Crise agricole : étiquetages trompeurs, erreurs sur la provenance des produits, 6 supermarchés sanctionnés dans la Drôme

Six supermarchés ont été sanctionnés pour des étiquetages trompeurs ou des erreurs dans l’affichage de la provenance des produits agricoles dans la Drôme. Des contrôles renforcés par les autorités, en réaction au mouvement de colère des agriculteurs.

Si ces contrôles "se font régulièrement", assure la préfecture de la Drôme, le mouvement de colère des agriculteurs a conduit les autorités à "accentu[er]" les opérations destinées à vérifier "l'origine française des produits dans les rayons des supermarchés".

Ces inspecteurs, issus de la direction départementale de la protection des populations (DDPP), ont pour mission d'éplucher les factures et de les comparer aux produits à la vente, afin de débusquer les manquements des enseignes.

Dans le département, six grandes surfaces ont ainsi été sanctionnées ces dernières semaines. Trois l'ont notamment été pour des "étiquetages trompeurs s’agissant de l’origine des fruits et légumes" et la "présentation à la vente de légumes conventionnels faisant croire qu'ils bénéficiaient de la qualité de produit de l'agriculture biologique".

Les contrôles n'étaient pas à la hauteur des enjeux.

Michel Joux

FNSEA Rhône Alpes

Contactée, la préfecture de la Drôme estime que ces "erreurs" sont souvent le fait de magasins dont les "équipes sont en sous-effectifs", des employés qui se tromperaient par manque de temps et de moyens. "Cela n'enlève rien à la responsabilité de l'enseigne qui doit mettre tout en œuvre pour se conformer à la réglementation", soulignent cependant les services de l'État.

Des étiquettes suspectes

"C’est une très bonne nouvelle", réagit Michel Joux, représentant en Rhône-Alpes de la FNSEA. "Cela fait longtemps que ça aurait dû être fait. On est dans une ère où tout est bon pour tromper le consommateur."

Pour ce syndicaliste agricole, les contrôles, jusqu'ici, "n'étaient pas à la hauteur des enjeux, faute de volonté ou de moyens de l'État". Il espère que cette vigilance des autorités pourra "remettre tout le monde dans le droit chemin".

"C’est déjà pas mal, mais on ne s’attend pas à ce qu'ils paient des gros sous, comparé aux bénéfices des grandes surfaces", tempère Corentin Curtil, exploitant agricole à Anneyron.

Mêlant l'arboriculture, la culture des céréales et le maraichage dans le Nord de Drôme, cet agriculteur raconte avoir "reçu pas mal de messages sur les réseaux sociaux" de la part de consommateurs lui "demandant comment savoir qu'un produit est réellement français" - signe, estime-t-il, du soupçon pesant sur l'étiquetage des produits agricoles.

Ce phénomène des faux produits "Made in France" a été au cœur des manifestations d'agriculteurs de ce début d'année, au point de mettre en lumière les mille et unes façons de faire passer des denrées étrangères pour une production française.

"Avec notre mouvement, on a mis un bon coup de pied dans la fourmilière et maintenant on attend de voir comment ça va évoluer", résume Corentin Curtil.

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