Incendie de la route de Vienne : "on se demande pourquoi on est là", le procès en appel ravive la douleur des familles des victimes

Le procès en appel de l’incendie mortel de la route de Vienne s’est ouvert ce mercredi 27 mars. Les deux gérants de la boulangerie ravagée par l’incendie criminel qui a coûté la vie à Clara et sa fille de quatre ans, comparaissent devant les Assises de Bourg en Bresse.

"Tout a été dit, tout a été débattu, le verdict est tombé. Et puis on jette de nouveau les dés sur la table, mais on ne sait pas pourquoi" témoigne Véronique Lacroix, la mère de Clara, décédée avec sa fille de quatre ans dans l’incendie de la route de Vienne. Au premier jour du procès en appel, la douleur des familles des victimes est toujours là, cinq ans après. Le 9 février 2019, vers 20h30, l'explosion d’une boulangerie au 125 route de Vienne provoque un violent incendie qui se propage rapidement aux étages supérieurs. Au premier étage, Clara Mocquot, enceinte de huit mois, et sa fille Anna, quatre ans, sont prises au piège des flammes. Seul le père de famille, Julien D’Antonio, parvient à survivre au drame en se jetant par la fenêtre. 

Très vite, la piste criminelle est privilégiée : la boulangerie appartient à deux associés, Zouhaier B et Zouhir H, qui croulent alors sous les dettes. Les deux hommes auraient donc organisé un incendie pour escroquer leur assurance. Pour ce faire, ils font appel à un troisième individu, Adel B, qui a fui le lendemain du crime en Tunisie. En juillet 2019, les deux hommes sont mis en examen pour destruction par moyen dangereux ayant entraîné la mort et tentative d’escroquerie à l’assurance, afin d’être condamné respectivement à 19 et 17 ans de réclusion en première instance lors du procès qui s'est tenu en février dernier. L’incendiaire présumé, sous le coup d’un mandat d’arrêt international, a lui été condamné à 15 ans par la justice tunisienne, et à 20 en France, où il était jugé par contumace.

Pour la famille de Clara et Anna, ce nouveau procès n’a aucun sens. "L'absence de ma fille et de ma petite fille est toujours là, rien n’a changé. On se demande pourquoi on est là. Pour nous, c’est un peu une torture, quand on ne donne pas beaucoup d’importance aux choses, c’est difficile" confie Véronique Lacroix.

Le procès en appel représente en revanche un espoir pour les deux accusés, qui ont toujours affirmé ne pas avoir commandité le crime. "Nous sommes là pour participer à un débat, à un procès équitable. Concernant notre client, Monsieur B, les preuves sont tellement ténues et sa protestation d’innocence tellement vive que je pense qu’un acquittement serait une solution de justice" a affirmé François Saint-Pierre, l’avocat de Zouhaier B.

Afin de permettre de faire toute la lumière sur le drame tragique, les avocats de la défense ont demandé que soient reproduites les déclarations d’Adel B lors de ce procès en appel, dont il est toujours le grand absent.

Le verdict en appel est attendu pour le 5 avril prochain, après une dizaine de jours de procès.