Connaissez-vous le Saint-Esprit, ce bijou emblématique du Cantal ?

De nombreux artisans ouvrent leurs portes pendant les journées européennes des métiers d'arts. Ils n'hésitent pas à transmettre leur savoir-faire, comme à Murat, où une bijoutière redonne vie à un bijou emblématique du nord du Cantal.

Dans une bijouterie de Murat, une mère et sa fille s’offre un moment de partage et d’apprentissage autour du Saint-Esprit, bijou emblématique du Nord-Cantal : "Moi j’ai préparé des petites plaques où j’ai gravé un profil de Saint-Esprit", leur explique Amandine, bijoutière.

Pour cet atelier consacré au bijou traditionnel du Haut-Cantal, c’est elle qui guide ces apprenties. Pendant les journées européennes des métiers d’arts (JEMA), Amandine passe de créatrice à cheffe d’orchestre : "Elles sont en train de faire une silhouette de Saint-Esprit. Ça leur permet de se rendre compte du temps qu’il faut pour démarrer un bijou et des difficultés auxquelles on est confronté pendant qu’on le fabrique." Et de comprendre le coût des créations.

Valoriser les artisans

Dès les premières minutes dans la peau d’un artisan, le duo a pris conscience de la maîtrise nécessaire : "J’ai eu un peu de mal avec un outil, ce qui m’a fait casser beaucoup de lames ! Je ne suis pas une pro mais c’est agréable à faire. On arrive à quelque chose, on est content de notre résultat !" se félicite Sylvie, participante aux Journées européennes des métiers d'arts. Sa fille Chloé renchérit : "Ça donne de l’importance au travail des artisans, à leurs boutiques et aux bijoux. C’est une belle manière de voir les choses."

Redécouvrir un patrimoine

L’occasion de découvrir une profession, susciter des vocations et de redécouvrir un patrimoine culturel, autrefois offert lors des fiançailles. Amandine indique : "Cela doit faire une quinzaine d’années que je fais les JEMA, on a accueilli tous les collégiens du canton. Sur 500 élèves, il n’y en a pas 10 qui savaient ce qu’était le Saint-Esprit. Au-delà du côté religieux, c’est notre patrimoine, donc je trouvais ça dramatique. C’est ce qui m’a donné envie de le démocratiser, de le styliser, de le fabriquer en argent, pour qu’il soit porté et qu’on en parle."

Le bijou devient alors symbole d’histoire, de tradition, tout comme de nombreux savoir-faire d’antan mis en lumière à Murat. Peu importe le matériau, ces objets constituent l’héritage de notre passé. 

-Propos recueillis par Chloé Peltin pour France 3 Auvergne