Les agriculteurs de la région Auvergne Rhône-Alpes appellent les restaurateurs au secours

Touchée par la crise, la filière viande de la région Auvergne-Rhône-Alpes lance un appel aux restaurateurs et leur demande de consommer français pour sauver le secteur. Pendant la crise, les éleveurs ont été durement touchés.

La filière veau a été très impactée par la crise sanitaire.
La filière veau a été très impactée par la crise sanitaire. © A.SCIARD/MaxPPP

C'est un appel au secours. Les producteurs de viande de la Région interpellent les restaurateurs : « consommez français » ! Alors que dans les cuisines, les chefs font à nouveau chauffer les poêles, les éleveurs comptent sur eux pour sauver la filière. « Il est primordial que cette reprise s’axe en favorisant les produits agricoles français, plutôt que des produits importés. C’est une nouvelle dynamique qui doit s’enclencher, tant pour soutenir nos filières agricoles, que pour répondre aux attentes des consommateurs », affirme la FRSEA dans un communiqué.

Le réflexe du consommer français

« On s'est rendus compte que la restauration passait plus de 50% de ses commandes à l'étranger », explique Jonathan Janichon, responsable de la filière bovine à la FRSEA. Les cuisiniers français, mauvais élèves du consommer local ? « Depuis 20 ans, nous avons mis beaucoup de pression sur les supermarchés pour qu'ils vendent enfin de la viande française, et les consommateurs ont fini par changer de comportement. Nous n'avons pas fait ce travail-là avec la restauration, et pourtant les français sont demandeurs », ajoute l'agriculteur.

Les chambres d’agriculture ont présenté au début du mois leur plan de relance de l’agriculture. La consommation locale en était un axe majeur. Déjà, les agriculteurs demandaient l'appui des pouvoirs publics, et notamment des collectivités pour privilégier les circuits courts.

Aujourd'hui, nous demandons aussi aux restaurateurs de participer à cet effort de consommation française pour sauver la filière

La filière veau, très impactée

Car certaines filières ont été très impactées par la crise. C'est le cas du veau. Baisse de la consommation, baisse des prix, retard d'abattages, certaines exploitations auront du mal à s'en remettre. « On travaille bien sûr avec les grandes surfaces et les boucheries mais aussi avec les restaurateurs. Et pendant le confinement, la restauration s'est arrêtée nette, les veaux qui avaient été mis en place pour satisfaire ces marchés n'ont pas trouvé preneur », explique Angélique Delaire, éleveuse dans le Puy de Dôme.

Et la fermeture de ce débouché n'a pas été rattrapée par les achats domestiques. Conséquence, des stocks de viande congelés et des retards à l'abattage. Un surplus que l'on estime à 25 000 têtes en France.

Angélique Delaire, par exemple, fait de l'intégration. Elle récupère des veaux nourrissons et les nourrit, les soigne, jusqu'à qu'ils soient prêts pour l'abattage. D'ordinaire, elle garde les bêtes 75 jours. A cause du confinement, elle les a gardés une vingtaine de jours en plus. « Cela représente plus de travail, plus de soins, il a fallu repenser le plan d'engraissement des animaux », explique-t-elle. Et d'ajouter :

Nous avons besoin que les restaurants consomment de la viande française, pour pouvoir écouler les stocks et garder des éleveurs dans notre région

Les bêtes d'Angélique Delaire sont reparties et elle en attend de nouvelles. Mais elle espère que la situation sera rétablie avant décembre pour ne pas cumuler de nouveaux retards.

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