Confinement : ces maires de Drôme et d'Ardèche qui autorisent la réouverture des commerces

Plusieurs maires en Drôme et en Ardèche ont pris un arrêté municipal autorisant tous les commerces à ouvrir. Ils souhaitent assouplir les règles du confinement décrètées par le Gouvernement pour assurer une "égalité de traitement entre commerces indépendants et grandes surfaces." 

Le centre-ville de Valence a une très faible vacance commerciale, mais le tissu économique pourrait ne pas resister à un deuxième confinement.
Le centre-ville de Valence a une très faible vacance commerciale, mais le tissu économique pourrait ne pas resister à un deuxième confinement. © H. Chapelon
"Mon état d'esprit c'est celui d'un maire qui n'en peut plus de voir une telle inéquité entre les citoyens", commence Nicolas Daragon, le maire Les Républicains de Valence. Ce dernier vient de prendre un arrêté pour autoriser l'ouverture de tous les commerces dans sa commune. 

Même choix à Romans-sur-Isère : "Puisqu'il faut arriver à l'illégalité pour se faire entendre", justifie le communiqué de presse envoyé aux rédactions, estimant que "le décret du 29 octobre 2020 engendre des pratiques commerciales déloyales qui ne pourraient être compensées par des mesures palliatives du type click end collect".
 

Quand on voit qu'on va flinguer nos commerçants, à quelques semaines de Noël, avec cette concurrence déloyale permanente avec la grande distribution, on se dit que ça ne peut plus durer! Soit on régule les achats en grande surface, soit on autorise les commerces à ouvrir.

Nicolas Daragon, maire LR de Valence

 

Incompréhension et fronde des maires 

À Privas, en Ardèche, plus d'une vingtaine d'élus ont répondu à un appel à manifester devant la mairie à 16 heures ce 31 octobre 2020. Une fronde des maires qui se diffuse dans plusieurs départements de France, où les élus se disent très sollicités par les entrepreneurs depuis deux jours. Le mot récurrent pour résumer leur situation : incompréhension.
Pierre Berthillot, gérant d'une boutique d'ameublement, décoration et électroménager, confirme : "On ne comprend pas, et nos clients non plus. On a surtout un sentiment d'injustice" poursuit-il. "Si on était tous dans le même cas, ça serait compréhensible, mais là on arrive sur la période délicate de Noël, les stocks sont pleins et on ne sait pas si on va y arriver." 

La boutique est ouverte ce samedi 31 octobre, et même si les clients n'étaient pas nombreux dans la matinée, c'est une façon de montrer que l'arrêté municipal est "une bonne chose"

Des arrêtés illégaux ? 

Ces arrêtés seront propablement qualifiés d'illégaux, Nicolas Daragon le sait. "Il y a de grandes chances d'un référé devant le tribunal administratif" reconnaît-il. "Mais si ça peut éveiller les consciences et permettre à certains commerçants de gagner quelques jours, c'est toujours ça", explique le maire de Valence, avant de dénoncer : "une impréparation édifiante". 
 
À Lyon, le maire, Grégory Doucet juge que "Ce sujet doit être traité très rapidement par les autorités. À ce stade on ne va pas prendre d'arrêté, mais les autorités ont été interpellées et j'attends une réponse avant d'aller plus loin”, a déclaré l'élu écologiste lors d'une conférence de presse le 30 octobre 2020. 

Les rayons librairie déjà fermés en grande distribution 

Le gouvernement avait annoncé vendredi 30 octobre que les rayons livres et culture des supermarchés seraient "momentanément fermés" par "souci d'équité entre grandes surfaces et librairies indépendantes".
Cette décision pourrait-elle s'élargir à d'autre rayons des supermarchés ?

En France, environ une vingtaine de maires ont pris le même type d'arrêtés, plusieurs ont déjà été qualifiés d'illégaux par les préfectures. C'est cependant aux tribunaux administratifs de trancher sur la légalité de ces démarches. 


 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société économie les républicains politique