Crimes de Voreppe : Le suspect mis en examen pour tentative de viol et assassinat de Sarah Siad

A Voreppe, le quartier où vivait Philippe P. se trouve à proximité des lieux où les corps des fillettes avaient été retrouvés. / © France 3 Alpes
A Voreppe, le quartier où vivait Philippe P. se trouve à proximité des lieux où les corps des fillettes avaient été retrouvés. / © France 3 Alpes

Confondu par son ADN, Georges P. a été mis en examen ce jeudi 25 juillet en début d'après-midi pour tentative de viol et assassinat de Sarah Siad, une fillette retrouvée morte en 1991 à Voreppe. Concernant l'autre meurtre qui lui est attribué, l'homme sera entendu dans la journée.

Par France 3 Alpes

Le suspect âgé de 37 ans, qui a continué à vivre à Voreppe après la découverte du corps, ne nie pas les faits mais conteste la préméditation. Evoquant un "coup de folie", Georges P. "se montre effondré et commence à comprendre la réalité de ce qu'on lui reproche", a déclaré son avocat, Me Emmanuel Decombard. Selon le procureur de la République qui a tenu une conférence de presse, le suspect aurait eu des versions contradictoires avant d'avouer avoir croisé l'enfant par hasard, puis il témoigne "du diable en lui et d'un trou noir". Il dit enfin se souvenir de s'être "masturbé sur le chemisier de Sarah".

Il avait 15 ans au moment des faits. C'est aujourd'hui un adulte handicapé, atteint de la maladie de Steinert, qui provoque une dégénerescence musculaire parfois associée à un retard mental plus ou moins important. "On a demandé une expertise psychiatrique de toute urgence", a ajouté Me Decombard, estimant "possible" que la défense plaide l'irresponsabilité.

Sa victime supposée, Sarah Siad, 6 ans, avait disparu le 16 avril 1991 alors qu'elle jouait près de son domicile. Elle avait été étranglée et retrouvée dans un bois.

Le meurtre de Saïda


Georges P. doit encore être entendu par une juge sur une deuxième affaire, le meurtre de Saïda Berch, 10 ans, qui avait disparu en 1996 entre son domicile et un gymnase à Voreppe. Son corps avait été retrouvé au bord d'un canal. Selon le procureur, le suspect se souvient qu'il faisait du vélo. Il aurait prêté la bicyclette à la fillette puis, comme "ça l'énervait", il l'aurait frappée à la tête et étranglée, affirmant qu'il "ne voulait pas la tuer". Après le drame, il avait d'ailleurs été entendu comme simple témoin.

Pourquoi les deux affaires ne sont-elles pas traitées ensemble?


Si les deux affaires sont traitées de manière distincte c'est que le suspect n'avait pas le même âge au moment des faits. En 1991, Georges P. était mineur. L'affaire sera donc jugée par un tribunal pour enfants et le verdict n'ira pas au-delà de 20 ans de prison. En revanche, il était majeur en 1996 au moment du décès de Saïda, il risque donc la Cour d'Assises. 

La cellule "Mineurs 38"


Les deux affaires avaient été ajoutées au dossier des disparus de l'Isère, même si le déroulement des faits ressemblait assez peu aux autres cas. L'enquête sur les décès de Sarah et Saïda a ainsi bénéficié de moyens plus importants. Depuis 2008, avec la création de la cellule "Mineurs 38", une douzaine d'enquêteurs de la gendarmerie ont ainsi travaillé sur neufs meurtres d'enfants en Isère. Les dossiers de près de 3000 délinquants sexuels ont été examinés entre 2008 et 2010.

Les deux dernières expertises commandées en mars dernier à un laboratoire privé de Bordeaux, et qui auront coûté près de 160.000 euros, sont celles qui ont permis d'identifier Georges P. Le sweat porté par Saïda Berch n'avait jamais été analysé car retrouvé au fond d'un canal et l'ADN était jusqu'à présent difficilement détectable après un séjour prolongé dans l'eau. C'est notamment sur ce vêtement que des traces de l'agresseur ont été retrouvées. 

Pour le procureur, ces deux affaires n'ont rien à voir avec les autres disparitions d'enfants dans le secteur. Georges P. n'était pas du genre à se déplacer et il a tué des enfants de son entourage. "Il est inutile et vain de faire naître de faux espoirs (pour les familles dites des disparus de l'Isère), c'est illusoire", explique Jean-Yves Coquillat. 

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