Leroy Merlin à Valence : mobilisation sociale inédite des salariés, un salarié a tenté de s'immoler

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Écrit par Nadjette Maouche
Le mouvement a débuté mercredi 17 novembre à Valence, où l'entrepôt est "totalement bloqué", selon Romain Coussin, délégué syndical central CGT.
Le mouvement a débuté mercredi 17 novembre à Valence, où l'entrepôt est "totalement bloqué", selon Romain Coussin, délégué syndical central CGT. © RICHARD VILLALON / MAXPPP

Des salariés de Leroy Merlin à Valence ont entamé un mouvement social, inédit pour cette grande enseigne de bricolage, à l'appel d'une intersyndicale, pour demander une hausse des salaires supérieure à celle proposée par la direction.

Les accès aux entrepôts nationaux de l'enseigne à Valence (Drôme) étaient filtrés ce vendredi 19 novembre ont affirmé les syndicats. Des salariés ont distribué des tracts aux clients devant le magasin. Le mouvement a débuté mercredi 17 novembre à Valence, où l'entrepôt est "totalement bloqué", selon Romain Coussin, délégué syndical central CGT.


De son côté, la direction recensait ce vendredi 19 novembre une dizaine de magasins concernés à travers la France, "mais sans gêne pour la clientèle", et deux centres logistiques - sur les quatre gérés exclusivement par l'enseigne - "en situation de blocage", mais sans impact sur l'activité, selon Sébastien Jenvrin, directeur des ressources humaines de l'enseigne.

Un tract de l'intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-FO dénonce une augmentation générale de 2% proposée par la direction inférieure à l'inflation au mois d'octobre (2,6%), et appelle à la réouverture des négociations.

Un salarié a tenté de s'immoler

Jeudi 18 novembre, un assistant magasinier au sein de l’entrepôt logistique de Leroy Merlin, à Valence. Cet homme a, de son aveu, "pété un câble". En grève depuis plus d’un jour, il a attrapé une bouteille d’alcool à brûler et s’en est versé sur le corps. Alors qu’il allait tenter de s’immoler par le feu, l’un des cadres de la mobilisation l’a arrêté dans son geste. "Il a totalement craqué", reconnaît l’un de ses collègues

Sollicitée par Le Dauphiné Libéré, la direction assure être attentive à la santé de ses salariés, " Il ne faut pas que ce genre d’acte arrive, ce n’est pas possible. Nous allons discuter avec les partenaires sociaux."

Les salariés réclament du dialogue social

"Pendant le confinement, le bricolage a bien marché, les revenus de nos directeurs
ont explosé et nous, on nous donne 2%", déplore Romain Coussin. "On a donné beaucoup à l'entreprise, on s'attendait à un coup de pouce aux négociations salariales", fait écho Jean-Marc Cicuto, délégué central CFTC, le syndicat majoritaire.
Selon lui, cette intersyndicale est "historique" dans l'entreprise, peu habituée aux mouvements sociaux. "Je n'ai jamais connu Leroy Merlin avec aussi peu de dialogue social", déplore-t-il.


"Nous sommes toujours en dialogue, très à l'écoute du climat social", a affirmé pour sa part M. Jenvrin.  Avec une augmentation proposée "supérieure à la projection annuelle de l'inflation, de 1,5%", "nous sommes très fiers de ce qui est proposé. Sur le marché du commerce, il n'y a pas beaucoup d'entreprises mieux-disantes", a-t-il ajouté, se prévalant d'une "attention particulière" aux plus bas salaires, qu'il a chiffrés à 1.685 euros brut.


Leroy Merlin appartient à la galaxie Mulliez, basée dans le nord de la France,
au côté notamment de Decathlon, Auchan, Boulanger ou Flunch.
Le 16 octobre dernier , une grève à l'appel de la CGT des salariés de Decathlon pour une hausse des salaires, présentée comme la première au sein de cette enseigne, avait faiblement mobilisé mais perturbé certains magasins.

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