VIDEO. Chambéry : l'homme jugé pour avoir harcelé sa compagne jusqu'au suicide relaxé, la mère de la victime "en colère"

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Écrit par AH
Le procès s'est déroulé devant le tribunal correctionnel de Chambéry
Le procès s'est déroulé devant le tribunal correctionnel de Chambéry © France 3 Alpes

En février 2016, une jeune femme de 24 ans s’était défenestrée sous les yeux de son compagnon qui a reconnu l’avoir harcelée. Jugé pour harcèlement moral devant le tribunal correctionnel de Chambéry, le trentenaire a finalement été relaxé ce vendredi 26 juin.
 

Le procès avait été qualifié d'"historique" par Yael Mellul, ex-avocate spécialisée dans les violences conjugales et présidente de l'association "Femme et libre" qui s'était constituée partie civile dans cette affaire. Et c'est finalement une grande déception.

L'homme jugé à Chambéry, depuis le 5 juin dernier, pour des faits de harcèlement ayant conduit sa petite amie au suicide, a été relaxé ce vendredi. Mélissa Perrot, 23 ans, s'était défenestrée depuis l'appartement de son compagnon, sous ses yeux, en février 2016.

Pour la mère de Mélissa, ce jugement est un véritable choc : "Je ne comprends pas. Je suis en colère, il y a des aveux. Le dossier est complet. Qu'est-ce qu'il faut de plus ?"

Le tribunal correctionnel a estimé qu'il n'y avait pas de lien de causalité établi de manière certaine entre la dégradation mentale de Mélissa Perrot et l'emprise psychologique de son compagnon à l'époque des faits. Mais Corinne Perrot réfute, "le harcèlement, elle l'a subi pendant 5 mois. Elle a changé. On l'a tous vu changer, tous ses amis l'ont vu changer".

Ci-dessous l'interview de Corinne Perrot à la sortie du tribunal
durée de la vidéo: 00 min 57
Procès Chambéry : réaction de la mère de Mélissa

Le harcèlement comme le suicide forcé ne sont pas reconnus en France. Mais le Grenelle contre les violences faites aux femmes qui s'est tenu à l'automne dernier pourrait changer les choses. Une proposition de loi, bientôt examinée au Sénat, pourrait entrer dans le code pénal dès le mois de juillet. Elle permettrait de reconnaître le "suicide forcé". Une nouvelle infraction qui serait punie de dix ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende. Le combat mené par l'avocate pénaliste, spécialiste des violences conjugales,Yael Mellul, depuis plus de dix ans.

"C'est un projet de loi historique qui n'existe dans aucun autre pays, une avancée fondamentale dans la lutte contre les violences faites aux femmes", estime-t-elle.

Trop tard pour l'affaire Mélissa. L'infraction n'existant pas encore, la qualification retenue a donc été le harcèlement moral.

 

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