Déconfinement : les guides de montagne autorisés à reprendre partiellement leur activité

Après deux mois d'interruption en raison de la crise sanitaire, le Ministère des sports autorise les guides et accompagnateurs de montagne à reprendre leur activité dès le 13 mai. Une reprise qui se veut "progressive" et "raisonnée".

Arrivée sous la pointe de Cerdosse - Beaufortain
Arrivée sous la pointe de Cerdosse - Beaufortain © P. Arpin - SNGM
C'est une nouvelle dont se félicitent les professionnels de la montagne. Depuis ce mercredi 13 mai, les 1800 guides et les 3000 accompagnateurs de montagne sont autorisés à reprendre partiellement leur activité. "C’est un soulagement pour notre profession qui a été durement impactée économiquement ce printemps", estime Christian Jacquier, Président du SNGM, le Syndicat National des Guides de Montagne.

Cette autorisation concerne toutes les activités de plein air : randonnée, escalade, alpinisme, via ferrata, canyoning... Seule la pratique de la spéléologie reste interdite car elle se déroule dans des lieux confinés. 

Dans un communiqué, le SNGM souligne que "l'objectif premier est bien la reprise d’une activité professionnelle raisonnée pour les guides de haute montagne en respectant les normes sanitaires, la distanciation physique et les gestes « barrière » tout en impactant le moins possible l’environnement, accompagnée d’une gestion responsable des déchets contaminés (type masques, lingettes etc.)"
 


Reprise limitée


"Tout doit se remettre en route lentement", estime Eric Charamel, président de la compagnie des guides et accompagnateurs de la Vanoise. "Nous devons nous réadapter à l’effort en altitude. C’est la même chose pour les services de secours du PGHM et des CRS, qui sont quasiment à l’arrêt depuis 8 semaines. On ne va pas s’engager dans des voies très difficiles ni à des très hautes altitudes."
 
"Nous devons respecter certaines limites", précise Eric Charamel. "Nous ne pouvons pas emmener plus de 10 personnes, et devons respecter une longueur de corde de 40 mètres maximum en escalade." Autre contrainte, les refuges étant fermés et le bivouac restant interdit, les professionnels doivent, dans un premier temps, se contenter de sorties à la journée. 

La réouverture progressive des refuges est à l’étude. "Nous travaillons avec les services de l’Etat, la FFCAM, les Parcs nationaux et le syndicat des gardiens de refuges sur les pratiques à mettre en œuvre pour répondre aux nouvelles doctrines sanitaires. Peut-être que tous les refuges n’ouvriront pas, peut-être pas à 100% de remplissage… Nous y verrons plus clair entre la mi-juin et la fin juin".

En attendant, les professionnels scrutent les dates de réouverture des remontées mécaniques. Le téléphérique de l'aiguille du midi, dont la réouverture est prévue le 15 mai, leur permettra ainsi de proposer des courses à la journée. L'ouverture des remontées mécaniques du glacier de l'Iseran à Val d'Isère et de la grande Motte à Tignes sont également attendues au mois de juin. 
   

Gestion du Covid

 

Parmi les précautions qui accompagnent la reprise d’activité, les professionnels se préparent aussi à la gestion du Covid. Pour le président de la compagnie des guides de la Vanoise,  "le plus important, c’est la traçabilité. Si un problème Covid arrive dans un groupe, nous devrons prendre des mesures pour isoler et faire l’historique des personnes qui ont été en contact. Mais on a l’habitude de la gestion du risque dans notre métier".

Depuis deux semaines, les guides ont accès à des formations spécifiques dispensées via vidéo-conférence. "Nous faisons actuellement des formations sur Zoom avec des médecins réanimateurs guides de haute montagne. On y voit comment gérer un cas de Covid en montagne, reconnaître les symptômes, comment évacuer, quel type de message d’alerte donner, etc…"


"L'attrait de la montagne est toujours là"


Malgré toutes ces précautions, les guides s'attendent à une diminution importante de leur activité. Confrontés à des annulations en cascade, notamment de la part de tour operators asiatiques, les professionnels des Alpes risquent aussi d'être privés de la clientèle lyonnaise en raison de l'interdiction des déplacements de plus de 100 kilomètres.
 
Convaincu que la montagne va devenir "une destination refuge cet été", Eric Chamarel préfère rester optimiste : "l'attrait de la montagne est toujours là. Les clients nous appellent en disant qu'ils ont vu que c'était rouvert, et qu'ils viendront dès qu'ils le peuvent. Il y a l'envie de redécouvrir la montagne". 

 
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