Le saviez-vous ? La chanson « The fool » de Gilbert Montagné est née dans l’Allier

Gilbert Montagné n’a que 20 ans lorsqu’il connaît le succès avec « The fool ». Mais ce tube de 1971 a une histoire incroyable, née dans l’Allier. L’artiste nous raconte sa création et les liens qui l’unissent à ce département.

Gilbert Montagné est né à Paris mais a des liens forts avec l'Allier.
Gilbert Montagné est né à Paris mais a des liens forts avec l'Allier. © Christian Kerf

Des millions d’albums vendus à travers le monde. Des tournées interminables. Gilbert Montagné fête cette année ses 50 ans de carrière. Malgré de nombreux voyages, il n’en oublie pas pour autant ses racines, dans le département de l’Allier. Tout a commencé pour lui à Saint-Léon. Il raconte : « Mes liens avec le département de l’Allier sont assez forts, dans le sens où, dès l’âge de 2 ans, je venais plusieurs fois par an chez ma grand-mère, à Saint-Léon, un petit village de l’Allier, très charmant. C’est là que j’ai touché mes premiers animaux quand j’étais petit, là où les agriculteurs du coin m’ont fait découvrir la nature, l’odeur d’un clapier. J’aime bien ça les lapins. Ce sont mes premières leçons de choses. Ma grand-mère avait des volailles. Tous les matins, on allait chercher les œufs. Ce sont des détails qui pour moi comptent. J’aimais bien ça. J’ai appris à endormir une poule ».
 

L'histoire de "The fool"

Gilbert Montagné poursuit : « Je garde plein de souvenirs, d’abord la liberté. La liberté de se promener sur des petits chemins où il n’y avait pas de voitures. La liberté d’écouter un chant d’oiseau ». Ce chant d’oiseau est à l’origine de la création de « The fool », le premier tube qui a permis de révéler l’artiste, qui n’est alors âgé que de 20 ans. Tube de l’année 1971 dans le monde entier, la chanson figure sur un album réalisé à Londres au studio Trident, avec les musiciens de Joe Cocker et les cordes d'Elton John puis au château d'Hérouville par Dominique Blanc-Francard. Pourtant, tout a commencé dans l’Allier : « Par ce chant d’oiseau, il m’est arrivé une aventure incroyable avec « The fool ». J’avais 16 ans et j’ai entendu un petit oiseau qui chantait sur le chemin de la Bologne, à Saint-Léon. C’est un petit chemin que j’empruntais toujours seul. A un moment donné, il y a un étang et on entend l’eau au loin. C’était d’ailleurs l’étang où ma grand-mère lavait le linge. Je me rappelle très bien le bruit du battoir. Il y avait cet oiseau qui chantait. Je suis parti de ces premières notes. Immédiatement, la mélodie m’est apparue. Je n’avais pas de cassette, je n’avais rien mais la mélodie était faite. Le problème est que je n’avais rien pour l’enregistrer. Est-ce que j’allais m’en souvenir, quelques semaines après, en rentrant à Paris ? Eh bien oui. Je m’en suis souvenu. Trois ans après, on a sorti « The fool ». C’est cette mélodie-là. La chanson a 50 ans ce mois-ci. On a réédité l’album original qui n’était plus sur le marché. J’ai aussi inséré une version différente de « The fool », plus groove. Je l’appelle « The fool in love » ».
 

Le souvenirs de sa grand-mère 

Il avait un lien très fort avec sa grand-mère : « Ma grand-mère avait appris l’histoire de France dans les champs, en gardant les oies. Elle racontait l’histoire de France comme personne. C’était une cuisinière dans les châteaux, jusqu’à Paris et dans les demeures bourgeoises. Elle me racontait les relations qu’elle avait avec les petits-enfants des familles bourgeoises. Ils l’adoraient car elle leur préparait des gâteaux, des chocolats. C’est une femme qui a eu beaucoup de souffrances dans sa vie. Mais elle montrait son affection par des signes différents. Par exemple, elle savait que j’aimais beaucoup les pêches au sirop en bocaux qu’elle préparait. J’en avais toujours quand j’arrivais. Elle achetait des gâteaux auprès de l’épicier qui passait en camion deux fois par semaine, et pour sa chienne Bobette ».

On arrivait à Moulins à 13h09. On attendait le car jusqu’à 18h30

En dépit des tournées et des concerts, l’auteur des « Sunlignts des tropiques » n’a pas relégué au second plan son département d’origine : « Dans l’Allier, j'ai toujours une maison. Nous venons aussi souvent que l’on peut. J’ai des bons amis là-bas .Ma sœur y vient aussi souvent. Saint-Léon est un village qui compte beaucoup pour moi. Ma maison est à 10 km de celle de ma grand-mère. Ce n’était pas toujours facile d’accès pour y aller. On arrivait à Moulins à 13h09. On attendait le car jusqu’à 18h30. Je me mettais toujours dans le car, près du chauffeur. Il me racontait les histoires de la région. J’ai toujours eu un appétit pour la communication ».

Les liens avec les habitants

Il a réussi à tisser dans le Bourbonnais des liens très forts avec les habitants, au fil des années : « Dans l’Allier, j’apprécie l’artisanat agricole, les bons produits, les volailles, le beurre de ferme, la nature, la qualité de l’air, le silence. J’aime aussi le vrai rapport avec les gens. Ils ont l’habitude de me voir depuis l’enfance. On a un bon rapport avec les commerçants du village. Ils sont importants pour moi. Je les tutoie tous. On se connaît bien. Je n’ai jamais rompu les liens qui me rattachent à ce département. Je voyage beaucoup mais j’aime bien revenir dans l’Allier. Je vais y revenir après mes concerts ».

 Je me sens plus Bourbonnais qu’Auvergnat

Le musicien confie : « Je me sens plus Bourbonnais qu’Auvergnat. Je connais bien l’Auvergne car j’y ai joué souvent. C’est l’un des endroits où j’étais musicien, dans un orchestre de bal. On allait toutes les semaines dans les petits villages d’Auvergne. On venait tous de Paris. Toutes les semaines, on faisait le voyage : Vic-le-Comte, Vic-sur-Cère… On se réunissait à Clermont-Ferrand, place de Jaude, à 3 heures du matin, chez Gem, le fameux café de Raphaël Geminiani. J’ai aussi un attachement pour l’Auvergne mais je connais mieux le Bourbonnais. Quand je suis sur scène en Auvergne mais surtout dans l’Allier, je ressens un éclair de l’âme. Je pense à mes parents. Je pense à mes racines ».

Retrouver la scène

Après une longue pause due à la crise sanitaire, Gilbert Montagné va bientôt retrouver la scène : « J’ai beaucoup souffert du confinement avec 18 mois d’interruption. Mes musiciens et moi n’en pouvions plus. On reprend les concerts à partir de juillet et d’août. Et après on y va. Il était temps que je retrouve la scène. C’est ce que j’adore, là où j’aime me révéler. Je crois qu’un artiste doit faire autre chose s’il ne se révèle pas sur scène. J’adore ça. Je compose. Il n’est pas impossible que je fasse un album de titres originaux. C’est très probable. J’ai la chance de ne plus être sous pression, dans la course aux hits. Si ça se passe, ça se passe et sinon ce n’est pas grave du tout ».

50 ans de carrière

Il garde beaucoup de recul par rapport à la longévité de sa carrière : « Je ne cherche pas trop à m’expliquer les choses. Depuis 50 ans, j’ai l’amour du public et c’est merveilleux. Les disques d’or, c’est très important. J’en ai eu bien sûr. « The fool » a été numéro 1 dans 12 pays au monde. Les belles récompenses viennent du public Donc ça c’est bien ». Gilbert Montagné sera notamment le 3 juillet à Brignoles et le 14 juillet à Montélimar. Il interprètera tous ses plus grands succès, et sans doute « The fool », son premier succès né du chant d’un petit oiseau de l’Allier.

Retrouvez ci-dessous l'intégralité de son interview.

Gilbert Montagné raconte ses souvenirs dans l'Allier

 

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