Ardèche : un aigle royal abattu, la Ligue de Protection des Oiseaux porte plainte

Publié le Mis à jour le
Écrit par Mathieu Boudet
L’aigle, abattu mystérieusement, avait été équipé d’une balise GPS en juin dernier par une équipe de la LPO pour suivre le domaine qu'il couvrait.
L’aigle, abattu mystérieusement, avait été équipé d’une balise GPS en juin dernier par une équipe de la LPO pour suivre le domaine qu'il couvrait. © Vincent Ollivier / Maxppp

Un aigle royal a été retrouvé mort, "criblé de plombs", en Ardèche, a signalé la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) vendredi 22 octobre. L'association va porter plainte pour "destruction d'espèce protégée".

La Ligue de protection des oiseaux (LPO) a annoncé, vendredi 22 octobre, qu'elle allait déposer une plainte auprès de l'Office français de la biodiversité, après avoir constaté le décès d'un aigle royal fin septembre, près du Mont Mézenc (Ardèche), visiblement tué par balles.

 

Il était équipé d'une balise GPS

L'oiseau, un des rares de cette espèce présents en Ardèche, avait été équipé au printemps d'une balise GPS pour un suivi scientifique. Il s'agissait de mieux connaitre le domaine vital d'un couple d’aigles royaux, installé depuis quelques années près du Mont Mézenc. L’unique jeune avait donc été bagué et équipé d’une balise GPS en juin. Fin septembre, l’équipe qui le suivait constate que l'oiseau est immobile depuis plusieurs jours. "Alerté par ce comportement inhabituel, la LPO s’est rendue sur place et a retrouvé le cadavre de ce jeune aigle royal", explique Louis Granier, le président de la délégation territoriale de la Ligue de protection des oiseaux en Drôme Ardèche. L'oiseau a ensuite été emmené chez le vétérinaire, qui a déterminé grâce à une radio qu'il était criblé de plombs.

 

Le braconnage des rapaces : une réalité qui perdure au 21ème siècle

La LPO a donc décidé de porter plainte contre X, et se constitue partie civile, pour dénoncer cet acte illégal contre une espèce patrimoniale européenne protégée, et demande une enquête approfondie. "Ce nouveau cas de destruction d’un aigle royal, après la destruction de gypaètes barbus par empoisonnement en Vanoise, est absolument inadmissible. Les rapaces sont tous protégés depuis la loi de 1976. Nous souhaitons que les auteurs des faits soient identifiés et que des condamnations fortes soient prononcées," explique Marie-Paule de Thiersant, présidente de la LPO Auvergne-Rhône-Alpes. La LPO découvre régulièrement des rapaces victimes de braconnage : faucons pèlerins, milans royaux, gypaètes barbus, aigles royaux… Mais ses actions en justice sont rarement couronnées de succès.
 

Seulement cinq couples en Ardèche

Cinq couples d'aigles royaux vivent actuellement en Ardèche. Ces oiseaux sédentaires, majestueux rapace de montagnes, nichent dans des habitats rupestres comportant des espaces ouverts pour la chasse. L'aigle royal peut voir un lapin à plus d’un kilomètre, car sa vue est 8 fois plus développée que celle de l’humain. Reconnaissable à ses longues ailes qui se terminent comme des doigts, son envergure peut atteindre 2,30 mètres. Il se reproduit à un rythme lent : le mâle atteint sa majorité sexuelle à l’âge de 4-5 ans, et la femelle ne pond qu'un à deux œufs. Tous les rapaces sont intégralement protégés en France, et leur destruction par tir ou empoisonnement est interdite par la loi.

 

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.