La mobilisation se poursuit autour du chantier polémique de Saint-Pierre-de-Colombier en Ardèche

Une semaine après les tensions sur le chantier de Saint-Pierre-de-Colombier en Ardèche, la mobilisation continue. Les militants écologistes entendent bloquer les engins de chantier. La préfète de l'Ardèche rappelle que le chantier est légal et que le permis de construire est valable.

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Dès potron-minet, ce lundi 23 octobre, les opposants au chantier en cours sur la commune de Saint-Pierre-de-Colombier se sont réunis devant le grillage de protection. Ils étaient une trentaine en coupe-vent et bonnet à boire un café pour se réchauffer.

Une opposition toujours présente

L'ambiance se voulait bon enfant, loin des scènes de violence de lundi 16 octobre dernier. La vidéo de France 3 d’une religieuse plaquant au sol un militant écologiste a été vue 5 millions de fois sur les réseaux sociaux. L'image peut faire sourire, mais pour les opposants au chantier le sujet est des plus sérieux.

L'épisode cévenol de ce lundi 23 octobre a maintenu à l'arrêt les engins de chantier. Mais les associations de défense gardent en ligne de mire les futurs bâtiments, capables d’accueillir des centaines de pèlerins.

Une opposante au projet explique sa présence ce lundi matin. "J’essaye de soutenir tous ces gens qui se démènent pour exprimer leur mécontentement face à ce projet, dit-elle. Moi qui suis catholique pratiquante, je ne comprends pas. Nous sommes entourés d’églises vides, c’est même lamentable d’avoir cette idée de construire quelque chose au milieu de nulle part. Je trouve ça très, très dommage qu'au nom de la religion, il se passe des choses comme ça", déplore-t-elle. "Je ne suis pas anticléricale, pour moi, le Christ était là pour rassembler et pas pour diviser, or actuellement la seule chose que fait ce chantier, c’est diviser", conclut-elle.

Une polémique qui dure depuis 2018

Un complexe religieux d'envergure est en construction dans la vallée de la Bourges. Dès le début du projet, en 2018, ce chantier a provoqué des remous. Le permis de construire a été validé par la mairie de Saint-Pierre-de-Colombier. Mais depuis, la population se divise. Une partie des habitants est en effet favorable à l'édification d'un nouveau lieu de culte, d'autres s'y sont toujours opposés. Les opposants redoutent à la fois une détérioration du site en bordure de rivière et les nuisances occasionnées par l'arrivée massive de pèlerins.

En juin 2020, une ZAD avait commencé à s'installer et suite à la forte mobilisation contre le projet, l'Etat avait fait stopper le chantier en octobre 2020. Cependant après l'obtention d'études supplémentaires, la préfecture de l'Ardèche avait donné son feu vert fin 2022.

Jeudi 12 octobre 2023, la mobilisation a repris avec deux femmes qui s'étaient enchainées à l'aide d'un "arm-lock" à une pelleteuse.

Les opposantes mettaient en avant la protection d'une plante rare, le reseda de Jacquin, découverte sur le site en mai dernier. C'est cette plante qui a motivé le dépôt d'une plainte de l'association mercredi 11 octobre au soir pour destruction d'espèce protégée. Dès le lendemain des religieuses se mobilisaient pour la reprise du chantier.

Ramener le dialogue entre les deux parties

Après avoir reçu, les opposants au projet et les membres de la congrégation religieuse, la préfète de l’Ardèche refuse de "prendre parti pour l'un ou l'autre".

"Je suis du côté du droit et de l’ordre public, souligne la représentante de l'État. J’ai rencontré les parties prenantes jeudi (19 octobre). En matière de droit, le permis de construire est pérenne et purgé de tout recours, rappelle-t-elle. Il y a actuellement deux appels qui ne sont pas suspensifs, donc le permis de construire est valable."

Selon elle, d'autres points méritent une attention particulière dans ce dossier. "J’ai rencontré également les entreprises qui travaillent sur ce chantier. Elles ont des salariés et sont positionnées sur ce chantier depuis longtemps. Ce sont également des éléments à prendre en considération", souligne Sophie Elizeon.Il semble essentiel à la préfète de renouer le dialogue sur ce dossier entre les deux parties. La préfète rappelle qu'il appartient aux promoteurs de mettre en protection son terrain privé. Le chantier du futur complexe religieux devrait reprendre mercredi 25 octobre 2023. Les opposants ont d'ores et déjà prévenu d'être là.