elle a baissé de 28% entre 2004 et 2010, pour s'établir à un peu plus de 18.000 tonnes il y a deux ans.

Insuffisant pour répondre aux besoins des consommateurs français, qui avalent 40 000 tonnes de miel par an. Les importations sont en hausse constante.

Pour la Fédération Française des Apiculteurs Professionnels, l'apiculture professionnelle est à un tournant. A travers "le plan action abeille", le ministère de l'agriculture "semble se rendre compte que sans professionnels pour entretenir un nombre de ruches important, c'est la survie de l'abeille sur le territoire national qui est menacée", affirme le syndicat. Un syndicat qui veut croire en l'avenir de la filière en milieu rural. Et qui rappelle notamment le rôle primordial des abeilles dans la pollinisation. 

Les néonicotinoïdes en ligne de mire... Pour la Fédération Française des Apiculteurs Professionnels, la surmortalité des abeilles serait liée principalement à l'utilisation de ces insecticides, qui agissent sur le système nerveux central des insectes, et dont fait partie le Cruiser, un pesticide dont l'usage sur le colza a été interdit en France, dernièrement. Mais le syndicat attend davantage des pouvoirs publics. Il demande une réévaluation de la dangerosité de ces produits phytosanitaires.

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