La question du loup ne se pose plus, il faut développer des mesures de protection des troupeaux

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Écrit par Propos recueillis par E. Rosso
Entre autres mesures, Yann et Claire ont mis en place des clôtures électrifiées pour protéger leur troupeau dans les baronnies
Entre autres mesures, Yann et Claire ont mis en place des clôtures électrifiées pour protéger leur troupeau dans les baronnies © FTV

Claire et Yann sont bergers dans les Baronnies. Pour protéger leur troupeau du loup, ils ont dû sécuriser leur bergerie et la surveillance du troupeau.

Le projet de Claire et Yann, c'était le pastoralisme, un élevage en extérieur toute l'année, du bio, de la vente directe… et le loup présent dans les Baronnies, menace leur idéal… Il y a 5 ans, 15 brebis ont été égorgées… Un traumatisme pour le couple, installé depuis peu.

Une bergerie comme une forteresse

Pourtant, les jeunes éleveurs décident de se battre. Et de s'adapter... Des kilomètres de filet électrifié. Et puis des chiens… Un de plus par an… Patiemment… Jusqu'à en former sept… "Le loup fait partie de notre quotidien. Dans notre rôle d'éleveur, on se doit de prendre soin de nos troupeaux, de leur apporter la nourriture dont il a besoin au rythme des saisons tout en protégeant les pâturages. Aujourd'hui, en plus, il faut protéger le troupeau contre le loup. C'est très concret et ce n'est pas du tout un mythe" explique Claire.

Ils ont aujourd'hui 7 chiens qui veillent sur le troupeau. Yann avoue qu'il "n'était pas très chien au début". Il a dû se former. "Introduire un chien c'est compliqué, ça demande beaucoup de technicité. Ce sont des gros chiens. Il faut savoir en permanence s'ils ne créent pas des nuisances, s'ils sont bien au troupeau, s'ils ne sont pas en train de divaguer". Il faut aussi veiller à éliminer les conflits à l'intérieur de la meute. Autant de tâches qui viennent s'ajouter au quotidien des bergers.

En complément, un système de vidéosurveillance a été mis en place avec une piège photographique pour prouver la présence des loups et justifier de la pertinence des mesures mises en place. Un réseau de suivi du loup a été créé. Et si depuis l'arrivée des chiens, le loup n'attaque plus, il n'est jamais loin… Il rôde… Presque toutes les nuits… Les images le prouvent.

Les éleveurs ont aussi fait appel à un berger… 7 jours sur 7, 24h/24h, il surveille le troupeau, le suit avec sa cabane mobile. Pour l'instant, c'est l'Etat qui assume le coût de toutes ces mesures, mais demain ?

Une démarche collective

A la question de la présence du loup sur le territoire, Claire et Yann ne se posent plus la question. "Le loup est fortement présent. On doit faire avec. Le retour en arrière n'est pas d'actualité".
Pour Claire, la réponse n'est pas qu'entre les mains des éleveurs. Il faut que l'ensemble de la société soit partie prenante dans ses choix de consommation en se tournant vers des circuits courts, vers l'élevage de montagne ou de plein air et en acceptant la présence de chiens de protection.

Le loup a été réintroduit en France au nom de la biodiversité. Mais Claire et Yann en sont convaincus : préserver la montagne, c'est aussi préserver ses alpages, ses troupeaux et ses bergers…

durée de la vidéo: 03 min 13
Baronnies : se protéger des attaques de loup

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