Le patrimoine de la soierie de l'Ain, jusqu'ici délaissé, suscite l'intérêt des Japonais. Au 19e siècle, le Japon a hérité de ce savoir-faire pour développer sa propre soierie.

L'intérêt nippon est tel que l'avenir touristique de l'Ain pourrait bien y trouver un nouveau souffle.

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Episode 1 : A Tomioka, l'héritage historique de la cuivrerie de Cerdon

Au XIXe siècle, le Japon cherche à développer son industrie de la soie. Pour bénéficier du savoir-faire français, reconnu alors mondialement, la ville de Tomioka fait appel à la cuivrerie de Cerdon, dans l'Ain.

En 1872, Tomioka commande 150 machines qui permettront aux Japonais de dévider les cocons de soie avec une méthode révolutionnaire, et qui contribueront à la prospérité de l'industrie de la soie niponne. 

Maurice Goy, directeur de la cuivrerie de Cerdon, a fait le déplacement pour découvrir la dernière machine du Japon qui fut fabriquée dans l'Ain. / © France 3 / Béatrice Tardy
Maurice Goy, directeur de la cuivrerie de Cerdon, a fait le déplacement pour découvrir la dernière machine du Japon qui fut fabriquée dans l'Ain. / © France 3 / Béatrice Tardy

Une manne touristique pour l'Ain


Au Japon, l'histoire de cette soierie, inscrite au Patrimoine Mondial de l'Humanité, suscite un intérêt touristique exceptionnel. Chaque jour, plus de 6.000 personnes visitent la soierie de Tomioka. Un intérêt dont compte bien profiter le département de l'Ain, en valorisant à son tour la cuivrerie de Cerdon. Le département l'a achetée et y investira au total plus de 3 millions d'euros, avec la Région et des partenaires privés, pour en faire un musée.

Les Japonais souhaitent développer un pacte touristique avec le futur musée de Cerdon. La petite cuivrerie verra peut-être un jour affluer des cars entiers de touristes japonais à ses portes. A terme, le département de l'Ain caresse un autre espoir, encore plus ambitieux : voir la cuivrerie de Cerdon, comme celle de Tomioka, être à son tour inscrite au Patrimoine Mondial. 

En 2018, on fêtera les 160 ans de diplomatie entre la France et le Japon, c'est l'événement "japonisme 2018" avec de nombreuses manifestations à Paris et à Lyon. Une occasion supplémentaire pour les touristes japonais, peut-être, de rayonner jusque dans l'Ain ? 

Episode 1 (Béatrice Tardy et Benjamin Metral - Montage : François Rudolf)

Episode 2 : les soieries Bonnet, un patrimoine exceptionnel tissé avec les japonais

L'organisation de la filature de Tomioka, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, et qui date de 1872, était directement inspirée de celle des soieries Bonnet, situées à Jujurieux dans l'Ain. Selon des indices concordants, les japonais se sont inspirés de l'organisation et des méthodes de travail de la maison française. C'est d'ailleurs un français qui a conçu la filature de Tomioca.

Toute la journée, dans la filature de Tomioka, des centaines de jeunes filles dévidaient les cocons de soies, tout comme le faisaient leurs lointaines consœurs à Jujurieux. La soie a été une source d'inspiration à l'international, et d'échanges commerciaux constants. La maison de soierie Bonnet vendait en effet directement des tissus lyonnais aux japonais. Au début du 20ème siècle, elles dessinaient des modèles exclusifs pour les japonaises.

L'attrait touristique nippon pour la Soie


Nathalie Foron-Dauphin, Responsable scientifique des soieries Bonnet, travaille depuis 10 ans avec la ville de Tomioka au Japon. Là-bas, une exposition commune a attiré plus de 110 000 visiteurs. Dans l'Ain, les soieries Bonnet n'attirent que 6 000 visiteurs par an. Un chiffre qui pourrait exploser avec l'arrivée des cars de Japonais, lorsque le pacte touristique entre Tomioka et le département de l'Ain sera scellé. 

Episode 2 (Béatrice Tardy et Benjamin Metral - Montage : François Rudolf)

 

Episode 3 : le tourisme de la Soie dans l'Ain

En novembre, un voyage est organisé pour les premiers touristes japonais dans l'Ain. Ils visiteront notamment la cuivrerie de Cerdon, alors qu'elle n'est pas encore réhabilité. Au Japon, les hauts-lieux du patrimoine de la soierie de l'Ain sont évidemment encore méconnus, mais ceux qui connaissent son histoire commune avec la ville de Tomioka sont impatients de découvrir les soieries Bonnet et le futur musée de la cuivrerie de Cerdon.

Le consul du Japon à Lyon pense que "beaucoup de touristes japonais peuvent être intéressés" par le futur musée de la cuivrerie de Cerdon. Le pacte qui va sceller le lien historique entre la tisserie de Tomioka et la cuivrerie de Cerdon, ainsi qu'avec les soieries Bonnet, pourrait amener un flot considérable de touristes dans l'Ain, qui ne capte actuellement que 4% de ce flux. 
 
Episode 3 (Béatrice Tardy et Benjamin Metral - Montage : François Rudolf)

 

Episode 4 : Le Cerdon, nouvel apéritif au Japon ?

Au Japon, les vins et champagnes français sont toujours plébiscités. Méconnu, le Cerdon tente de se trouver une place entre le Beaujolais et le Bourgogne, dans le cœur des japonais.

En faisant appel au savoir-faire de l'Ain dans leur industrie de soierie, les japonais ont aussi découvert le vin de Cerdon. Moins cher que le champagne, mais pétillant, il plaît notamment aux jeunes femmes japonaises, selon un restaurateur. "Il est sucré, et un peu acide à la fois, c'est un peu comme le premier amour", affirme un autre. 

Pour souligner le lien fort entre l'Ain et Tomioka, le maire de Tomioka affirme qu'il va créer un arrêté municipal pour trinquer avec du Cerdon, et non plus avec de la bière ! Le Cerdon pourrait ainsi devenir bien plus qu'un "premier amour" pour les japonais...

Episode 4 (Béatrice Tardy et Benjamin Metral - Montage : François Rudolf)
Episode 4 : Le Cerdon, nouvel apéritif au Japon ?

Episode 5 : le seul Bouchon lyonnais étoilé du monde est... A Tokyo

Pour le dernier épisode de notre série japonaise, petite escapade dans le seul Bouchon lyonnais étoilé au monde. Il se trouve à 12 000 km de Lyon, dans le quartier français de Tokyo !

Portrait de son chef, Christophe Paucod. Né à Vénissieux, il est arrivé il y a 20 ans au Japon. Il ne transige pas avec sa cuisine : pas question pour lui de la dénaturer avec les saveurs typiquement japonaises. 

Christophe Paucod a obtenu son étoile du guide Michelin il y a 7 ans, grâce au raffinement de sa cuisine et à une équipe japonaise convertie à son savoir-faire.


Episode 5 (Béatrice Tardy et Benjamin Metral - Montage : François Rudolf)