Un long cortège a réuni, vendredi 19 avril, des personnes touchées par la mort de Zacharia. Le jeune est mort en tentant de s'interposer dans une altercation, à Romans-sur-Isère.

Plusieurs centaines de personnes ont participé vendredi à Romans-sur-Isère (Drôme) à une marche blanche en hommage à Zakaria, adolescent de 15 ans tué le 9 avril, en s'interposant dans une altercation.

Zacharia "s'est interposé sans violence"

"Zakaria, nos pensées t'accompagnent": la banderole est tenue par une trentaine de jeunes et des membres de la famille. Elle ouvre le cortège auquel se sont jointes 400 à 500 personnes, au cœur du quartier de la Monnaie, où les faits se sont déroulés. De nombreuses mères de famille, venues en soutien, masquent leurs larmes derrière des lunettes noires. Sur leur t-shirt blanc, une image du jeune Zakaria, un apprenti qui allait fêter ses 16 ans dans quelques semaines. À l’issue de la marche, plusieurs personnes, dont son patron et un éducateur de quartier, ont retracé le portrait de l'adolescent : "dynamique", "travailleur","drôle","bienveillant". "On fait une caricature sur la violence endémique de ces quartiers, alors que c'est faux. Et Zakaria l'incarne, il s'est interposé sans violence. C'est le contre-exemple de ce qui a pu être dit", explique Maître Guillaume Fort, l'avocat du père de Zakaria, qui s'est porté partie civile.

Expédition punitive en famille

L'enquête a débouché sur quatre mises en examen. Selon les premiers éléments de l'enquête, un père de famille de 59 ans, originaire d'un quartier résidentiel de Romans, aurait organisé une "expédition punitive" contre un mineur de La Monnaie, après "un différend violent et filmé" qui avait impliqué son plus jeune fils, également mineur. Le père se serait alors rendu à La Monnaie avec ce fils de 15 ans et son aîné de 26 ans. Ils auraient retrouvé le jeune du quartier impliqué selon eux dans le différend, ce qui a généré une "altercation avec des coups", selon le parquet. C'est alors que Zakaria, simple spectateur, a tenté de s'interposer. Le fils aîné lui aurait asséné un coup le blessant mortellement, pour lequel il est poursuivi pour "meurtre aggravé". Son frère cadet est lui poursuivi pour "violences volontaires avec préméditation"; le père pour "complicité". Un quatrième suspect, un gendre de 27 ans, est accusé d'avoir aidé la famille à fuir.

Le quartier de La Monnaie s'était déjà trouvé sous les feux de l'actualité à la suite du décès de Thomas, un lycéen de 16 ans mortellement blessé en novembre à la fin d'un bal, dans le village voisin de Crépol. Certains des mis en examen dans ce drame sont originaires de la cité de La Monnaie. 

Un précédent rassemblement en l'honneur de Zakaria s'est déjà tenu le dimanche 14 avril dernier.