RCEA : Eiffage et APRR désignés concessionnaires de la future autoroute A79 dans l’Allier

Dans l'Allier les travaux de transformation de 100 km de la RCEA en autoroute seront concédés à Eiffage et la gestion de l'A79 à APRR. / © Thierry Zoccolan - AFP
Dans l'Allier les travaux de transformation de 100 km de la RCEA en autoroute seront concédés à Eiffage et la gestion de l'A79 à APRR. / © Thierry Zoccolan - AFP

Du nouveau dans le dossier de la RCEA, dans l'Allier : le groupement ALIAE (Autoroute de Liaison Atlantique Europe), composé des sociétés Eiffage et APRR, a été désigné concessionnaire de la future autoroute A79 par décret ministériel publié au Journal Officiel le 15 mars 2020.

Par Anne-Claire Huet

C’est une décision qui était attendue depuis longtemps dans l’Allier pour la RCEA (Route Centrale Europe Atlantique). Depuis le 15 mars, c’est officiel. ALIAE est le concessionnaire de la future A79 entre Sazeret (Allier) et Digoin (Saône-et-Loire), soit 89 kilomètres à mettre au standard autoroutier, et notamment en 2x2 voies.

124 décès entre 2008 et 2017


Le projet de mise en sécurité de la RCEA avec un aménagement à 2x2 voies sur tout son trajet remonte à 1983. Trente-sept ans plus tard, cet objectif n’est toujours pas atteint. Pourtant, l’axe voit passer entre 10 000 et 15 000 véhicules par jour, essentiellement des poids lourds. Il est particulièrement accidentogène. Rien qu’entre 2008 et 2017, 124 personnes sont mortes sur la portion entre Montmarault et Mâcon. 

Le contrat de concession d’une durée de 48 ans porte sur le financement, la conception, l’aménagement, l’élargissement, la mise au standard autoroutier ainsi que l'exploitation, l’entretien et la maintenance du tronçon de 89 kilomètres de l’actuelle RN 79. Petite particularité : les classiques barrières de péage seront remplacées par six portiques qui s’égrèneront le long du parcours. Un péage dit en « flux libre » qui permet d’identifier chaque véhicule et de collecter les informations nécessaires à la perception du péage.  Le chantier d’une durée de deux ans devrait débuter en mai et coûter 548 millions d’euros. 

Pour le chantier, ALIAE a pour objectif de recruter 400 personnes en privilégiant l’emploi local. Plusieurs « job dating» ont déjà été organisés localement dès le mois de novembre 2019. En tout, 10 % des heures de travail devront être réservées à des personnes en insertion (chômeurs de longue durée, travailleurs handicapés…).

Des aménagements suite au confinement


En attendant, deux enquêtes publiques ont démarré lundi 23 mars. La première concerne l'exploitation d'une carrière de sable et de gravier pour le chantier à Toulon-sur-Allier. La seconde porte sur une demande d'autorisation environnementale; il faut que le chantier respecte la loi sur l'eau, les espèces et les habitats protégés et surtout que son impact soit limité dans la réserve naturelle nationale du Val d'Allier et la zone Natura 2000 que l'autoroute va traverser.

Coronavirus oblige, ces deux enquêtes sont entièrement dématérialisées et accessibles à cette adresse : www.publilegal.fr/enquetepublique/enquetesEnCours. Le dossier est également consultable sur le site internet de la préfecture de l'Allier et les avis peuvent être envoyés à cette adresse : pref-avis-public@allier.gouv.fr. Toutes les réunions publiques prévues ont été annulées. 

Dans le même temps, le chantier de raccordement de l'A71 à la RCEA (future A79), à hauteur de l'échangeur de Montmarault (Allier) est à l'arrêt à cause des mesures de confinement pour lutter contre le coronavirus. APRR ignore encore quand il pourra reprendre.
 

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