Ardèche : la construction d'une "imposante" église déclenche une polémique

Les 400 habitants de Saint-Pierre-de-Colombier (Ardèche) se déchirent autour de la construction "gigantesque" église à l'initiative d'une communauté religieuse locale. Il s'agit d'une  une église d'une capacité d'accueil de 3.500 personnes, trois fois celle de Fourvière à Lyon.

Dans leur vallée encaissée d'Ardèche, les 400 habitants de Saint-Pierre-de-Colombier se déchirent autour de la construction d'une gigantesque église lancée à l'initiative d'une communauté religieuse locale. Un conflit marqué par des années de procédures judiciaires, de "pressions" disent certains, et des stigmates qui se lisent encore sur les murs: "Non aux cathos intégristes, non à la basilique".
 

Une capacité d'accueil trois fois plus importante que Fourvière à Lyon

La "basilique" est en réalité une église d'une capacité d'accueil de 3.500 personnes, trois fois celle de son homologue de Fourvière à Lyon. 
L'initiateur du projet est la Famille missionnaire de Notre-Dame, une communauté catholique créée dans le village après la Seconde Guerre mondiale. Reconnue par l'Eglise et l'Etat, la congrégation compte aujourd'hui un peu plus d'une centaine de membres. 

Chaque mois de décembre, sur deux week-ends, 2.000 personnes viennent en pèlerinage à Saint-Pierre-de-Colombier. C'est notamment pour les accueillir que la congrégation souhaite construire son sanctuaire, Notre-Dame des Neiges, ainsi que des bâtiments d'hébergement.
Mais, du fait de sa localisation au coeur du Parc naturel régional des Monts d'Ardèche, la construction de 50 mètres de hauteur fait grincer des dents les défenseurs de l'environnement.

"C'est encore un sol qui va être artificialisé : c'est le seul pré plat du village et un hectare et demi va être bétonné", dénonce Adrien Ledunois, représentant de la Confédération paysanne. 

 A la tête d'une abbaye qui porte le même nom que la future église du village (Notre-Dame des Neiges), L'abbé Hugues Chapelain assure ne pas s'opposer à la congrégation mais regrette ses méthodes.
 

Une bataille politique 

Tous les six ans, cette bataille autant culturelle qu'idéologique et religieuse se livre aussi dans les urnes. Depuis mars 2001, Gérard Fargier est élu à la mairie. Deux-tiers des votants le soutiennent (258 voix en 2014), dont la moitié sont des membres de la communauté religieuse.
"Ils sont domiciliés ici, même s'ils vivent dans d'autres foyers", s'indigne un habitant du village hostile au projet et membre de l'opposition aux dernières
élections. "On tourne un peu partout en France mais notre maison-mère se situe ici. Il n'y a rien d'illégal", relève pour sa part un fidèle. 
Mais pour le reste, la communauté reste silencieuse. "A la demande de l'évêque, nous ne répondons plus aux questions des journalistes", explique-t-elle par courriel.
 

Les travaux sont bien engagés 

Le 12 décembre 2018, la mairie a délivré le permis de construire à la congrégation. Bien que l'évêque de Viviers n'ait toujours pas donné son accord officiel pour la construction de cette église, la première tranche des travaux est déjà bien engagée. Dans le lit de la rivière, deux piliers d'une future passerelle ont déjà été bâtis.
Les opposants dénoncent des irrégularités sans pour autant intenter un recours. Dans les bureaux du Parc naturel régional, un avocat continue d'étudier les possibilités d'une bataille juridique. "Mais ça semble mal parti", reconnaît Alain Gibert, vice-président de la structure.
 
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