Allier : à la découverte du conservatoire des cépages anciens de Saint-Pourçain

Le vignoble de Saint-Pourçain dans l’Allier a depuis 1995 un conservatoire des anciens cépages. / © Pascal Franco / France 3 Auvergne
Le vignoble de Saint-Pourçain dans l’Allier a depuis 1995 un conservatoire des anciens cépages. / © Pascal Franco / France 3 Auvergne

Le vignoble de Saint-Pourçain dans l’Allier a depuis 1995 un conservatoire des anciens cépages. Plus d'un hectare de vigne au pied du château de Chareil-Cintrat. Il préserve la mémoire du vignoble.
 

Par Catherine Lopes

Le conservatoire des anciens cépages du pays de Saint-Pourçain se trouve dans l’Allier, au pied du château du Chareil-Cintrat, un site classé datant du 16e siècle. Le conservatoire s’étend sur plus d’un hectare de vignes plantées à flanc de colline. C'est Jean Deschatres, ancien vigneron, qui assure les visites.

Créé en 1995

Il est incollable, notamment sur les différentes techniques de la taille de la vigne, qui ont évolué avec le temps, pour favoriser soit la production, soit la qualité, soit l'utilisation des machines. Le président du conservatoire des cépages anciens explique : « L’association du conservatoire a été créée en 1995, et les vignes ont été plantées de 1997 à 2002 par tous les vignerons sans exception ». Dans ces vignes Jean Deschatres retrouve l'aspect du vignoble de sa jeunesse. Il raconte : « Il n’y avait pas de distinction : que ce soit un ouvrier agricole, un ouvrier d’usine, un patron ou autre chose, tout le monde avait sa vigne ».

Fréquenté par des vignerons

Le conservatoire est aussi fréquenté par les vignerons. Ici on trouve les 5 cépages autorisés et utilisés depuis 10 ans par le cahier des charges de l'AOC. En rouge, le Gamay et le Pinot noir, en blanc, le Chardonnay, le Sauvignon et le Tressallier, une variété locale. Il y a  aussi ici un dizaine de variétés pour l'instant abandonnées. Elles pourraient, un jour revenir sur le devant de la scène, comme le Saint-Pierre Doré. Jean-Michel Ferrier, président du syndicat des viticulteurs de Saint-Pourçain-sur-Sioule, souligne : « Ils sont complètement d’actualité avec le réchauffement climatique. On voit très bien que le Saint-Pierre doré arrive à maturité un peu plus tardivement que les autres, le Tressallier ou le Chardonnay. On arrive à faire du vin tout à fait honorablement aujourd’hui ».

Les raisins vinifiés depuis 2006

Les raisins issus des cépages anciens, pour l'instant abandonnés, sont vinifiés depuis 2006. Un assemblage de cépages blancs est né, la « cuvée du conservatoire ». La production est d'environ 1 200 bouteilles chaque année. Jean Deschatres poursuit : « J’ai reçu un groupe d’œnologues qui descendaient chercher leurs collègues à Lyon. Ils ont été épatés de trouver cette multitude de cépages dans la bouteille, en blanc. C’était une surprise grandiose ».

L'importance de l'oenotourisme

Ce conservatoire des cépages anciens est un atout pour l'Union des vignerons du Saint-Pourcinois. Un nouvel endroit pour une pratique en plein développement : l'oenotourisme. Frédéric Germain, directeur de l'Union des vignerons de Saint-Pourçain, conclut : « Les gens sont demandeurs. Avant même d’aller déguster le vin, l’oenotourisme est une porte d’accès à la connaissance du vin. Aujourd’hui on vient découvrir le vin par l’oenotourisme. Pour moi, le Conservatoire a tout son sens et fait partie intégrante de l’oenotourisme pour Saint-Pourçain ». La fréquentation du conservatoire des cépages anciens est variable d'une année sur l'autre, avec entre 300 et 600 visiteurs par an.
 

 

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