Cabanes dans les arbres, yourtes ... en Auvergne, les hébergements insolites à l'heure du déconfinement

Depuis le 11 mai, jour du déconfinement, les hébergements insolites accueillent de nouveau des clients. Un soulagement pour les gérants situés en Auvergne. Pour respecter les mesures sanitaires, ils ont dû s’adapter et parfois fermer une partie de leurs hébergements.

En pleine épidémie de coronavirus, les gérants des hébergements insolites s'adaptent pour accueillir les clients.
En pleine épidémie de coronavirus, les gérants des hébergements insolites s'adaptent pour accueillir les clients. © Cédrick Leroy-Merlet

Cabanes perchées dans les arbres, yourte traditionnelle, yourte en bois … les logements insolites en Auvergne séduisent de plus en plus. Fermés le temps du confinement, leurs portes sont de nouveau ouvertes. Mais pour ce faire, les gérants ont mis en place les mesures sanitaires nécessaires pour limiter la propagation de l’épidémie de COVID 19.

Temps de ménage doublé

Céline Soulard est la gérante et la propriétaire de quatre cabanes cachées au milieu des arbres, au bord d’une rivière, à Voussac près de Montmarault dans l’Allier. "J’ai anticipé et je me suis organisée. Du coup, j’ai rouvert le 11 mai, jour du déconfinement. Quelle joie de retrouver les clients" explique-t-elle.  Sur le domaine, les logements sont éloignés les uns les autres. Les barrières de distanciation sociale sont facilement respectées. Elle constate que les personnes sont vigilantes et font attention quant elles se croisent. Là où la gérante a dû s’organiser, c’est pour le ménage. "Je passe beaucoup plus de temps à nettoyer. Il faut compter 1h30 par logement. C’est le double d’ordinaire. Il faut d’abord faire le ménage et ensuite passer les produits désinfectants. Il ne faut rien oublier. Il faut à chaque fois penser aux poignées, aux interrupteurs, aux télécommandes…" explique-t-elle. Puis elle ajoute : "C’est contraignant certes mais cela se fait sans problème. Il faut savoir s’adapter en cette période. Si les clients appellent pour arriver plus tôt. Je suis obligée de refuser mais ils comprennent tout à fait".

Installée sur le plateau du lac du Guéry, au Mont-Dore dans le Puy-de-Dôme, la yourte de Cédrick Leroy-Merlet peut accueillir cinq personnes. Lui aussi a repris son activité le jour du déconfinement. Son carnet de réservation se remplit pour l’été à venir. "D’ordinaire pour nettoyer la yourte, nous mettons 1h30. Actuellement, il faut bien compter 1 heure de plus. Table, chaises, lit … nous désinfectons à fond entre chaque client. Nous nettoyons toutes les surfaces que les gens sont susceptibles d’avoir touché avec des produits ménagers spécifiques qui tuent les bactéries et les virus" souligne-t-il. Par mesure d’hygiène, il a supprimé les bibelots et a enlevé la documentation touristique feuilletée par les loueurs. Il a également pris des dispositions concernant le linge : "Pour les draps nous demandons aux clients de les mettre eux-mêmes dans un sac. Nous le laissons reposer 24 heures sans le toucher. Ensuite nous pulvérisons le linge et le sac. Nous lavons les draps à 70 degrés".

Organisation des parties communes

Dans le département de la Haute-Loire, les cabanes et yourtes de la vallée de l'Ance à Sauvessanges ont également repris du service. "Nous disposons de 4 cabanes perchées, 1 yourte traditionnelle et 1 yourte en bois. Nous ne pouvons pas ouvrir les 6 logements en même temps" se désole Florence Courcelle, la gérante. "Les logements non ni eau, ni électricité. Les clients disposent normalement des salles de bains attenantes à la salle commune. Comme nous n’avons que 4 salles de bains, nous avons pris la décision de louer seulement 4 hébergements à la fois. Le roulement se fait en fonction des choix d'hébergement des clients. Comme cela, chacun à sa salle de bains privative avec son nom écrit sur la porte" précise-t-elle. Elle a également repensé l’organisation de la salle commune : "Chaque logement dispose de sa table et de ses chaises. Comme cela je ne nettoie qu’une fois. Des gels hydroalcooliques sont également à disposition".

Les activités extérieures sont elles aussi soumises à quelques aménagements. Florence Courcelle dresse la liste des changements : "La table de ping-pong est toujours accessible, nous la nettoyons ainsi que les raquettes et les balles après chaque utilisation. Les jeux pour enfants sont également désinfectés, s’il y a plusieurs familles dans ce cas, nous ne les laissons pas les utiliser. Nous demandons aux gens d’apporter leur ballon de basket et leurs boules de pétanque pour jouer sur les terrains aménagés. Et pour les jeux de société, nous les mettons en quarantaine 48 heures après chaque utilisation. Quant à la piscine, elle n’est pas encore ouverte".

Perte financière pour certains

Si certains parviennent à ouvrir l’intégralité de leur domaine, ce n’est pas le cas de tous. Florence Courcelle ne peut proposer que 4 de ses 6 logements. Résultat, elle doit refuser des clients et annuler des séjours déjà programmés. "Je suis obligée de rappeler les clients. J’annule les derniers qui ont réservé. C’est dur mais je n’ai pas le choix" s’attriste-t-elle. Pour l’instant, elle n’a pas encore chiffré la perte financière. Elle conclut en disant : "On est content de rouvrir. Pour les deux heures de ménage supplémentaires par jour et le manque à gagner, on fait avec".

Brigitte Souret propose un hébergement insolite en yourte, à la Croix Saint Louis, à Treignat dans l’Allier. Pour le moment, elle a fait le choix de ne pas rouvrir et a suspendu les réservations faites sur les mois de juillet et août : "La yourte est composée d’énormément de tissu, du coton à l’intérieur et de toile acrylique à l’extérieur. Les gens sont susceptibles de toucher ces parties-là. Nous ne sommes pas en mesure de les nettoyer comme il se doit. Par précaution, nous préférons encore rester fermer".

"Par mesure de précaution, nous préférons encore rester fermer" explique la gérante de la yourte.
"Par mesure de précaution, nous préférons encore rester fermer" explique la gérante de la yourte. © Brigitte Souret

La gérante de la yourte ajoute : "Nous pouvons rouvrir à tout moment. Nous souhaitons simplement avoir l’assurance que la situation sanitaire le permette. Si des annonces sont faites dans ce sens, nous recevrons de nouveau les clients en prenant toutes les mesures nécessaires". En attendant, sa yourte reste vide soit un manque à gagner de 60 euros par nuit.

 

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