Pourquoi des éleveurs du Cantal sèment des prairies multi-espèces pour nourrir leurs bêtes

Publié le Mis à jour le
Écrit par D.Cros

Dans le Cantal, la sécheresse est déjà présente en ce mois d’avril. Elle n’a pas attendu l’été. Pour s’adapter au changement climatique et parvenir à nourrir leurs bêtes, des éleveurs sèment des prairies multi-espèces.

Dans le secteur de Sourniac, dans le Cantal, il n’a pas plu depuis fin janvier. Les ruisseaux sont au plus bas. Les terrains sont très secs. Cette sécheresse printanière inquiète les éleveurs. Les prairies de Cédric Viallemonteil, éleveur de vaches allaitantes, souffrent de ce manque d’eau. "Les fortes gelées et le vent ont desséché les sols en surface. Cela a stoppé net la pousse de l’herbe. A cela s’ajoute le manque d’eau. Résultat, l’herbe ne pousse pas" explique-t-il. Puis il ajoute : "Par rapport à l’an dernier, nous avons sorti les bêtes avec quinze jours de retard. Nous les avons gardées au maximum en bâtiment le temps que l’herbe pousse. En vain…. Nous avons été obligé de les sortir car nous n’avions plus de quoi les nourrir".

S’il ne pleut pas rapidement, ses vaches auront bientôt brouté toute l'herbe disponible. Cette sécheresse survenue dès le printemps menace également la constitution des stocks de l'hiver. "Tout n’est pas perdu s’il pleut rapidement. Mais la sécheresse de printemps est inquiétante. C’est le pire pour nous. En raison du manque d’eau l’été, il faut que nous fassions nos stocks annuels sur mai et juin. Mais là, j’ai l’impression que c’est mal parti. Si la pluie ne tombe pas bientôt, nous allons perdre 50% de rendement".

Un véritable cauchemar pour les éleveurs comme l'ont constaté les journalistes de France 3 Auvergne : 

Les pairies multi-espèces comme solution

Pour s'adapter au changement climatique, l’éleveur participe à une expérimentation. Il sème du méteil, un mélange de céréales et de légumineuses, sur des prairies déjà enherbées. Il souligne : "Le fait de sursemer permet d’augmenter le rendement. Nous semons de la vesce, du pois, du triticale. En scarifiant les praires ensuite nous aérons le sol. Cela redynamise la prairie. La flore est plus variée. Nous constatons par exemple le retour du trèfle.

Marc Peilleron, responsable innovation et développement à la Chambre d'Agriculture du Cantal précise également : "Les racines descendent à 20 centimètres de profondeur alors que celles du triticale, par exemple, vont jusqu’à 60 centimètres. Cela permet de capter plus d’eau et plus d’éléments nutritifs. Donc d’avoir plus de rendement".

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Dans le Cantal, la sécheresse est déjà présente en ce mois d’avril. Elle n’a pas attendue l’été. Pour s’adapter au changement climatique et parvenir à nourrir leurs bêtes, des éleveurs sèment des praires multi-espèces. Intervenants : Cédric Viallemonteil éleveur et Marc Peilleron responsable innovation et développement à la Chambre d'Agriculture du Cantal.

Une solution qui attire de plus en plus d'éleveurs. "En 2017, cette expérience était menée sur 2 hectares chez un seul éleveur. A ce jour, 1400 hectares sont suivis par la Chambre d’Agriculture. Les agriculteurs ont vu en cette technique une façon de s’adapter au changement climatique pour donner à manger aux bêtes toute l'année" conclut-il.

L’an dernier, ce méteil, enrubanné ou ensilé, a permis à Cédric Viallemonteil de nourrir ses vaches tout l’hiver sans acheter de fourrage.

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